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3 mai 2026l’UE va plafonner le montant des paiements en espèces en 2027 (mais les Français ne seront pas touchés)
Analyse : Notre rédaction met en avant les points essentiels à retenir.
Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « l’UE va plafonner le montant des paiements en espèces en 2027 (mais les Français ne seront pas touchés) ».
Points importants
À partir de 2027, l’Union européenne plafonnera les paiements en espèces à 10.000 euros chez les professionnels pour lutter contre le blanchiment, avec des contrôles renforcés dès 3.000 euros, tout en laissant aux pays comme la France, déjà plus stricte (1.000 euros), la possibilité de conserver leurs propres limites.
Payer un produit de luxe à 15.000 euros, régler son installateur de pompe à chaleur en sortant des liasses de billets… C’est bientôt fini en Europe.
En 2024, en effet, l’Union européenne a adopté le règlement 2024/1624/UE, instaurant un plafond uniforme de 10.000 euros pour les paiements en espèces dans l’ensemble des États membres, avec une entrée en vigueur fixée au 10 juillet 2027. Une mesure qui s’inscrit dans un dispositif bien plus large de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme et dont le volet « espèces » n’est, en réalité, que la partie émergée de l’iceberg.
Concrètement, de quoi s’agira-t-il? Ce plafond concernera uniquement les paiements effectués auprès de professionnels comme les commerçants, les entreprises et autres artisans. Les transactions entre particuliers ne sont pas visées. Les secteurs dans le collimateur sont bien identifiés: l’automobile de luxe, les yachts, les jets privés, certaines activités immobilières. Pour Paul Tang, l’eurodéputé néerlandais responsable du dossier, l’objectif est d’empêcher les criminels d’acquérir des biens de grande valeur en liquide, sans laisser de trace.
Une disposition complémentaire est aussi prévue au règlement: pour toute transaction en espèces comprise entre 3.000 et 10.000 euros, les vendeurs seront désormais tenus de vérifier l’identité des acheteurs. Une mesure de traçabilité qui complète le plafonnement.
Si dans certains pays d’Europe comme l’Allemagne où l’on règle beaucoup en espèces, cette règlementation aura d’importantes répercussions, pour les Français en revanche, ça ne changera rien.
En France, c’est 1.000 euros depuis 2015
L’Hexagone en effet n’a pas attendu Bruxelles pour encadrer strictement l’usage du liquide. Depuis 2015, sous l’impulsion de l’ancien ministre de l’Économie Michel Sapin, le plafond des paiements en espèces est fixé à 1.000 euros pour les transactions entre un particulier et un professionnel. Ce seuil avait été abaissé dans un contexte sécuritaire marqué, notamment après les attentats de la même année. Avant cela, la limite était de 3.000 euros.
Le code monétaire et financier français prévoit cependant des exceptions: les paiements entre particuliers dans un cadre non professionnel, et les paiements des personnes non bancarisées, qui n’ont pas accès à un compte ou ne peuvent régler autrement qu’en liquide. Un plafond plus haut, fixé à 10.000 euros, est aussi autorisé pour les touristes en France non-résidents fiscaux.
La future règle européenne apparaît donc beaucoup plus permissive que la législation française actuelle. Bruxelles laisse explicitement la possibilité aux États membres de conserver des seuils plus bas. La France ne sera donc pas contrainte de relever son plafond à 10.000 euros. Sauf changement politique, le seuil de 1.000 euros devrait rester en vigueur.
Ce décalage s’explique par la grande hétérogénéité des règles en Europe avant cette réforme. L’Allemagne, fidèle à sa tradition du cash, n’imposait aucune limite aux paiements en espèces. L’Italie, l’Espagne ou certains pays d’Europe de l’Est appliquaient des plafonds variables, entre 2.000 et 15.000 euros selon les cas.
Cette fragmentation n’était pas qu’une curiosité administrative. Elle offrait aux réseaux criminels une faille concrète leur permettant de jouer sur les différences entre pays voisins, il était possible de mener des opérations de blanchiment en choisissant simplement la juridiction la plus accommodante. C’est exactement ce type de contournement que la nouvelle réglementation cherche à fermer.
Mais le paquet législatif de 2024 ne se limite pas au plafonnement des espèces. Il crée une nouvelle institution: l’Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, connue sous l’acronyme ALBC. Basée à Francfort –Paris était candidate mais n’a pas été retenue– elle est opérationnelle depuis mi-2025 et compte plus de 400 agents. Elle supervise directement les entités financières les plus risquées, coordonne les autorités nationales et intervient en cas de défaillance. Une sorte de gendarme financier européen, doté de pouvoirs contraignants.
Les clubs de foot encadrés
Par ailleurs, c’est l’une des nouveautés les plus significatives du dispositif, et l’une des moins commentées: à partir de 2029, les grands clubs de football professionnels seront soumis aux mêmes obligations que les banques en matière de lutte contre le blanchiment.
Concrètement, cela signifie qu’un club devra vérifier l’identité et l’origine des fonds de ses partenaires financiers, qu’il s’agisse d’un investisseur qui rachète des parts du capital, d’un sponsor qui signe un contrat de plusieurs dizaines de millions d’euros, ou d’un club acheteur dans le cadre d’un transfert de joueur. En cas de transaction suspecte, le club aura l’obligation de la signaler aux cellules de renseignement financier nationales.
Jusqu’ici, le football professionnel échappait largement à ces obligations. Contrairement aux banques, aux agents immobiliers ou aux avocats, les clubs n’étaient pas considérés comme des « entités assujetties » au sens de la réglementation anti-blanchiment. Un transfert à 80 millions d’euros négocié via une société écran dans un paradis fiscal pouvait donc passer entre les mailles du filet. Les révélations des Football Leaks avaient mis en lumière à quel point ce secteur était perméable à l’argent sale.
Ce règlement concerne enfin toute personne dont le patrimoine financier dépasse 50 millions d’euros. Ces riches contribuables seront automatiquement soumis à une vigilance renforcée de la part des banques et des acteurs financiers qui les suivent.
Ce n’est ni une taxe ni une interdiction mais concrètement il y aura une vérification plus poussée de l’origine des fonds, un examen plus attentif des mouvements de capitaux et une obligation de signalement en cas d’anomalie. Un niveau de surveillance comparable à celui qui existe déjà pour les personnalités politiquement exposées.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Cette situation sera suivie de près par notre rédaction.

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