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8 mai 2026face à la flambée des prix du carburant, ils ont décidé de partir en vacances à vélo – franceinfo
Analyse : L’équipe éditoriale a repéré les points les plus pertinents.
Un point rapide sur l'article « face à la flambée des prix du carburant, ils ont décidé de partir en vacances à vélo – franceinfo » selon nos journalistes.
Ce qu'il faut retenir
Avec la hausse des prix du carburant, dont celui du kérosène qui entraîne l’annulation de vols, de plus en plus de Français se tournent vers des voyages à vélo.
Le carburant reste cher, le budget des vacances se resserre. En ce mois de mai, jalonné par les jours fériés offrant la possibilité de longs week-ends, et à l’approche de l’été, 62% des Français reconsidèrent leurs projets de vacances, relève un sondage Ipsos BVA du 30 avril dernier. Alors que le coût du transport devient un frein, le vélo, moins onéreux, séduit de plus en plus. Depuis 2019, la fréquentation des pistes cyclables en France a augmenté de 47%, révèle le bilan 2025 du Réseau vélo et marche.
Quelque 22 millions de Français déclarent pratiquer la bicyclette pendant leurs vacances, soit davantage que la randonnée pédestre, selon le gouvernement. Parmi eux, Gustave, 32 ans. Il a troqué sa voiture pour son vélo afin de decouvrir le sud de l’Angleterre, avec deux amis, début mai. « On avait tous envie de faire un voyage à l’étranger, mais sans prendre l’avion ni la voiture pendant des heures, et, du coup, c’est une belle option », explique le trentenaire.
Après un aller-retour en ferry à 150 euros chacun, les trois amis prévoient de pédaler 250 kilomètres en quatre jours. Gustave estime le budget par personne à « 200-250 euros, tout compris ». « On a opté pour du camping, on va peut-être faire un resto, visiter un ou deux trucs, précise-t-il. En vrai, ce n’est pas très cher. Le vélo, ça fait de sacrées économies ! »
Moins onéreux et offrant plus de liberté, c’est aussi ce qui séduit Ségolène, 36 ans. Depuis l’été dernier, elle a le réflexe vélo pour ses vacances à deux : « On a testé la Vélodyssée, la piste le long de la côte Atlantique. On est partis comme ça, sans réserver et c’était trop cool. On est parti d’Hendaye et on est remonté sur l’île de Ré, on se poussait au maximum la journée pour faire du vélo le matin et pouvoir visiter la région l’après-midi », détaille-t-elle.
« On réfléchissait à nos vacances en fonction du coût de déplacement, donc c’était soit voiture, soit avion, soit train, ce qui faisait que, tout de suite, le budget était pas mal impacté. »
Ségolène, cyclisteà franceinfo
Tout a changé depuis pour Ségolène : « On réfléchissait au budget en fonction de combien allait nous coûter le déplacement. Et aujourd’hui c’est plutôt l’inverse : on a envie d’aller où ? Et, en fait, on se fait beaucoup plus plaisir. Par exemple, là, on va partir pour le week-end du 8 mai au Mont Saint-Michel. On s’est pris un hôtel qu’on aurait jamais pris si on avait pris nos billets et tout ça… »
Avant, le prix de l’essence au plus haut aurait inquiété Ségolène pour l’été à venir. « C’est un stress parce que tu te dis ‘je ne sais pas combien ça va être cet été’ et ‘est-ce que pour mes vacances, ça ne va pas être trop short au niveau du budget ?’ Et là vraiment, on se sent beaucoup plus libre », assure la cycliste. Et donc, « pour cet été, pareil, reprend-elle, on s’est dit ‘on a envie d’aller en Italie’ et donc on regarde pour partir de Lyon et aller jusqu’en Italie. On va pouvoir plus profiter dans les locations, les restos et se faire plus plaisir parce que notre budget est beaucoup moins lourd sur le déplacement. »
Pour préparer un voyage, Gustave et Ségolène ont trouvé leur inspiration sur internet, notamment sur le site de France Vélo Tourisme, une association « en charge de la promotion des itinéraires cyclables en France, mais aussi de tous les services autour des itinéraires », explique Florent Tijou, chargé de marketing. « Aujourd’hui vous avez plus de 26 000 kilomètres de véloroute aménagés soit en voie verte, soit sur de petites routes en France où il y a un formidable terrain de jeu », précise-t-il.
