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5 mai 2026Pourquoi une victoire de Jean-Luc Mélenchon contre le RN est plus compliquée qu’il ne l’imagine
Analyse : Voici quelques points à considérer selon notre équipe éditoriale.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « Pourquoi une victoire de Jean-Luc Mélenchon contre le RN est plus compliquée qu’il ne l’imagine ».
Points essentiels
CLAIRE SERIE / Hans Lucas via AFP
Jean-Luc Mélenchon le 1er mai 2026.
• Dans une éventualité de second tour opposant Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen ou Jordan Bardella, la balance penche « très nettement » en faveur du RN à ce stade.
• Les critiques internes et externes soulignent que Mélenchon sous-estime la menace du RN, qui progresse électoralement.
Dimanche soir, au moment d’officialiser sa candidature à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a installé le match avec ce qu’il considère être son « adversaire principal » : le Rassemblement national. « Il paraît qu’il va gagner. Honnêtement, je ne le crois pas. Je ne sais même pas s’ils seront au deuxième tour. Je pense que nous allons les battre à plate couture », a déclaré le fondateur de La France insoumise, sûr de pouvoir l’emporter au second tour face à Marine Le Pen ou Jordan Bardella.
« À plate couture ». Voilà une expression un brin présomptueuse, que n’ont pas manqué de relever certains de ses opposants. Ainsi son ancien proche, le député Alexis Corbière, a-t-il fait part de son « désaccord total », expliquant que « la progression du RN est constante à toutes les élections ». « Jean-Luc Mélenchon sous-estime la menace RN », accuse-t-il. Du côté du PS, les critiques ont été encore plus vives. « Plus personne ne veut de Jean-Luc Mélenchon, a attaqué le secrétaire général du parti, Pierre Jouvet, sur Sud Radio. C’est l’homme politique le plus détesté de ce pays, c’est la meilleure assurance vie de l’extrême droite ».
De fait, les sondages leur donnent plutôt raison puisque toutes les configurations impliquant Jean-Luc Mélenchon lui sont défavorables. Des données à prendre toutefois avec beaucoup de pincettes, la campagne ne faisant que commencer. Il est d’ailleurs difficile de se projeter dans un second tour qui n’existe pas encore.
Mais les études d’opinion traduisent (en partie) un état d’esprit. « Quand on regarde les sondages, dans une perspective de duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ou Jordan Bardella, la balance pencherait très nettement du côté du RN », a confirmé le politologue Jérôme Fourquet (Ifop) sur France 5 ce lundi. Selon lui, « à ce stade », la logique de front républicain contre l’extrême droite « s’enclencherait moins » automatiquement en faveur du candidat de La France insoumise.
La droite voterait RN ?
« Je ne vois pas comment il peut l’emporter face à Bardella au second tour », affirme aussi Philippe Marlière, professeur de sciences politiques à l’University College de Londres, dans une interview au Nouvel Obs. Il poursuit : « Le RN se poserait comme le défenseur de l’ordre, de la légalité et d’un néolibéralisme bon teint. Les milieux patronaux et les marchés, rassurés, seraient largement de son côté, et nombre d’électeurs centristes et de droite s’abstiendraient ou voteraient Bardella ».
Un scénario auquel ne croit pas l’entourage de Jean-Luc Mélenchon, malgré la porosité de l’électorat de droite et d’extrême droite. Un député LFI, interrogé par le HuffPost, affirme que « des gens comme Jean-Louis Bourlanges (MoDem) ou Clément Beaune (Renaissance) appelleraient à voter pour nous face au péril fasciste ». « Un second tour, c’est une nouvelle élection qui commence », a aussi coutume de dire Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise.
Reste que les votes en faveur du Rassemblement national sont en progression ininterrompue depuis quinze ans. En 2012, Marine Le Pen recueillait 6,4 millions voix au premier tour ; puis 7,6 millions en 2017 et 8,1 millions en 2022. Idem aux européennes, où la liste de Jordan Bardella a recueilli 31,3 % des suffrages en 2024, contre 23,3 % cinq ans plus tôt. Croire dans ces conditions que l’extrême droite sera battue « à plate couture » n’est-il pas trop aventureux ?
« Ce pays n’est pas rempli de racistes »
Bien sûr, il est possible de contenir la poussée RN. Et Jean-Luc Mélenchon peut légitimement se dire qu’au vu de son expérience, des équipes qui l’entourent, de son positionnement politique et de l’implantation progressive de sa formation dans certains bastions, il a un rôle à jouer contre l’extrême droite. Il a déjà prouvé qu’il était capable de l’affronter de manière frontale lorsqu’il avait choisi de se présenter contre Marine Le Pen aux élections législatives de 2012 dans le Pas-de-Calais. Ni l’un ni l’autre n’avaient finalement gagné.
Dimanche soir, après le 20h de TF1, Jean-Luc Mélenchon a accordé une longue interview au média en ligne Brut. L’occcasion de réaffirmer sa vision : « Ce pays n’est pas rempli de fascistes et de racistes. Quand il aura à choisir entre un pétainiste d’extrême droite et moi, je n’ai pas l’ombre d’un doute sur ce qu’il se passera ».
À l’extrême droite, la sortie de Jean-Luc Mélenchon n’a pas manqué de susciter sarcasme et ironie. « Le RN a toujours battu LFI à “plate couture”. Mélenchon jouera encore le rabatteur du système », persifle le député Jean-Philippe Tanguy. « C’est un candidat de rejet. Pour nous, ça serait une victoire facile », se convainc son collègue Philippe Ballard, interrogé sur CNews. Pour autant, il reste près d’un an de campagne, avec son lot de débats, de déplacements et de meetings. Pour Jean-Luc Mélenchon, qui affirmait il y a une dizaine d’années que la bataille finale opposerait la gauche radicale à l’extrême droite, le plus dur reste à faire.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre rédaction vous tiendra informés des changements importants.

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