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“Des têtes roulent, le sang coule à flots, des marmites de chair humaine fument et sont en train de bouillir.” La scène de cannibalisme qui ouvre la série De l’épée à la charrue, décrite par le journal hongkongais Sing Tao Jih Pao, en a surpris plus d’un. La série historique puise pourtant dans l’histoire chinoise pour amener des réflexions sur les processus de paix. Elle cartonne en Chine depuis sa première diffusion, le 23 janvier sur la chaîne la télévision publique chinoise CCTV1 et diverses plateformes de streaming. Son premier épisode a dépassé le milliard de vues. En France, la série est disponible sur la plateforme AppleTV.
L’intrigue se déroule au milieu du Xe siècle, au moment du hiatus entre la dynastie Tang (618-907) et la dynastie Song (960-1279). Comme le rappelle le quotidien hongkongais HK01, “la dynastie Tang, prospère et unifiée, s’effondre en 907, plongeant le pays dans le chaos. En quelques décennies, cinq dynasties se succèdent dans les Plaines centrales, centre politique du pays […]. Hors des Plaines centrales, dix grands régimes séparatistes prolifèrent.” En 48 épisodes, la série relate des décennies de chaos qui aboutissent à une “réunification pacifique” et au règne de la dynastie Song.
Les écrans chinois sont envahis par les séries historiques. Pourquoi celle-ci a-t-elle à ce point tiré son épingle du jeu ? Le drame historique est “un projet phare soutenu par l’Administration d’État de la radio, du cinéma et de la télévision”, relate HK01. Suffisamment pour que cette administration organise à Pékin le 4 mars un symposium sur la série, dévoile Zhongguo Qingnian Bao, le journal officiel de la Ligue de la jeunesse communiste chinoise. Le réalisateur principal de la série, Yang Lei, y révèle son intention : “faire comprendre au public que la paix est chèrement acquise”.
“Question taïwanaise”
Mais c’est également pour sa résonance avec “la question taïwanaise” que la série a fait mouche jusque dans les plus hautes sphères, note HK01. À l’occasion d’une conférence de presse tenue mercredi 4 mars par le Bureau des affaires taïwanaises, instance officielle chinoise, un journaliste a interrogé le porte-parole du Bureau, rapporte le média en ligne chinois Pengpai : “Certains commentateurs estiment que la série utilise un épisode historique longtemps oublié pour raviver l’attachement du public à la paix et sa prise de conscience du processus historique de réunification. Quel est votre avis à ce sujet ?” Sans surprise, le porte-parole Zhang Han a répondu avec le vocable officiel, saluant “l’unité remarquable de la civilisation chinoise et exprimant l’esprit de la nation chinoise”, indique Pengpai.
Toutes les réactions n’ont pas cette grandiloquence. Ainsi que le rapporte le magazine chinois Sanlian Shenghuo Zhoukan, la série a “captivé les passionnés d’histoire”, montrant que “les forts ne sont pas toujours forts, et les faibles peuvent aussi renverser le cours de la guerre”.
En tout cas, personne ne doute du fait que la série fait écho aux relations sino-taïwanaises actuelles. Pendant longtemps, elle n’a pas été accessible à Taïwan, ce qui a déclenché l’ire du journal officiel chinois Huanqiu Shibao, qui dénonce une “obstruction aux échanges culturels entre les deux rives du détroit” et des “barrières artificielles érigées par les autorités du Parti démocrate progressiste [le parti du président taïwanais Lai Ching-te]”. Quel que soit son avenir à Taïwan, la série semble en tout état de cause promise à des audiences record en Chine et bénéficie déjà d’une “distribution internationale dans plus de 70 pays et régions”, assure Huanqiu Shibao.

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