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Notre rédaction analyse les faits saillants de « Canal+, Trump, Poutine… Almodóvar promeut un « devoir moral » pour les artistes ».
Ce qu’il est utile de savoir
Il « ne juge pas… mais » il n’en pense pas moins. Les conférences de presse post-projection du festival de Cannes sont souvent le théâtre de prises de position politique. Pour Pedro Almodóvar, cela devrait même toujours être le cas lorsque des comédiens, réalisateurs et autres professionnels du cinéma sont interrogés sur des sujets politiques et sociétaux. Lui en tout cas ne fait pas dans la langue de bois.
Ce mercredi 20 mai, au lendemain du tapis rouge et de la montée des marches de son nouveau long-métrage Autofiction présenté en compétition, le cinéaste a été questionné sur le contexte global tendu, à savoir la situation du cinéma français et la polémique Canal + en France, mais également le silence de Hollywood au regard de la situation internationale. Le réalisateur de Parle avec elle n’a pas botté en touche, contrairement à d’autres.
« Personnellement je ne veux juger personne, mais il me semble que l’artiste doit parler du monde dans lequel il vit, de la société dans laquelle il vit. Pour moi c’est un devoir moral. Je ne juge pas ceux qui ne le font pas mais le silence n’est que la traduction de la peur », a affirmé le réalisateur, sans citer de nom. Sa prise de parole intervient toutefois après le silence de l’acteur Gilles Lellouche, vivement critiqué depuis la conférence de presse du film Moulin le lundi 18 mai lors de laquelle il a refusé de répondre à une question concernant le Rassemblement national. Et alors que d’autres personnalités phares du monde du cinéma n’ont pas pris position (ou tout du moins la parole) sur la tribune anti-Bolloré.
« Les monstres que sont Trump, Netanyahu et Poutine »
Pedro Almodóvar a ensuite appuyé son propos en expliquant qu’il était essentiel que les artistes s’expriment sur ces sujets, et que les non prises de parole étaient au contraire dommageables : « C’est un symptôme extrêmement négatif qui dévalue la démocratie, qui sape la démocratie. Je pense au contraire que le créateur et chacun à partir de sa petite tribune doit parler clairement, ouvertement, de ce qu’il se passe car il se passe tous les jours des choses terribles. »
Répondant aux questions des journalistes trois jours plus tôt, Javier Bardem avait eu une réponse similaire, expliquant justement qu’il fallait « faire les choses, même avec la peur », et que son devoir d’acteur était aussi de se servir des plateformes qui lui sont offertes, comme Cannes, pour user de son « pouvoir de parole », avait dit le comédien avant de dézinguer Trump, Poutine et Netanyahu.
Comme son compatriote, Pedro Almodóvar a lui aussi eu des mots pour les présidents russe et américain, ainsi que le Premier ministre israélien. « Nous en tant qu’Européens, nous avons l’obligation d’être des boucliers face à ces monstres que sont Trump, Netanyahou, et le Russe Poutine », a asséné le réalisateur avant de préciser que l’Europe représentait ainsi selon lui un rempart face aux « délires » et à la « folie » de ces dirigeants politiques.
La politique internationale et plus précisément ces trois dirigeants sont régulièrement cités dans les conférences de presse du festival de Cannes. Le mardi 19 mai, c’est le comédien Sebastian Stan qui a évoqué le président américain et « la situation vraiment grave ». Le dimanche 17 mai, le réalisateur James Gray avait lui mentionné Trump et « les autres dirigeants dangereux qui ne pensent qu’au fric ». La politique est toujours invitée au festival de Cannes. Cette année, elle est au premier plan.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe gardera un œil sur l’évolution de la situation.

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