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Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « L’Asie centrale, nouveau carrefour énergétique face au blocus du détroit d’Ormuz ».
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À mesure que l’incertitude grandit au Moyen-Orient, l’Asie centrale s’impose comme une solution de substitution. Pour l’Europe d’abord. Bloomberg décrit le soulagement des raffineurs, lancés dans “une ruée mondiale désespérée sur les réserves de brut” depuis que la guerre américano-israélienne contre l’Iran “a étranglé les exportations depuis le golfe Arabo-persique”.
Le Kazakhstan, premier producteur de la région semble tirer son épingle du jeu. Selon l’agence américaine, les flux de pétrole CPC Blend – un brut léger et pauvre en soufre, en partie produit en Russie mais surtout au Kazakhstan grâce au gisement géant de Tengiz – transitant par le pipeline KTK de la mer Caspienne jusqu’à la mer Noire devraient augmenter le mois prochain pour atteindre quelque 1,7 million de barils par jour. La mer Noire est le principal débouché maritime d’Astana. Dans le même temps, le prix du pétrole provenant du Kazakhstan a considérablement augmenté depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
Quelques mois auparavant, les exportations plongeaient sous le million de barils par jour, plombées par des frappes de drones contre le port russe de Novorossiïsk, et des interruptions sur le gisement de Tengiz, perturbé en janvier par un incendie.
“Cette situation ne nous rapporte rien”, observe l’expert du secteur pétrolier et gazier kazakh, Askar Ismailov, dans un entretien avec The Astana Times. Selon lui, le Kazakhstan bute à la fois sur ses plafonds de production et sur les goulets d’étranglement de la mer Noire. Autrement dit, l’alternative kazakhe attire, mais ne dispose ni d’une marge de production immense ni de routes d’exportation autonomes.
Des contraintes géographiques
The Times of Central Asia, média anglophone indépendant consacré à la région, évoque de son côté des “changements structurels sur les marchés de l’énergie” et voit dans le Kazakhstan un fournisseur alternatif pour le Japon et la Corée du Sud. Séoul et Tokyo cherchent du brut proche de celui produit au Moyen-Orient auquel ses raffineries sont adaptées. Or le pétrole kazakh présente des caractéristiques voisines. Mais “la géographie impose des limites nettes”, avertit le site : traversée de la Caspienne, passage par le Caucase ou la mer Noire ce qui implique un rallongement des délais et des coûts plus élevés. Une fois acheminée jusqu’en mer Noire, la cargaison doit encore transiter en Méditerranée, passer la mer Rouge ou même contourner l’Afrique. Soit 25 à 55 jours supplémentaires.
La Corée du Sud a néanmoins déjà commencé à intégrer le Kazakhstan dans ses calculs. Reuters rapporte que Séoul a sécurisé 273 millions de barils de brut jusqu’à la fin de l’année, dont 18 millions en provenance du Kazakhstan, via des routes contournant le détroit d’Ormuz. Le chef de cabinet présidentiel Kang Hoon-sik, cité par l’agence britannique, insiste sur une contribution “directe et tangible” à la stabilité énergétique provenant de divers partenaires, parmi lesquels le Kazakhstan. Mais là encore, il s’agit d’un complément, pas d’un basculement, car la Corée du Sud dépendait encore d’Ormuz pour 61 % de ses importations de brut l’an dernier.
Importance de la région
Sur le gaz, c’est le Turkménistan qui avance ses pions. The South China Morning Post a suivi la visite du vice-Premier ministre chinois Ding Xuexiang du 15 au 17 avril sur les sites gaziers turkmènes pour assister au lancement de la quatrième phase de production du grand gisement de Galkynysh. “Alors que le Moyen-Orient est toujours en proie à l’instabilité géopolitique et que le détroit d’Ormuz, goulot d’étranglement pour les livraisons de pétrole et de gaz, reste fermé, l’Asie centrale devient de plus en plus importante pour la sécurité énergétique de la Chine”, souligne l’économiste et l’expert de la zone Asie-Pacifique Rajiv Biswas.
Le quotidien hongkongais rappelle aussi que le Turkménistan fournit déjà environ 40 milliards de mètres cubes de gaz par an à la Chine et ambitionne de porter ce volume à 65 milliards.
L’antenne régionale Radio Free Europe/Radio Liberty, Azattyq Asia, donne la parole à John Roberts, spécialiste de la sécurité énergétique au sein du groupe de réflexion Atlantic Council. Selon l’expert, une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz “serait plus critique pour le gaz que pour le pétrole”. Le pétrole se redirige encore, tandis que l’approvisionnement en gaz exige une “continuité technique” bien plus rigide. Roberts pointe toutefois une piste avec le Turkménistan, capable de réorienter une partie de son gaz vers la mer Caspienne, puis le corridor gazier sud via l’Azerbaïdjan. “A priori, il devait être possible d’ajouter 5 milliards de mètres cubes assez rapidement”, avance le spécialiste de l’énergie dans le Caucase et en Asie centrale.
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : La rédaction continuera à observer cette actualité pour informer ses lecteurs.

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