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8 mai 2026Le dégel des relations entre la France et l’Algérie continue avec le retour de l’ambassadeur et la visite d’une ministre
Analyse : Notre équipe propose une lecture synthétique de cette actualité.
L'équipe met en lumière les points essentiels de « Le dégel des relations entre la France et l’Algérie continue avec le retour de l’ambassadeur et la visite d’une ministre ».
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Les deux rives de la Méditerranée semblent moins éloignées depuis la double annonce, vendredi 8 mai, d’Emmanuel Macron. D’abord, le retour de l’ambassadeur de France à Alger, un an après avoir été rappelé. Puis, la participation de la France vendredi aux commémorations en Algérie du massacre de Sétif, avec la présence sur place de la ministre déléguée aux armées, Alice Rufo. Le 8 mai 1945, à Sétif, en Algérie, un soulèvement des musulmans réprimé par la France, qui at conduit à la mort d’une centaine de colons européens et entre 15 000 et 20 000 dans les rangs algériens.
Le dégel s’est accéléré ces derniers mois, après le départ de Bruno Retailleau du gouvernement. L’ancien ministre de l’Intérieur tenait une ligne dure vis-à-vis d’Alger durant son passage place Beauvau, jusqu’à l’automne dernier. Ses prises de position avaient cristallisé les critiques du pouvoir algérien. Son départ a donc marqué le début d’un réchauffement, concrétisé en février par la visite sur place de son successeur Laurent Nuñes. « On considère qu’il fallait ce geste d’apaisement, car si on attend, il ne se passe rien », confiait le ministre de l’Intérieur à France Inter, il y a quelques semaines.
Emmanuel Macron fustigeait encore, il y a dix jours, les « maboules » qui veulent « se fâcher avec l’Algérie ». D’où les mots de l’Elysée, vendredi matin : « La lucidité avec laquelle la France regarde l’histoire doit aujourd’hui permettre de nouer des relations confiantes et prometteuses pour l’avenir, dans l’intérêt même des peuples français et algérien. »
« La seule voie possible »
La visite de la ministre et le retour de l’ambassadeur français étaient indispensables, selon Belkhir Belhaddad, député socialiste de Moselle et membre du groupe d’amitié France-Algérie. « C’est la seule voie possible pour rétablir une relation sereine entre nos deux pays », affirme l’élu mosellan. « On ne peut pas se permettre, pour la sécurité de nos concitoyens, de couper totalement les liens et une présence sur place est absolument nécessaire pour pouvoir travailler de manière beaucoup plus efficace », ajoute-t-il.
Les liens qui se retissent autour d’un symbole force, le 8 mai 1945, les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, dans l’est du pays. La répression sanglante menée par l’armée française avait fait des milliers de victimes. Les chiffres divergent selon les sources. L’Élysée rappelle qu’Emmanuel Macron veut renouer les relations « dans le respect de toutes les mémoires qui y sont liées ».
Christophe Gleizes attend la grâce présidentielle
Malgré ces annonces, il reste de gros points de discorde entre Paris et Alger, à commencer par le sort du journaliste Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison et détenu depuis près d’un an en Algérie. Le dernier geste attendu de cette normalisation en cours, c’est la grâce du président algérien pour le libérer. L’abandon de son pourvoi en cassation, annoncé par sa mère et son beau-père sur France Inter mardi, ouvre la voie à un geste humanitaire de la part d’Abdelmadjid Tebboune. Le boycott des entreprises françaises en Algérie continue et c’est « un facteur négatif », selon un diplomate.
Pour autant, depuis plusieurs semaines, des signes de l’amélioration de la relation bilatérale se multiplient. En particulier, le redémarrage de la coopération sécuritaire entre services de renseignement français et algérien sur les dossiers du terrorisme, du narcotrafic et du Sahel. Alger a repris le processus de réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière en France, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire (OQTF), avec la délivrance de laissez-passer consulaires, documents indispensables pour leur retour en Algérie. Il y en a eu près de 150 à ce jour.
C’est donc un dégel prudent, à petits pas, sur des dossiers techniques, entre la France et l’Algérie, un vieux couple qui se dispute au moindre prétexte. Il faut quand même rester prudent, on n’est jamais à la rue d’un incident ou d’une crispation, notamment dans le contexte de la campagne présidentielle qui démarre en France.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L'équipe continuera de suivre cette situation et partagera les développements.

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