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28 avril 2026
Donald Trump indique que l’Iran est sur le point de s’effondrer
28 avril 2026Tentative d’assassinat, guerre en Iran, départs de ministres… Donald Trump « clairement fragilisé » à quelques mois des midterms
Analyse : Nos journalistes ont mis en avant les points essentiels à connaître.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « Tentative d’assassinat, guerre en Iran, départs de ministres… Donald Trump « clairement fragilisé » à quelques mois des midterms ».
À retenir absolument
La popularité de Donald Trump a atteint son niveau le plus bas depuis son retour à la Maison Blanche. Empêtré dans la guerre en Iran et critiqué pour les répercussions économiques sur le sol américain, le président, également ciblé par une tentative d’assassinat, est en mauvaise posture à quelques mois des élections de mi-mandat.
Le ciel s’assombrit au-dessus de la Maison Blanche. À quelques mois des élections de mi-mandat, qui testeront tant la popularité du parti républicain que du président auprès de la population, les désagréments s’accumulent pour Donald Trump.
Le milliardaire de 79 ans a été la cible ce samedi 25 avril d’une troisième tentative d’assassinat en moins de deux ans. Alors que le dîner annuel de l’Association des correspondants de la Maison Blanche débutait, des détonations ont été entendues dans la salle de réception. Des agents se sont précipités pour évacuer le président et la Première dame Melania Trump ainsi que le vice-président JD Vance.
Le suspect Cole Allen, 31 ans, a été inculpé ce lundi 27 avril pour tentative d’assassinat sur le président américain et deux infractions liées aux armes. Si juste après les tirs, Donald Trump a adopté un ton presque conciliant, cela a été de courte durée: le président et la Maison Blanche ont repris les attaques contre leurs adversaires, accusés d’encourager la violence politique. Une occasion pour le républicain de redorer son blason en cette période difficile?
« Cette attaque va peut-être créer un sursaut du côté des indépendants, et des républicains qu’il est en train de perdre, mais pour quelques jours seulement », estime Ludivine Gilli, directrice de l’observatoire Amérique du Nord de la Fondation Jean-Jaurès, contactée par BFM.
« Honnêtement, je ne vois pas cet événement avoir un répercussion important. Si on peut caricaturer les choses, l’événement n’a pas été assez tragique pour avoir un effet durable », abonde-t-elle. « L’attention de la population va très vite revenir aux sujets d’attention immédiats ». À savoir la guerre au Moyen-Orient et les conséquences économiques qu’elle engendre.
Donald Trump, enlisé dans la guerre au Moyen-Orient
Donald Trump est embourbé depuis le 28 février dernier dans une guerre contre l’Iran, persuadé de son intérêt par son allié israélien Benjamin Netanyahu et galvanisé par l’enlèvement en janvier du président vénézuélien Nicolás Maduro. Malgré le cessez-le-feu, il n’arrive pas à s’en dépêtrer. Depuis un premier cycle de négociations à Islamabad au Pakistan qui a échoué début avril, les pourparlers entre Téhéran et Washington sont au point mort.
De manière paradoxale, l’ancien homme d’affaires qui ne marche que par le « deal » a décidé le week-end dernier d’annuler le déplacement de ses émissaires à Islamabad où se trouvait le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi. « Trop de temps perdu en déplacements, trop de travail! (…) C’est nous qui avons toutes les cartes en main, eux n’en ont aucune! S’ils veulent discuter, il leur suffit de nous appeler!!! », a-t-il lancé sur son réseau Truth social.
Le moyen, peut-être, de feindre un désintérêt et de pousser les Iraniens à la négociation. À l’inverse de la stratégie qu’il a employée au début du mois d’avril lorsqu’il a menacé d’anéantir la civilisation iranienne dans le but, selon ses explications à de hauts responsables de l’administration cités par le Wall Street journal, de paraître instable et insultant et, in fine, d’inciter les Iraniens à négocier.
Cela ne semble pas porter ses fruits: le ministre iranien des Affaires étrangères s’est demandé si les États-Unis étaient « réellement sérieux » en matière de diplomatie.
Pour autant, pas question pour Donald Trump de perdre la face. Le président américain a plusieurs fois affirmé que les États-Unis avaient de toute façon déjà « gagné », que les capacités militaires iraniennes étaient « décimées », qu’un « changement de régime » avait été imposé, et que grâce à cette guerre, la République islamique ne pourrait pas se doter de l’arme nucléaire.
