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5 mai 2026Analyse : L’équipe de rédaction a sélectionné les éléments clés à retenir.
Quelques observations clés de notre rédaction sur « Baptiste des Monstiers alerte sur le poids des retraites ».
Les points essentiels à retenir
Le concept de « jour de libération filiale », fixé au 4 mai cette année, met en lumière le donnée qu’un tiers du salaire brut des actifs finance les pensions des aînés. Invités à réagir dans Estelle Midi, les chroniqueurs ont affiché de profondes divergences : si certains s’inquiètent du fardeau imposé aux jeunes générations, d’autres fustigent un climat délétère visant à opposer les Français les uns aux autres.
Vous connaissiez le jour de libération fiscale, fixé le 18 juillet, qui marque le moment où les Français cessent de travailler pour financer l’État. Il faut désormais compter sur le « jour de libération filiale« . Depuis le 4 mai, les actifs ont symboliquement fini de bosser pour financer la pension des 17 millions de retraités que compte la France.
Ce calcul inédit a été réalisé par deux économistes: Erwan Tison, directeur des études de l’IDEP, et Maxime Sbaihi, auteur des Balançoires vides. Pour parvenir à cette date, ils ont pris en compte toutes les cotisations qui financent les retraites d’un salarié au niveau de vie médian, soit 2.200 euros.
Le constat est sans appel: près d’un tiers du salaire superbrut d’un actif est fléché vers les pensions des retraités. Ce chiffre grimpe même à 37,5% si l’on intègre les dépenses de santé des plus de 60 ans. Rapporté au calendrier, ce pourcentage correspond à la date du 4 mai.
4 mois de travail pour les seniors, contre 2 mois en 1970
Sur une année complète, ce financement représente 85 jours de travail, soit près de quatre mois de labeur. À titre de comparaison, en 1970, l’effort demandé aux actifs était deux fois moins important: ce jour de libération survenait dès le 27 février.
Cette situation place la France dans une position singulière à l’échelle européenne, où elle figure à l’avant-dernière place, juste devant l’Italie (15 mai). Chez nos voisins, la pression sur les salaires est nettement plus faible.
En Irlande et au Danemark, les actifs sont libérés dès le 2 mars, soit deux mois plus tôt qu’en France. En Allemagne, l’écart avec la France est de 24 jours. Un actif allemand récupère ainsi l’équivalent de cinq semaines de travail de plus qu’un Français.
Certes, la part individuelle de capitalisation est plus importante dans les autres pays, mais cela ne compense pas un tel écart. Pour reprendre les mots du gouverneur de la Banque de France, ce constat démontre un arbitrage politique clair: la France a fait le choix des seniors plutôt que des jeunes.
Une charge colossale pour les femmes et les jeunes
Sur le plateau, le spécialiste Baptiste des Monstiers a nuancé cette date symbolique en y apportant une grille de lecture liée aux inégalités salariales. « J’ai une petite pensée pour les femmes actives. Comme elles gagnent globalement moins que les hommes, elles travaillent en réalité deux fois plus pour les retraités », a-t-il souligné.
Sans rejeter le principe de solidarité nationale, il alerte sur le fardeau grandissant qui pèse sur les nouvelles générations: « Je ne dis pas que j’en ai marre de travailler pour les retraités, mais il y a un effort colossal à supporter par les actifs et les jeunes actifs, qui sont en plus challengés par l’intelligence artificielle ».
Stop au « retraité bashing »
Cette approche comptable suscite toutefois une vive opposition chez d’autres observateurs, qui dénoncent une tentative de division. Pour l’ancienne avocate Yael Mellul, ce calcul alimente un climat toxique. « J’en ai marre de ce ‘retraité bashing’ quotidien qui tend à stigmatiser les vieux et à fracturer encore plus la société », s’est-elle agacée.
Selon elle, la responsabilité de cette impasse est politique et non générationnelle: « On a des gouvernements qui sont là depuis huit ans, on sait qu’il y a un problème avec les retraites et aucune solution n’a été trouvée. On est à un an de la présidentielle de 2027, ce n’est pas maintenant qu’on fera de grosses réformes, il faut attendre les propositions des candidats ».
Une guerre des générations?
Un constat partagé par Benjamin Amar, professeur d’histoire-géographie, qui fustige une stratégie politique de confrontation généralisée. « À l’ère du macronisme, on s’est bouffé les uns les autres: les salariés du privé contre les fonctionnaires, les retraités contre les actifs, les jeunes contre les vieux. C’est un climat délétère », a-t-il déploré.
Pour l’enseignant, il est « hors de question de stigmatiser les retraités » sous prétexte du coût de leurs pensions: « Ils ont bossé toute leur vie, ils ont légitimement une retraite, et je ne souhaite qu’une chose, c’est que nous puissions tous bénéficier de la même chose ».
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : Un suivi attentif permettra de compléter notre point de vue.

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