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Un résumé rapide de « pourquoi la Russie veut-elle peser diplomatiquement dans la guerre au Moyen-Orient? » selon notre rédaction.
Points clés à retenir
Proche de l’Iran, Vladimir Poutine espère peser dans les négociations d’une fin de conflit. Spécialiste du Kremlin, Ulrich Bounat revient pour BFM sur la stratégie diplomatique déployée par les dirigeants russes dans le Golfe.
Que cherche la Russie? Ce lundi 27 avril, Vladimir Poutine recevait Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, à Saint-Pétersbourg. Le même jour, le chef du Kremlin a assuré que son pays ferait « tout » pour aider à ramener la paix au Moyen-Orient. Des déclarations qui précédaient un appel téléphonique entre le dirigeant russe et Donald Trump, toujours au sujet de la guerre en cours dans le Golfe.
Depuis quelques jours, la Russie multiplie les apparitions diplomatiques sur le terrain du conflit au Moyen-Orient. Quels sont les intérêts de Vladimir Poutine à le faire? Éclairage avec Ulrich Bounat, analyste géopolitique spécialiste de la Russie, contacté par BFM.
Pourquoi la Russie s’immisce-t-elle autant dans ce conflit au Moyen-Orient? Qu’est-ce que cela peut lui apporter?
D’abord, la Russie, comme l’a dit Vladimir Poutine, est une puissance opportuniste sur tous les terrains. On l’a vu au Venezuela, à Cuba ou en Syrie en 2015. Et on retrouve un peu la même situation actuellement en Iran. Nous observons une situation géopolitique un peu bloquée, et les Russes essayent de revenir en odeur de sainteté au niveau international, en proposant en quelque sorte leurs services, même si je pense que Vladimir Poutine a conscience que ses services ne vont pas forcément être acceptés tout de suite. Mais c’est déjà une façon de montrer sa bonne volonté à Donald Trump. Car on sait que l’ensemble des dirigeants internationaux, et notamment Vladimir Poutine, essayent d’obtenir les faveurs du président américain. Ils aimeraient tous reprendre des relations commerciales avec les États-Unis et voir une levée des sanctions américaines.
Ensuite, Vladimir Poutine veut essayer de montrer que la Russie est une force de paix et de stabilité à l’international, ce qui n’est bien évidemment pas du tout le cas. Il y a donc une espèce de posture qui vise à vendre une image positive du Kremlin à l’international. Puis, sur le fond des choses, la Russie aimerait bien que cette guerre s’arrête, car elle affaiblit un pays, à savoir l’Iran, qui, sans être un allié pur, est quand même un régime assez proche de la Russie. Ainsi, toute déstabilisation envers l’Iran n’arrange pas véritablement le Kremlin. Enfin, dernier point, la Russie a une certaine légitimité par rapport au rôle qu’elle pourrait jouer quant au nucléaire iranien. D’où son engagement pour essayer de régler le conflit.
Est-ce que la Russie peut réellement porter cet effort de médiation pour régler ce conflit au Moyen-Orient?
Tout dépend du rôle que Donald Trump est prêt à lui laisser. Mais à priori, nous ne sommes pas du tout dans cette logique-là. Car du côté des Américains, il y a toujours cette volonté d’obtenir une capitulation iranienne d’une façon ou d’une autre. Donc les efforts de médiation qui viennent de Russie ou d’ailleurs sont un peu compliqués. Et puis la Russie reste quand même embourbée en Ukraine, ce qui complexifie toujours un peu son rôle.
En revanche, si un accord véritablement sérieux est trouvé sur le nucléaire iranien, il sera difficile de faire sans les Russes, et Vladimir Poutine le sait.
Tout d’abord car c’est une puissance nucléaire et qu’elle est membre du Conseil de sécurité de l’ONU, mais surtout car elle contrôle une partie du cycle du combustible en Iran et qu’elle exploite la centrale iranienne de Bouchehr, où elle déploie des techniciens sur place. Et si on remonte à l’accord de 2015 (qui prévoyait l’encadrement du programme nucléaire iranien en échange de la levée progressive des sanctions économiques contre l’Iran, NDLR), c’est déjà la Russie qui avait récupéré l’excès d’uranium enrichi iranien pour le retraitement ou la dilution.
Le Kremlin pourrait, de par cette légitimité de puissance atomique et de par le événement qu’il est déjà sur place en Iran, servir d’intermédiaire pour récupérer ces fameux 440kg d’uranium enrichi à 60% auprès des Iraniens. Car très honnêtement, si on regarde les pays voisins de la région, on ne voit pas qui d’autre que la Russie serait capable d’avoir non seulement les infrastructures nucléaires pour le faire, mais aussi la légitimité.
Certes, le Pakistan est une puissance nucléaire, mais il n’est pas signataire du TNP (traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, NDLR), donc c’est exclu. Quant aux Américains, il semble improbable qu’ils aillent chercher le combustible. Vladimir Poutine signale donc qu’il existe, qu’il est disposé à aider. Et peut-être qu’à terme, ce lobbying finira par payer pour lui.
En dépit de l’agression russe en Ukraine, confirmez-vous que le Kremlin reste malgré tout un acteur important sur le plan diplomatique?
Oui, c’est le cas. Même si la Russie reste quand même écartée de beaucoup de sujets. Mais en ce qui concerne l’Iran, elle est impliquée. Car c’est un sujet qui touche le nucléaire, car c’est un pays frontalier, car c’est un pays qui a la confiance de l’Iran… Et donc effectivement, la Russie peut jouer le rôle d’intermédiaire de confiance, un rôle fondamental dans ce genre de négociations. En revanche, elle n’a sans doute pas suffisamment de légitimité, par exemple, pour accueillir sur son sol des négociations sur le nucléaire iranien, notamment car le Kremlin est perçu comme trop proche de l’Iran, contrairement à Oman ou au Pakistan, qui ont des approches beaucoup plus équilibrées.
Est-ce que ce retour sur la scène internationale de la Russie peut être perçu comme une offense envers l’Ukraine?
Disons que Vladimir Poutine est bien content qu’on oublie, en quelque sorte, l’Ukraine. Il se satisfait aussi qu’on parle plus du rôle potentiel d’intermédiaire de la Russie en Iran que du rôle d’agresseur de la Russie en Ukraine. D’une certaine façon, tout ce qui détourne l’attention de l’Ukraine, que ce soit l’attention médiatique, financière ou militaire des Occidentaux, est bon à prendre pour l’avenir de Vladimir Poutine.
La Russie a plusieurs fois défendu l’idée d’une désescalade en Iran. Mais au regard du conflit en cours en Ukraine, il est bien difficile de prendre le Kremlin au sérieux. Ces propos ne sont-ils pas contradictoires?
Cela peut paraître effectivement contradictoire, mais je ne pense pas que les Russes le perçoivent de cette façon. Car le Kremlin estime que la guerre d’agression américano-israélienne lancée sur l’Iran n’est pas légitime et qu’il faut qu’elle cesse, notamment pour l’économie mondiale. Et dans le même temps, la Russie, à travers ses campagnes de propagande, présente la guerre en Ukraine comme une guerre strictement défensive. Néanmoins, les dirigeants occidentaux ne sont pas dupes. D’ailleurs, Donald Trump a répété à plusieurs reprises qu’il préférait d’abord que les Russes arrêtent la guerre en Ukraine avant de s’occuper de la médiation en Iran.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Les prochains développements permettront de compléter cette analyse.

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