Des extrapolations non-confirmées dans les faits: bien qu’affaibli militairement et économiquement, la République islamique continue de démontrer ses capacités de résistance et de nouveaux dirigeants tout aussi, voire plus, radicaux ont remplacé ceux tués dans les frappes israéliennes.
Téhéran ne paraît pas non plus encline à desserrer la pression sur le détroit d’Ormuz – aujourd’hui soumis à un double blocus des belligérants – par lequel transitait avant la guerre 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Ce point embarrasse particulièrement le président des États-Unis. Si les Américains n’ont pas subi les bombes, ils ressentent la flambée des prix du carburant.
Après avoir dépassé les 3 dollars en mars, les prix ont franchi la barre symbolique des 4 dollars le gallon, un niveau inédit depuis quatre ans. De quoi alimenter un mécontentement croissant des consommateurs américains, qui dénoncent une pression accrue sur leur pouvoir d’achat.
Une popularité en berne
Selon un sondage NBC News Decision Desk paru le 19 avril dernier, 68% des Américains désapprouvent – dont 52% très fortement – la gestion de l’inflation et du coût de la vie par Donald Trump. D’après un sondage de Fox News, les Américains font même davantage confiance aux démocrates qu’aux républicains en matière d’économie (52 % contre 48 %). Une première depuis 2010, alors que les midterm approchent.
« La question qui a été déterminante pour le faire élire, c’est la situation économique qu’il avait promis d’améliorer. Et là, non seulement elle ne s’améliore pas, mais elle se dégrade », constate la spécialiste des États-Unis, Ludivine Gilli.
« L’impact des droits de douane, la lutte contre l’immigration qui pèse sur la main-d’œuvre dans le BTP et l’agriculture notamment, et maintenant, la guerre en Iran qui pèse sur les prix de l’essence, a créé un choc inflationniste avec pour impact immédiat, la hausse des prix. Et ça les gens le voient ». « La perception de la situation se dégrade, y compris côté républicain, elle commence à s’effriter », précise-t-elle.
Avec une guerre – à la durée incertaine – qui a des conséquences sur l’économie du pays, Donald Trump bafoue deux promesses électorales: redresser l’économie, qui n’était pas si mal en point, et arrêter les « très mauvaises guerres », notamment au Moyen-Orient. Il n’a eu cesse de fustiger ses prédécesseurs pour les « guerres sans fin » comme en Irak ou au Vietnam. Donald Trump a maintes fois affirmé que « ‘l’opération » contre l’Iran ne durerait que six semaines, or, elle entame sa neuvième semaine.
Les deux tiers des Américains, interrogés par NBC News Decision Desk, désapprouvent la gestion – erratique – de la guerre contre l’Iran par Donald Trump, tandis qu’un tiers l’approuve.
Le mécontentement se fait ressentir au sein même de sa base MAGA (Make America Great Again). Si la gestion de la guerre ne semble pas déplaire à ses plus fidèles partisans – 87% l’approuvent malgré des fortes critiques sur son interventionnisme – c’est la situation économique qui commence à fortement crisper. Au-delà des fidèles MAGA, c’est plus globalement le cas chez les électeurs républicains.
« Si la situation s’améliore, les républicains seront contents, or, si elle continue de se dégrader, ça risque de lui causer énormément de tort pour les élections de mi-mandat, y compris parmi les républicains », observe la directrice de l’observatoire Amérique du Nord de la Fondation Jean-Jaurès.
Donald Trump n’a jamais été aussi impopulaire aux États-Unis depuis le début de son mandat. Selon l’agrégateur de sondages Real Clear Polling, au 27 avril, 57,7% des Américains le désapprouvent. Son impopularité, à ce stade du mandat, dépasse même celle de tous ses prédécesseurs, comme vous pouvez l’observer sur le graphique ci-dessous.
Sa popularité est également plus faible que lors de son premier mandat.
« Cette administration s’effondre »
Si l’ancien magnat de l’immobilier n’a pas bonne presse auprès des Américains, la situation est aussi tendue au sein de son administration. En six semaines, trois ministres ont quitté le gouvernement de Donald Trump. Le 20 avril dernier, Lori Chavez-DeRemer, ministre américaine du Travail, a décidé de quitter le gouvernement « pour prendre un poste dans le secteur privé », selon la Maison Blanche. La responsable était fragilisée depuis plusieurs semaines par une série de scandales.
