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FABRICE COFFRINI / AFP
Lors d’un discours au Forum de Davos, Trump a ressorti son argument préféré pour tacler l’UE sur le Groenland : « Sans nous, vous parleriez tous allemand ».
• Il qualifie le Groenland de « beau glaçon » stratégique, entre les États-Unis, la Chine et la Russie, et demande des négociations immédiates.
• Le Danemark, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, exprime ses inquiétudes face aux déclarations de Trump, malgré l’assurance qu’il n’y aura pas recours à la force.
Il ne lâche pas l’affaire. Lors de son discours ce mercredi 21 janvier à Davos, Donald Trump ne s’est pas contenté de moquer Emmanuel Macron, il a une nouvelle fois plaidé en faveur d’une prise de contrôle du Groenland par les États-Unis. Exigeant que des « négociations immédiates » s’ouvrent pour acquérir ce territoire autonome danois, le président américain a ressorti son argument préféré pour légitimer ses velléités expansionnistes (et tacler les Européens au passage).
Face au parterre de dirigeants économiques et politiques réuni en Suisse, Donald Trump a insisté sur le rôle joué par la « puissance » américaine lors de la Seconde Guerre mondiale, y voyant une légitimité à ses ambitions groenlandaises. « Le Danemark a perdu contre l’Allemagne après à peine 6 heures de combats, il était complètement incapable de se défendre lui-même ou le Groenland, a déclaré le président américain, les États-Unis ont donc été obligés […] d’envoyer pour protéger le territoire groenlandais. »
« Nous l’avons protégé et cela nous a beaucoup coûté, a poursuivi le milliardaire américain, ils [les nazis et leurs alliés] n’avaient aucune chance de s’emparer du Groenland et pourtant ils ont essayé, le Danemark le sait. » Donald Trump a ensuite regretté que Washington ait « rendu » le territoire au Danemark « après la guerre ». « Ça c’était vraiment bête, mais on l’a fait », a-t-il lancé, accusant les Danois d’être « ingrats ».
« Nous avons gagné la guerre largement »
La mention à la Seconde Guerre mondiale s’adressait aux Européens de manière générale, que Donald Trump aime tacler à coups de références historiques plus ou moins maîtrisées. « Nous avons gagné la guerre largement sans nous, vous seriez tous en train de parler allemand et peut-être un peu japonais », a-t-il assuré, faisant référence à la coalition de l’Axe regroupant l’Allemagne nazie, l’Italie fasciste et le Japon impérial.
Ce n’est pas la première fois que le dirigeant américain d’extrême droite joue les historiens pour moquer les Européens. En mai dernier, il avait plus particulièrement raillé la France, estimant que Washington en avait « fait un peu plus [qu’elle] pour gagner la guerre » face à l’Axe. « Je ne veux pas être un type prétentieux, mais quand Hitler a fait son discours à la Tour Eiffel, je dirais que ce n’était pas exactement idéal », avait-il lancé lors d’une prise de parole que vous pouvez écouter ci-dessous. L’évènement en question n’a jamais eu lieu, comme l’avait rappelé LCI.
Ce mercredi à Davos, Donald Trump ne s’est pas contenté d’attaquer le Vieux Continent sur des événements vieux de plus de 75 ans. Dès le début de son discours, il a redit son amour de l’Europe avant de glisser une vacherie : « Je veux [qu’elle] aille bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction. » Le républicain a ensuite énuméré une liste de griefs envers ses alliés, leur reprochant pêle-mêle « l’immigration illégale massive », leur faiblesse militaire ou leur « mensonge vert » – vraisemblablement sur l’écologie.
« Il y a des endroits en Europe qui sont méconnaissables », a asséné Donald Trump, déclarant qu’il ne « reconnaî[t] plus » la France non plus. « Nous voulons une Europe forte », a-t-il réclamé, fustigeant le « potentiel gâché » de son vieil allié. L’administration Trump est coutumière des discours déclinistes de ce genre, comme en témoignent les propos de JD Vance à Munich en février dernier.
Il faut sauver l’« énorme et beau glaçon » de la Russie et de la Chine
Le président américain a ensuite répété son autre argument fétiche pour justifier ses vues sur le Groenland. Qualifiant le territoire autonome danois d’« énorme et beau glaçon », Donald Trump l’a décrit comme « vaste, peu développé, peu habité et sans défense », alors qu’« il est pris entre les États-Unis, la Chine et la Russie ». « Ce n’était pas aussi important quand on l’a rendu au Danemark à l’époque », a martelé le locataire de la Maison Blanche.
Il a aussi accusé l’Otan de n’avoir « rien » fourni aux États-Unis en échange de leur protection avant de marchander : « Tout ce que l’on demande en retour, c’est le Groenland ». « On veut un bout de banquise en échange de la paix mondiale », a résumé le président américain, que vous pouvez réécouter ci-dessous et qui a assuré que Washington ne recourrait pas à la « force » pour s’emparer du territoire. « Les gens pensaient que j’utiliserais la force, je n’ai pas besoin d’utiliser la force », a-t-il déclaré.
Assurant que les États-Unis sont les « seuls » à pouvoir « protéger » le Groenland, « le développer » et « l’améliorer », Donald Trump a demandé des « négociations immédiates » pour « discuter à nouveau » de son acquisition par Washington. « Ils ont le choix, a-t-il ajouté, ils peuvent dire “oui” et nous leur en serons très reconnaissants ou ils peuvent dire “non” et nous nous en souviendrons ».
Sans surprise, toutes ces déclarations n’ont pas rassuré le Danemark et son ministre des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen. « Ce qui ressort clairement de ce discours, c’est que l’ambition du président [Trump] reste intacte », a-t-il analysé devant les journalistes, dont ceux de l’AFP. « C’est bien sûr positif, pris isolément, qu’il soit dit que “nous n’allons pas recourir à la force militaire”, il faut bien sûr en tenir compte, a-t-il ajouté, mais cela ne fait pas disparaître le problème. »

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