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6 mars 2026Avec ses frappes en Iran, Donald Trump suscite des crispations, des démocrates aux MAGA radicaux
KENNY HOLSTON / AFP
Des enquêtes de deux médias américains révèlent mardi 24 février que le ministère de la Justice américain a dissimulé certains dossiers mentionnant Donald Trump.
Une décision à défendre sur deux fronts. En choisissant la voie militaire pour régler le conflit avec l’Iran, Donald Trump s’est attiré des critiques des démocrates… mais aussi d’une partie de la base MAGA (« Make America Great Again ») qui l’a propulsée au pouvoir. Les premiers reprochent au président américain l’« illégalité » des frappes israélo-américaines contre la République islamique, tandis que les seconds voient dans ces attaques une « trahison ».
Pour rappel, le mantra « America First » (« L’Amérique d’abord ») de Donald Trump lui avait valu le soutien de la droite radicale anti-interventionniste pendant la campagne présidentielle de 2024. « Je ne veux plus voir de guerres », avait notamment affirmé le milliardaire républicain, répondant aux attentes des MAGA radicaux qui réclamaient la fin des interventions militaires à l’étranger. Dès 2019, le président américain décrivait qu’entrer en guerre au Moyen-Orient était « la pire décision jamais prise » – égratignant au passage ses prédécesseurs Barack Obama et George W. Bush.
Sauf qu’à l’opposé de cette doctrine, les frappes sur l’Iran ont fortement déplu à une partie de l’extrême droite américaine. L’ex-élue républicaine Marjorie Taylor Greene, répudiée par Donald Trump à l’automne, a dénoncé l’offensive sur X et qualifié de « mensonge » les allégations de la Maison-Blanche sur le fait que l’Iran était sur le point d’obtenir des armes nucléaires. « C’est la pire trahison », a insisté celle qui fut un temps une égérie MAGA, soulignant que cette décision « vient du même homme et du même gouvernement que l’on croyait tous qu’ils étaient différents et qu’ils disaient “Ça suffit” ».
« Une guerre dont les Américains ne veulent pas »
Le ton n’était pas plus clément chez les influenceurs et commentateurs d’extrême droite. Le podcasteur Tucker Carlson, ancien soutien de Donald Trump, a qualifié l’attaque contre l’Iran d’« absolument répugnante et malveillante », dans une interview sur ABC, assurant que l’offensive va « profondément changer la donne » aux yeux de la base trumpiste. « PAS DE GUERRE AVEC L’IRAN » et « AMERICA FIRST », a réagi pour sa part le suprémaciste blanc Nick Fuentes, dont le message sur X a été vu au moins 2 millions de fois.
Côté démocrate, les réactions étaient attendues et ne se sont pas fait attendre. De nombreux élus ont ainsi dit leur opposition aux frappes menées en Iran. Donald Trump « traîne les États-Unis dans une guerre dont les Américains ne veulent pas », a réagi Kamala Harris dans un communiqué où elle se dit « opposée à une guerre visant à changer le régime en place en Iran ». Donald Trump « a promis pendant la campagne de mettre fin aux guerres plutôt que de les commencer », rappelle celle qui a perdu la présidentielle de 2024, « c’était un mensonge ».
Comme après l’attaque au Venezuela, plusieurs démocrates posent également la question de la légalité des frappes israélo-américaines, reprochant au locataire de la Maison-Blanche et à son administration de ne pas avoir demandé l’autorisation du Congrès comme le prévoit la Constitution. En plus d’être « catastrophique » et « non nécessaire », « cette guerre est illégale », a cinglé l’élue new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez sur X. « Notre Constitution est sans ambiguïté : le Congrès donne son feu vert pour la guerre, pas le président », a-t-elle souligné.
L’opinion américaine est bien le reflet de la défiance de la classe politique. Selon un récent sondage de l’Ipsos pour Reuters, 43 % des Américains désapprouvent les frappes américaines sur l’Iran, et 56 % estiment que Trump est trop enclin à utiliser la force militaire. Ils s’inquiètent notamment pour les pertes humaines du côté des États-Unis, mais aussi de la hausse du prix du carburant.
Un vote au Congrès pour stopper l’intervention américaine
« La Constitution est claire, a abondé l’ex-speaker démocrate Nancy Pelosi, toujours sur X, les décisions qui conduisent notre nation en guerre doivent être autorisées par le Congrès. » Côté trumpiste, on rétorque que l’opération était parfaitement légale. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a assuré samedi que le chef de la diplomatie, Marco Rubio, avait fourni « une notice au Congrès » avant l’attaque, prévenant les huit principaux responsables en charge des questions de renseignement et de défense.
Alertés par les propos de Donald Trump, qui a promis samedi que les attaques en Iran allaient se poursuivre « toute la semaine », plusieurs élus d’opposition et quelques républicains ont annoncé leur souhait que le Congrès vote très prochainement pour bloquer l’intervention américaine.
La presse américaine est quant à elle partagée sur l’issue d’un tel scrutin. Si le Washington Post rappelle qu’une poignée de démocrates pourraient ne pas voter le texte et que le camp présidentiel a la majorité au Congrès, la chaîne NBC News juge pour sa part que le vote devrait être « serré » compte tenu de la « courte majorité » des républicains au Sénat et à la Chambre des représentants, et de l’opposition d’une partie des MAGA aux frappes.
Comme le décrivait ce dimanche un article du New York Times, ce n’est de toute façon pas le calcul politique qui a guidé le passage à l’acte d’Israël et des États-Unis contre l’Iran. Ayant appris la tenue d’une rencontre au sommet entre le guide suprême Ali Khamenei et une partie des plus hauts cadres du régime, les deux armées se sont mises en action. Avec succès, d’un point de vue militaire au moins.

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