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5 mai 2026Animateurs-stars, suppression de certaines chaînes, moins de sport à l’antenne… Ce que contient le rapport de Charles Alloncle sur l’audiovisuel public
Analyse : Quelques observations de notre équipe pour mieux comprendre les enjeux.
L'équipe met en lumière les points essentiels de « Animateurs-stars, suppression de certaines chaînes, moins de sport à l’antenne… Ce que contient le rapport de Charles Alloncle sur l’audiovisuel public ».
Analyse rapide
Le député Charles Alloncle appelle à revoir de fond en comble le fonctionnement de France Télévisions pour faire à la fois des centaines de millions d’euros d’économies tout en assurant « la neutralité » du service public de l’audiovisuel. Pour l’instant, ses propositions n’ont guère de chance de voir le jour.
Des auditions sous très haute tension, un bilan adopté à l’arraché et 69 propositions inflammables. Après six mois de travaux, le texte écrit par Charles Alloncle, le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public et ces plus de 550 pages ont été publiés ce lundi sur le site de l’Assemblée nationale. BFMTV l’a lu et vous raconte ce qu’il faut en retenir.
Principal objectif de ce rapport: proposer des pistes d’économies qui visent notamment à permettre de faire un milliard d’euros d’économies par an sur les quatre milliards que reçoit l’audiovisuel public pour faire fonctionner France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (France 24, RFI).
Économies tous azimuts
Pour y parvenir, Charles Alloncle (Union des droites) propose d’abord d’en passer par la suppression de certaines chaînes de télévision et de radio. Charles Alloncle veut ainsi fusionner France 2 et France 5, France info et France 24, tout comme France 3 et Ici (ancien nom de France Bleu). L’élu espère également faire fermer France 4, la radio Le Mouv et France TV slash, une chaîne numérique destinée aux 18-30 ans.
Le rapporteur proche d’Éric Ciotti appelle également de ses vœux à la forte réduction des budgets pour la diffusion du sport et le budget consacré aux jeux télévisés. le bilan préconise ainsi de diffuser seulement le Tournoi des six nations, le Tour de France, Roland Garros, le Paris-Roubaix, les Jeux olympiques et paralympiques. Exit certaines finales de tournois de tennis comme celle de Monte-Carlo et une partie des droits de la Coupe de France de football. De quoi économiser sur le papier 170 millions d’euros.
Plus largement, le député qui a commencé en politique comme président des Jeunes avec Sarkozy veut nettement réduire le recours à l’externalisation de sociétés de production. Ce sont souvent elles qui alimentent les chaînes du service public et produisent des émissions comme « C à vous » ou « Cash investigation ». À la place, le député UDR juge que de nombreuses émissions pourraient être produites en interne.
Haro sur le coût du festival de Cannes
Toujours dans l’optique de faire des économies, le rapporteur exhorte encore à mutualiser les coûts entre France Télévisions et Radio France. Le but: éviter notamment les postes redondants. Charles Alloncle s’étonne ainsi de directions qui peuvent avoir des intitulés similaires au sein même de France Télévisions qui a par exemple deux directions des opérations spéciales.
Enfin, et mettant ses pas dans ceux de la Cour des comptes, le coût du dispositif déployé par France Télévisions pour suivre le festival de Cannes doit être drastiquement réduit, juge Charles Alloncle. une détail judiciaire a été ouverte en février dernier sur des frais d’hôtel de luxe où ont séjourné les dirigeants de la société publique dont la présidente Delphine Ernotte. L’affaire porte sur plus de 110.000 euros de frais d’hôtel de luxe réglés, d’après le syndicat CFE-CGC, par France Télévisions.
Autre priorité pour Charles Alloncle: s’assurer de la « neutralité » du service public. Charles Alloncle appelle ainsi à diversifier l’origine des éditorialistes qui officient sur le service public en les remplaçant par des confrères issus de la presse d’opinion. Et de pointer le cas de Patrick Cohen qui est le matin sur France inter puis le soir sur France 5.
Les téléspectateurs aux manettes
Le député UDR espère également le lancement d’une « plateforme participative citoyenne pour l’audiovisuel public » qui permettrait aux téléspectateurs de pouvoir suggérer des sujets d’enquête ou d’être « codécisionnaires » sur certains programmes.
le analyse appelle aussi à ce que les dirigeants de l’audiovisuel public soient à nouveau nommés par l’Élysée comme ce fut le cas sous Nicolas Sarkozy avant l’abandon du dispositif par François Hollande. Aujourd’hui, la désignation des dirigeants de France télévision et de Radio France se fait par l’Arcom.
À la place, le rapporteur propose donc que le chef de l’État reprenne la main après avis des commissions des affaires culturelles du Sénat et de l’Assemblée. Plus largement, France Télévisions et Radio France ne seraient plus rattachés au ministère de la Culture, mais sous la tutelle d’un nouvel organisme: le secrétariat général à l’audiovisuel public, placé, lui sous l’autorité du Premier ministre.
Devoir de réserve pour les journalistes
Tout comme c’est déjà le cas pour les fonctionnaires, Charles Alloncle aimerait également créer un devoir de réserve pour les salariés de l’audiovisuel public qui serait précisé dans leur contrat. Plus largement, le rapporteur appelle à la création d’une grille de sanctions internes graduées en cas de manquement au devoir de réserve y compris sur les réseaux sociaux.
Pour éviter tout possible conflit d’intérêt aux salariés de l’audiovisuel public qui peuvent également être à la tête d’une société de production, Charles Alloncle veut mettre fin au système des « animateurs-producteurs ». C’est par exemple le cas de Léa Salamé, à la fois salariée de France Télévisions comme présentatrice du journal télévisé mais également productrice du magazine « Quelle époque ». Les échanges avaient été très vifs à ce sujet devant la commission d’enquête, notamment avec Nagui au sujet de son émission « N’oubliez pas les paroles ».
Le rapporteur propose donc de créer un arsenal juridique qui passerait par la déclaration des participations des salariés de France Télévisions ainsi que de tout intérêt familial.
un analyse sans grande conséquences législatives
Que deviendront ces très nombreuses recommandations? Elles n’ont en tout cas aucune traduction législative automatique. Charles Alloncle compte bien déposer une proposition de loi lors de la niche parlementaire des députés UDR, ce moment de l’année où, pour une journée chaque groupe a la main sur l’agenda parlementaire.
Étudiée dans l’hémicycle en juin, elle visera à soumettre les cadres dirigeants de l’audiovisuel public aux mêmes règles d’encadrement des reconversions dans le privé que les fonctionnaires et donc au contrôle de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Le but: éviter les aller-retours qui pourraient éventuellement susciter des conflits d’intérêt.
Mais cette proposition de loi n’a que très peu de chance d’être adoptée. Seuls les députés UDR et leurs alliés du Rassemblement national devraient voter pour.
Le travail de Charles Alloncle a suscité l’agacement du Premier ministre Sébastien Lecornu. « Disons-le clairement: ce rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel. C’est une occasion manquée », a tancé le locataire de Matignon sur X dans la foulée de sa publication.
De son côté, le président de la commission d’enquête, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus a accusé Charles Alloncle de vouloir « préparer les esprits » à une privatisation de France Télévisions et Radio France.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Nous suivrons cette actualité pour vous tenir informés.

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