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8 mai 2026Ils ont la Garde Républicaine et des centres équestres réputés comme clients… Ces travailleurs en situation de handicap des Pyrénées-Orientales ont un savoir-faire prestigieux
Analyse : Une équipe d'experts a étudié cette information et partage son avis général.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « Ils ont la Garde Républicaine et des centres équestres réputés comme clients… Ces travailleurs en situation de handicap des Pyrénées-Orientales ont un savoir-faire prestigieux ».
À retenir absolument
Chaque fouet, chaque cravache, chaque kit de dressage équestre qui sort de cet atelier est de qualité impeccable. Des éléments qui sont le résultat de techniques ancestrales, reproduites ici par des travailleurs en situation de handicap, qui façonnent le bois du micocoulier, cet arbre emblématique de la forêt catalane.
Tout commence par lui : le micocoulier, cet arbre endémique du piémont des Albères. On l’appelle aussi l’arbre ortie, en raison de ses feuilles ressemblant à la plante urticante. C’est un bel arbre, au tronc élancé qui pousse à l’état sauvage dans les régions méditerranéennes jusqu’à 900 mètres d’altitude. Il peut vivre 600 ans, si les parasites le préservent, mais c’est surtout son bois qui fait sa notoriété, souple il peut facilement être travaillé, tressé et même torsadé.
C’est avec fierté que nous travaillons le bois de micocoulier
Là se trouve l’intérêt de sa transformation en objet haut de gamme, comme l’explique Luc Miralles, 54 ans, chef de service de l’ESAT (établissement et service d’accompagnement par le travail) de Sorède, géré par l’APAJH, qui fait d’abord un paramètre sur l’ambiance : « sur le seul atelier bois, nous accueillons 17 travailleurs encadrés par trois moniteurs. C’est avec fierté que nous travaillons le bois de micocoulier, avec ceux qui ont un petit truc en plus ! Il y a des sourires, de la joie, une bonne ambiance, on donne des explications claires, répétées, on est aussi à l’écoute, ici il n’y a pas de faux-semblants, et ça fonctionne très bien ».
Concrètement, la fabrication principale en bois de micocoulier se conjugue au monde équestre : cravache, stick (plus long et plus fin que la cravache), chambrière (long fouet pour le dressage). Plus rare désormais, la fabrication de fouets (autrefois les dresseurs du monde entier venaient ici les chercher), aujourd’hui ils sont encore utilisés en vénerie (chasse à courre). Une diversification a été engagée il y a quelques années, ainsi les productions de jolis bâtons de marche, cannes, objets de décorations et autres trophées sportifs sont aussi très appréciés, d’autant que chaque pièce est unique !
Des références équestres
Ainsi, lorsqu’un savoir-faire se conjugue à l’exigence, les acteurs du luxe en quête de perfection adhèrent. À Sorède, on ne cite jamais ses clients, par confidentialité, mais en cherchant un peu, une célèbre marque française à l’emblème du cheval, propose des cravaches et des kits de dressage, fabriqués dans un atelier du sud de la France. Il est même précisé sur son site : « les gestes demeurent et les procédés évoluent autour d’un objet intemporel. Cet ESAT donne naissance à des objets porteurs de savoir-faire, en soutient à l’intégration de travailleurs handicapés ». Une cravache souple de la marque est vendue autour de… 520 euros.
Impossible également d’en savoir plus, sur le nombre de cravaches achetées par la Garde Républicaine ou encore des centres équestres de référence internationale. Peu importe, comme le confie ce travailleur : « moi je suis content parce que je sais qu’elles vont être utilisées par de grands cavaliers ». Selon une autre indiscrétion, le carnet de commandes pour l’année 2026 est bien rempli, sachant que plus de 500 cravaches sont fabriquées chaque année dans cet atelier catalan.
Une cravache nécessite 40 étapes
L’ESAT des micocouliers (qui accueille au total 88 travailleurs) préserve ce savoir-faire depuis une quarantaine d’années, tout en maîtrise. Tout commence par les équipes qui s’occupent des espaces verts, chaque année ce sont près de 450 arbres (de plus de 2,5 m) issus de parcelles référencées, qui sont abattus puis stockés pour séchage durant plus d’un an. Suivront le tronçonnage, le décapage, la fente en quatre pour obtenir le profil brut, jusqu’aux brins qui finiront en torsade, après avoir été chauffés à la vapeur à 105 degrés. Le manche sera tourné par la forme, puis viendra la finition avec du cuir sourcé pour habiller le manche et réaliser l’extrémité. Chaque ligature est effectuée à la main, minutieusement. Une quarantaine d’opérations sont nécessaires pour obtenir une cravache qualitative, parfaite pour des cavaliers exigeants.
Dans cette économie sociale et solidaire, Luc Miralles souligne : « désormais avec notre espace marchand, et le net nous vendons nos productions à travers le monde. Il y a deux ans, nous avons candidaté pour que ce savoir-faire unique entre au patrimoine immatériel de l’Unesco, ce serait une belle reconnaissance. Notre mission consiste à maintenir cet atelier, à transmettre les compétences et les savoirs. Nous invitons aussi le grand public à venir à Sorède, pour assister à une visite guidée et gratuite de notre atelier du lundi au vendredi ».
Et le terminer en lançant un appel aux propriétaires de parcelles de micocouliers, pour valoriser plus que jamais cette ressource.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : La rédaction suivra cette actualité pour vous fournir un point de vue complet.

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