Avant elle, deux ministres, deux fidèles du président, ont été poussées vers la sortie: la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, et la procureure générale Pam Bondi. La première a été limogée après avoir commandé une coûteuse campagne de communication la mettant en scène à cheval, chapeau de cow-boy sur la tête. Une opération d’autopromotion qui était mal passée à la Maison Blanche. Mais surtout, l’ancienne gouverneure était sous le feu des critiques à cause du fiasco des opérations de l’ICE à Minneapolis, marquées par la mort de deux manifestants.
Pam Bondi s’était, elle, illustrée par sa gestion erratique du dossier Epstein et par son absence de considération pour les victimes du criminel sexuel. Mais, selon la presse américaine, c’est surtout son incapacité à « poursuivre efficacement les ennemis » du président, comme la procureure générale de New York, Letitia James, et l’ancien directeur du FBI, James Comey, qui lui a coûté son poste. « Cette administration s’effondre », s’est délecté le parti Démocrate sur X.
Pour Amy Greene, experte associée à l’Institut Montaigne interrogée par nos confrères de La Tribune Dimanche, ces départs témoignent « d’une présidence qui n’a pas de méthodes, ni de stratégie, qui n’a pas d’objectifs spécifiques ». En limogeant les ministres qui suscitent le mécontentement, Donald Trump tente peut-être d’atténuer « l’agacement du peuple américain sur les questions économiques », ajoute l’enseignante à Sciences Po et spécialiste de la politique américaine.
Cette vague de départs a même touché des hauts gradés de l’armée américaine, en pleine guerre au Moyen-Orient. De manière soudaine, le plus haut responsable civil de la marine américaine, et important donateur de Donald Trump lors de la campagne de 2024, John Phelan, a quitté l’administration le 22 avril.
Il aurait été mis à la porte par le ministre de la Défense, Pete Hegseth avec qui les relations s’étaient dégradées, et par le président américain. Début avril, c’est le chef d’état-major de l’armée, Randy George, qui a été limogé. Ces noms s’ajoutent à la longue liste des hauts gradés de l’armée écartés depuis début février 2025.
« Ces départs sont presque une reconnaissance d’échec de la part de Donald Trump », nous expliquait il y a quelques jours Alexis Pichard, chercheur associé au Centre de recherches anglophones de l’université Paris Nanterre. « Ils tendent aussi à contredire le récit d’une mandature parfaite mis en avant par la Maison Blanche ». Ces portes claquées font d’autant plus de bruit qu’elles sont vues comme exceptionnelles aux États-Unis, un pays où la tradition du remaniement n’existe pas.
« Généralement, il y a un peu plus de stabilité, surtout à un an du début du mandat. Il peut y avoir des ajustements à la marge dans l’administration mais les changements de ministres sont plus rares », note le spécialiste des États-Unis.
D’autres ministres seraient sur la sellette. Comme Howard Lutnick, ministre du Commerce, qui a refusé de quitter ses fonctions malgré ses liens avec Jeffrey Epstein. Mais aussi, dans un spectre différent, le directeur du FBI, Kash Patel en raison « d’épisodes de consommation excessive d’alcool » et d' »absence inexpliquées », selon une enquête de The Atlantic.
Autant d’éléments qui ne placent pas Donald Trump dans une bonne position à l’approche des élections de mi-mandat, historiquement rarement favorables au parti au pouvoir. « ll est clairement fragilisé, la situation est compliquée pour lui », estime Ludivine Gilli, autrice de La Révolution conservatrice aux États-Unis. « Côté démocrate, il y a une telle colère qu’une forte mobilisation est attendue. Si face à cela, il y a une sous-mobilisation du côté républicain, ce qui devient de plus en plus probable, une vague bleue peut survenir. »
Mauvaise nouvelle pour Donald Trump: le 22 avril dernier, les électeurs de Virginie ont approuvé de justesse un redécoupage de la carte électorale de leur État, permettant aux démocrates de potentiellement glaner quatre sièges supplémentaires au Congrès américain. Ce référendum est vu comme une riposte au redécoupage exigé par le président dans plusieurs États républicains. « Pour les élections de mi-mandat, il a de gros soucis à se faire », résume la spécialiste.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

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