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5 mars 2026Le seuil fixé par l’Accord de Paris pourrait être atteint « plus d’une décennie plus tôt »
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Le seuil fixé par l’Accord de Paris pourrait être atteint « plus d’une décennie plus tôt ». Photo d’illustration.
Une planète en surchauffe. Alors que les scientifiques ne cessent d’alerter sur la rapide progression du réchauffement climatique, l’observatoire européen Copernicus a publié un nouveau rapport alarmant ce mercredi 14 janvier. Selon ses relevés, l’année 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde, quasiment au même niveau que les précédents records de 2024 et 2023.
En outre, « c’est la première fois qu’une période de trois ans dépasse le seuil de 1,5 °C de réchauffement », constate l’observatoire européen. Il est donc désormais probable que le dépassement durable de ce seuil, fixé comme limite dans l’Accord de Paris de 2015, soit officialisé « d’ici la fin de la présente décennie, soit plus d’une décennie plus tôt que prévu ».
L’institut américain Berkeley Earth a également confirmé ces données et déclaré que « la hausse brutale enregistrée entre 2023 et 2025 a été extrême et suggère une accélération du rythme du réchauffement climatique ». Selon lui, les températures de l’année 2026 devraient se maintenir à des niveaux historiquement hauts.
Cette accélération du réchauffement climatique est d’autant plus préoccupante que les États-Unis, deuxième émetteur de gaz à effet de serre, tournent le dos sous Donald Trump à la coopération climatique mondiale et donnent la priorité politique au pétrole.
Dans le même temps, dans les pays riches, la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre s’essouffle. En France et en Allemagne, la réduction des émissions a encore ralenti en 2025 et aux États-Unis, un bond des centrales au charbon a fait repartir à la hausse l’empreinte carbone du pays, effaçant des années de progrès.
L’année 2026 bien partie pour être similaire à 2025
« L’urgence de l’action climatique n’a jamais été aussi importante », a déclaré Mauro Facchini, chef de l’unité Copernicus, lors d’une conférence de presse. Rien n’indique que l’année 2026 rompra avec cette tendance. Samantha Burgess, directrice adjointe du changement climatique à Copernicus, s’« attend à ce que 2026 soit l’une des cinq années les plus chaudes jamais enregistrées. Elle sera peut-être comparable à 2025 ».
Quant aux climatologues de Berkeley Earth, ils prévoient aussi que 2026 « sera probablement similaire à 2025, avec comme résultat le plus probable la quatrième année parmi les plus chaudes depuis 1850 ». Si le phénomène naturel El Niño, à l’effet réchauffant, surgit, « cela pourrait faire de 2026 une année record », dit à l’AFP Carlo Buontempo, directeur du changement climatique de l’observatoire. Mais « que ce soit 2026, 2027 ou 2028 n’a pas grande importance. La trajectoire est très, très claire », ajoute-t-il.
Vagues de chaleur, cyclones et tempêtes
En 2025, la température de l’air à la surface des terres et des océans a été supérieure de 1,47°C au niveau préindustriel, après 1,60°C en 2024, l’année record. Cette moyenne planétaire dissimule des records dans certaines régions, notamment en Asie centrale, en Antarctique ou au Sahel, selon les analyses effectuées par l’AFP à partir des données quotidiennes du service européen.
L’année 2025 a subi de nombreux événements climatiques extrêmes – vagues de chaleur, cyclones et violentes tempêtes en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, incendies ravageurs en Espagne, au Canada et en Californie – dont l’intensité ou la fréquence sont accentuées par le réchauffement climatique.
La combustion toujours croissante de pétrole, de charbon et de gaz fossile est largement responsable du réchauffement. La variabilité naturelle joue aussi un rôle, le phénomène naturel de refroidissement La Niña ayant été ainsi plutôt faible l’an dernier.

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