« On est un peu habitué à voir, sur les réseaux sociaux ou même sur le bord de la route, des cyclistes avec beaucoup d’équipement, on a l’impression qu’ils font des tours du monde. Non, en fait, aujourd’hui, vous pouvez vraiment partir de façon assez légère et sans contrainte », insiste Florent Tijou. Et, selon lui, est-ce vraiment moins cher de partir en vacances à vélo ? « Il y en a un peu pour tous les goûts, tous les budgets aujourd’hui. Tout dépend du confort que vous recherchez, pour certains cyclistes, ça peut être un budget conséquent et pour d’autres, on peut s’en sortir à très bon budget. »
« C’est vrai qu’au début, avant de te lancer, tu te poses 10 000 questions. Est-ce que je vais réussir à faire tous ces kilomètres dans la journée ? Est-ce que je ne vais pas avoir mal aux fesses ? Est-ce qu’avec mes sacoches, ça va être dur ? Et bien en vrai, il faut se lancer. »
Ségolène, cyclisteà franceinfo
Itinéraires, hébergements, restauration… Pour s’y retrouver, « on donne toutes ces informations sur notre site pour que chacun puisse préparer à sa guise son parcours avec plus ou moins d’autonomie. On accompagne aussi de conseils pour se lancer, parce que ce n’est pas forcément simple quand on veut partir pour la première fois à vélo, quel vélo, où trouver des vélos, quel type de sacoches, quelle application utiliser… Et limiter un peu les petits problèmes qu’on pourrait trouver en se lançant dans ce type d’aventure », décrit Florent Tijou.
Reste que le gros point noir, en termes de logistique, c’est de se déplacer en train avec son vélo. Ségolène en a fait l’expérience : « Au tout début, quand j’ai commencé à faire des week-ends en Bourgogne, je ne savais pas qu’il fallait réserver des billets de train spécifiquement pour le vélo. Et donc au début, je me suis tapé des amendes. » « Les régions imposent maintenant durant la période estivale et même dès à présent, dès le 1er mai pour la plupart, des conditions d’emport dans les trains régionaux. C’est-à-dire qu’il faut prendre une place pour votre vélo sur les sites des TER régionaux. Ça, c’est vraiment maintenant imposé à tous les cyclistes », abonde Florent Tijou de France Vélo Tourisme.
Lui-même confronté à ce casse-tête, Clément Ferrey, passionné de vélo et développeur d’applications, a créé début 2024, velotrain.fr. « Le but initial, c’était de simplifier l’accès à l’information pour aider les cyclistes qui souhaitent emporter leur vélo dans le train. Chose qui n’est pas toujours évidente sur des sites tels que la SNCF. Donc si on a un trajet comme la Loire à vélo, on va pouvoir vraiment voir quelles gares sont proches et quelles parties de l’itinéraire on va pouvoir faire en train, lesquelles on va pouvoir faire à vélo. Ensuite, lorsque le projet se précise un peu, on va avoir accès à des informations un peu plus précises comme les horaires de train pour aller d’un aspect A à un aspect clé B et surtout les possibilités que l’on a pour emporter son vélo dans le train sans le démonter, ce qui exclut par exemple beaucoup de TGV. »
La SNCF constate « une augmentation de la présence de vélos dans nos trains avec des pics les week-ends et pendant les vacances sur les destinations touristiques adaptées à la pratique du vélo ». La compagnie ferroviaire assure également réfléchir à « des adaptations continues pour augmenter les capacités vélos lors des rénovations de matériel par exemple ». Les futurs TGV M proposeront ainsi huit emplacements pour vélos non démontés par rame, contre deux dans la moitié des TGV, actuellement.
Face à l’engouement croissant pour la bicyclette, « l’idée est de développer cette filière des vacances à vélo », déclare Florent Tijou, de France Vélo Tourisme. Une filière en plein boom, selon les derniers chiffres dévoilés par le Réseau vélo et marche : « Sur l’année 2025, en comparaison à 2019, on a 47% d’augmentation de fréquentation cyclable sur l’ensemble du réseau. Mais ça comprend aussi les déplacements urbains, périurbain et rural. Donc la dynamique vélo, elle est bien installée, ça c’est clair. »
« Par exemple, sur la Loire à vélo, on était à environ 700 000 cyclistes en 2015, on est passé à 1,8 million en 2022. Sur la ViaRhôna, on est à 3,9 millions, c’est presque 150% d’augmentation. Et sur la Vélodyssée, sur la côte Atlantique, on est à près de 4 millions de cyclistes enregistrés en 2023″, détaille Florent Tijou.
« Sur les trois plus grands itinéraires, on est sur un facteur de multiplication par deux du nombre de cyclistes. »
Florent Tijou, chargé de marketing à France Vélo Tourismeà franceinfo
Une dynamique qui ne s’arrête pas, alimentée par les différentes crises, souligne France Vélo Tourisme : « On a une carte à jouer un peu tous les ans, parce qu’on jongle avec les crises entre le Covid qui a fait un gros coup de projecteur, déjà, sur les vacances à vélo, puis la guerre en Ukraine, et aujourd’hui la crise des carburants qui va de facto limiter, on va dire, les déplacements à l’étranger, c’est un peu bénéfique. Ces crises sont malheureusement un peu bénéfiques pour la filière du tourisme à vélo, mais aussi de l’outdoor. »
La France s’est d’ailleurs fixé l’objectif d’atteindre 30 000 kilomètres de voies cyclables en France d’ici 2030. « On n’est pas loin des 90% aménagés, on est plutôt bien avancé », conclut Florent Tijou.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Un suivi attentif permettra de compléter notre point de vue.

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