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10 mai 2026Analyse : Cette nouvelle a été passée en revue par notre équipe.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « ces traducteurs désœuvrés devenus relecteurs robotisés de l’intelligence artificielle ».
Ce qu’il faut garder en tête
MON EMPLOI FACE À L’IA (3/4). L’intelligence artificielle est un coup de massue pour les traducteurs, qui ont pourtant vécu l’arrivée d’internet et d’autres logiciels. Dans cette profession déjà précarisée, ils témoignent de leur coeur de métier qui change, de leurs revenus qui baissent et de l’espoir qui s’évanouit.
Leur carrière était déjà une suite de bouleversements existentiels. Mais le pire est peut-être à venir. Le métier de traducteur est menacé depuis longtemps: il y a eu d’abord l’arrivée de Google Traduction, puis d’outils comme Deepl, qui ont automatisé et abîmé la valeur perçue de leur travail.
Mais l’arrivée de l’intelligence artificielle est peut-être la goutte d’eau, ou plutôt le « coup de massue » qui achèvera de les assommer selon Michaela, traductrice depuis 40 ans. Aujourd’hui, le métier consiste principalement à « repasser derrière la machine » pour relire des traductions automatiques. Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, la nature du travail a changé, on parle désormais de « heavy » ou de « light editing », selon la qualité de la traduction automatique et la quantité de travail nécessaire. Et évidemment, le tarif n’est pas le même qu’avant.
« La post-edition, c’est 2 centimes le mot, moi je facture mes traductions 14 centimes le mot. Quand je leur communique mon tarif, ils tombent des nues, on a l’impression de demander la lune », témoigne Michaela.
« Quand j’ai commencé, tous les 2 ou 3 ans on pouvait augmenter le tarif, mais ça c’est fini, maintenant on nous demande de baisser les prix. J’ai fini par accepter de descendre à 12 centimes pour certains clients », soupire-t-elle.
« De nombreuses entreprises ne sont plus prêtes à payer pour une traduction »
Avant, elle proposait directement ses services à de grandes sociétés comme Air France. Mais les contrats se sont arrêtés lorsque la compagnie aérienne a fait appel à une agence de traduction, ce qui lui permet d’avoir accès à toutes les langues via un seul prestataire. Dans ce métier déjà précarisé, où la plupart sont freelance, un nouvel intermédiaire s’est ainsi ajouté. « On trouve de moins en moins de clients directs, il faut passer par les boîtes de traduction, sauf qu’elles tirent les tarifs vers le bas, elles proposent 6 centimes le mot », explique Michaela.
« Aujourd’hui, de nombreuses entreprises ne sont plus prêtes à payer pour une traduction, il y a eu une corrélation entre l’arrivée de l’IA et la baisse du chiffre d’affaires des traducteurs freelance », explique Yann Ferguson, sociologue spécialiste de l’IA et de l’emploi.
Désormais les entreprises utilisent même un nouveau procédé de rémunération. Un texte est divisé en plusieurs segments de quelques mots. Les traducteurs ne sont payés que pour traduire les segments du texte que l’intelligence artificielle n’aura pas réussi à traiter elle-même. Sauf que cela demande de comprendre le contexte global, et donc l’entièreté du texte.
« Si 50% d’un texte est déjà traduit par une IA, je suis payée 50%, ils font tout pour baisser les prix », résume Michaela.
« Ils travaillent pour que la machine puisse mieux les remplacer… »
« L’arrivée de l’IA est un choc car avant, elle ne concernait que les métiers des chiffres, maintenant, elle performe sur les métiers des lettres, analyse Yann Ferguson. Les traducteurs ont pris une claque. C’est un métier exigeant, qui requiert un haut niveau d’étude, et ils vivent l’arrivée de l’IA comme un appauvrissement intellectuel et financier. »
Selon Benjamin Mallais, traducteur dans une agence, rien ne remplacera jamais un humain. « Parfois relire une traduction de mauvaise qualité peut prendre tout autant de temps que de la faire soi-même, mais les donneurs d’ordre pensent que c’est moins de travail », s’indigne le salarié.
Quand la mécanique n’est pas encore plus pernicieuse… Benjamin Mallais témoigne de cas d’entreprises qui embauche des traducteurs pour entraîner leurs modèles, avant de les laisser sur le bas-côté une fois l’IA performante. « Ils travaillent mais à la fin ils savent que c’est pour que la machine puisse mieux les remplacer… », dénonce-t-il.
Selon lui, le risque est une perte de qualité des textes, avec un langage appauvrit et sans âme. À plus long terme, il craint aussi une perte de compétence puisque les plus jeunes ne feront plus que relire, sans s’exercer à traduire par eux-mêmes. « C’est un changement de la nature de notre travail, l’intérêt qu’on y trouvait devient limité. Si c’est pour relire du Google Translate pour un 1/10eme du prix du marché… », soupire-t-il.
« Aujourd’hui, je suis blasé, les gens que je connais dans le secteur sont atterrés, désespérés, beaucoup se disent qu’on va devoir changer de métier, même si quelques-uns survivront. »
Face à la précarisation du métier, Michaela ne fait presque plus de traduction. Elle travaille toujours en freelance, mais pour le ministère de la Justice en tant qu’interprète au tribunal. « Je suis complétement désillusionnée et pessimiste, conclut-elle. Aujourd’hui je ne dirai jamais à quelqu’un de faire une école de traduction. »
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Un suivi régulier permettra de mieux comprendre cette information.

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