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Un regard éditorial sur « Ces grands patrons s’agacent du mythe de l’irrésistibilité du RN » pour mieux comprendre l'article.
À retenir absolument
ADNAN FARZAT / NurPhoto via AFP
Jordan Bardella, ici lors d’un débat au World Impact Summit à Paris le 5 février 2026 (photo d’illustration).
Les grands patrons, prêts à tomber dans l’escarcelle du Rassemblement national ? Il y a d’abord eu, le 7 avril, le dîner révélé par Le Nouvels Obs, entre Marine Le Pen et un petit cercle dont Bernard Arnault, Patrick Pouyanné, les dirigeants d’Accor, Engie, Renault ou encore Cyrille Bolloré. Puis, l’audition à venir lundi 20 avril de Jordan Bardella au Medef. Autant de signes qui sont perçus comme des signaux d’un rapprochement inexorable avec ce milieu jusqu’alors très critique du programme de l’extrême droite.
Mercredi 15 avril, le sujet s’est invité lors de la présentation de la stratégie du Medef en vue de 2027. Interrogé par les journalistes, le patron de l’organisation patronale n’a pas caché son agacement : « Je veux crever cette baudruche selon laquelle le patronat aurait massivement pris parti pour le Rassemblement national : je vous le dis les yeux dans les yeux, c’est faux », a-t-il déclaré. Pour autant, « peut-on exclure le RN du spectre de nos contacts politiques ? Évidemment non, parce que c’est une formation qui pèse lourd au Parlement », a-t-il jugé, déplorant le « focus » sur l’invitation du chef du RN, là où celle des représentants d’autres partis n’a pas suscité « autant de commentaires. »
Le déjeuner du 20 avril n’est pas le premier contact entre Jordan Bardella et le patronat. En 2025, Patrick Martin avait pour la première fois invité le président du parti d’extrême droite à la Rencontre des Entrepreneurs de France, le raout annuel de l’organisation patronale, pour un débat avec d’autres responsables politiques. Une position à rebours de l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot qui, en 2011, décrivait l’ancien Front national comme « une menace pour le pays ». L’actuel président du Medef prône lui le « pragmatisme » vis-à-vis du parti fondé par Jean-Marie Le Pen.
RN ravi, patrons dubitatifs
Le Rassemblement national se frotte les mains. « Nous sommes un parti politique qui est le premier groupe de députés à l’Assemblée nationale, qui est donné aujourd’hui en capacité de remporter la prochaine élection présidentielle. Il est naturel, évident que nous dialoguions avec les milieux économiques », a fait valoir sur France 2 mercredi soir le patron du RN, tressant des lauriers aux « grands groupes qui créent des milliers d’emplois, qui font la fierté du génie français en Europe, mais aussi partout dans le monde », et citant Dassault, LVMH ou encore Airbus.
Selon BFMTV, l’eurodéputé s’apprête à solliciter des entretiens après de chefs d’entreprise afin de recueillir leurs doléances sur « les normes et les impôts qui pèsent sur la production de richesse ». Pour le potentiel remplaçant de Marine Le Pen en 2027, il est important de soigner son image libéral et pro-entreprise, là où la triple candidate à la présidentielle était perçue comme trop « anti-système ». Une ligne que revendiquent toujours certains proches de la députée du Pas-de-Calais, comme Jean-Philippe Tanguy, mais que Jordan Bardella réfute : « Non, je ne dis pas que nous sommes en guerre totale contre le système », a-t-il nuancé sur France 2.
Mais certains patrons eux, sont dubitatifs. Sur le papier, le programme du Rassemblement national reste eurosceptique – il suffit de regarder le premier geste des nouveaux maires RN – et toujours dirigiste. Soit un possible obstacle à leurs intérêts, même si le milieu des affaires est soupçonné de s’accommoder plus facilement de l’hypothèse lepéniste plutôt que d’une victoire de la gauche radicale, jugée plus menaçante pour leurs activités. Reste que, selon L’Opinion, le dîner entre Marine Le Pen et les hauts dirigeants cités plus haut n’a fait que confirmer les divergences de fond. Les patrons en seraient carrément ressortis « atterrés » écrivent nos confrères. Patrick Martin glisse lui « ne pas tout comprendre à ce jour » au programme économique du RN, toujours en déficit de crédibilité sur le sujet.
Au micro de France Inter le 13 avril, le directeur général de la Maïf Pascal Demurger, vent debout contre ces rencontres qui contribuent à « légitimer » l’extrême droite, a estimé que l’accession du RN au pouvoir « serait une ruine pour la France ». Cette sortie ainsi que sa tribune parue dans Le Monde pour alerter sur « l’erreur tactique et l’illusion politique » d’un rapprochement avec l’extrême droite ont agacé Marine Le Pen. « Pascal Demurger est manifestement plus militant qu’assureur », a-t-elle répliqué sur X. Confirmant ainsi malgré elle le changement de ligne peu subtil opéré par le RN vis-à-vis du patronat.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Cette information sera réévaluée à mesure que de nouveaux éléments apparaissent.

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