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Dans le direct du Corriere della Sera sur le conflit en Iran, comme dans ceux de nombreux médias, la nouvelle fait les gros titres : jeudi 5 mars, rapporte le média italien, le ministère des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan a affirmé qu’une “attaque de drones a été lancée depuis le territoire iranien contre le Nakhitchevan”. Il s’agit d’une exclave azérie qui borde le nord de l’Iran, l’Arménie et la Turquie.
Plusieurs appareils auraient touché la capitale de cette république autonome : l’un s’est écrasé sur un terminal de l’aéroport international, tandis qu’un autre est tombé aux abords d’une école, rapporte Apa, agence de presse azerbaïdjanaise proche des positions officielles de Bakou.
“Quatre personnes ont sollicité une assistance médicale après l’incident”, écrit Trend News Agency, agence d’information locale. “Des vidéos tournées sur place montrent d’importants dommages et des colonnes de fumée noire”, précise ensuite le quotidien milanais.
Comme l’observe de son côté le média qatari Al-Jazeera, cet épisode “ouvre encore un autre front dans la guerre lancée par les États-Unis et Israël”. En effet, même si Bakou ne prend pas part au conflit, le ministère des Affaires étrangères a demandé une “explication claire” à l’Iran et affirmé que son pays “se réserve le droit de prendre des mesures de réponse appropriées”, sans fournir davantage de précisions.
Neutralité sous le feu
“L’Iran a frappé le Nakhitchevan avec des drones – le régime des mollahs a montré son vrai visage” : par ce titre au ton accusateur, Apa donne le ton des réactions médiatiques en Azerbaïdjan après la chute de drones venus d’Iran. Le média rappelle que Bakou avait jusqu’ici maintenu une politique de “bon voisinage” avec Téhéran, allant jusqu’à garantir le fonctionnement du poste-frontière pour permettre aux ressortissants iraniens de regagner leur pays. Apa estime que l’incident illustre la “nature destructrice” d’un régime iranien qui “ne connaît aucune ligne rouge”.
Une autre source locale, Minval, souligne la prudence affichée par Bakou depuis le début de la crise au Moyen-Orient, et ses efforts pour ne pas “alimenter l’escalade”. Pourtant “des drones iraniens tombent à Nakhitchevan, dénonce ainsi dans son titre le site d’information connu pour ses éditoriaux nationalistes et critique envers l’Iran. Voilà la ‘gratitude’ pour la neutralité”. Minval écarte d’ailleurs l’hypothèse d’un simple accident : les aéroports figurent parmi les cibles privilégiées de l’arsenal iranien, déjà utilisé contre des installations en Israël ou dans le Golfe.
Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi, dément fermement toute volonté de viser ses voisins. Dans une interview accordée à AnewZ, il a réitéré la position de Téhéran de ne cibler que les bases militaires de ses adversaires. “Si des bases militaires de la région sont utilisées pour attaquer l’Iran, nous les ciblerons. Telle est notre politique”, a-t-il déclaré, tout en appelant à l’enquête.
Aux yeux de la chaîne d’information Al-Jazeera, toutefois, la frappe contre le Nakhitchevan ne survient pas par hasard, puisque cette région “fait partie d’un accord de paix historique négocié par les États-Unis et signé le 8 août 2025 entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, deux anciens ennemis mortels”. Celui-ci prévoyait notamment la mise en place d’un corridor terrestre reliant l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan via l’Arménie. Problème, analyse Al-Jazeera, “l’Iran s’oppose depuis longtemps à ce projet de route de transit, craignant qu’il ne coupe son pays de l’Arménie et du reste du Caucase tout en rapprochant de ses frontières des forces étrangères potentiellement hostiles”.

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