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21 mai 2026Dora Moutot condamnée pour ses propos face à Marie Cau, la première maire transgenre de France
Analyse : Les rédacteurs ont examiné cette actualité pour en tirer quelques conclusions.
Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « Dora Moutot condamnée pour ses propos face à Marie Cau, la première maire transgenre de France ».
Ce qu'il faut retenir
L’échange lunaire avait suscité une vive indignation. L’activiste Dora Moutot, qui s’est fait connaître par ses propos et théories transphobes, a été condamnée à 1 000 euros d’amende pour « injure publique » par le tribunal de Paris, mercredi 20 mai, à la suite de propos qu’elle avait tenus en octobre 2022 sur le plateau de Quelle Époque !, face à la première maire transgenre de France, Marie Cau.
Invitées à « débattre » par Léa Salamé, les deux femmes avaient eu un échange tendu au cours duquel Dora Moutot avait eu soin de mégenrer celle qui lui faisait face, répétant : « pour moi, Marie Cau, c’est un homme ». L’ex-journaliste, qui se revendique militante « féministe », avait tenté de démontrer (sans succès et en s’attirant les foudres de Jérémy Ferrari) que les femmes transgenres représentaient un danger pour les femmes cisgenres – assignées femmes à la naissance.
Dans ce contexte, Dora Moutot avait affirmé : « on est obligées de se méfier des personnes à pénis ». C’est cette phrase qui lui a valu d’être condamnée mercredi pour « injures publiques envers un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre », a annoncé l’activiste sur ses réseaux sociaux.
« Je ne vois toujours pas où se situe l’injure », maintient la militante, qui plaide la « prudence féminine » et assure que cette décision est « un basculement inquiétant pour la liberté d’expression ». Elle a annoncé son intention de « faire appel », se disant prête à aller « si nécessaire, jusqu’à la Cour de cassation ».
Capture d’écran France 2
Dora Moutot condamnée pour ses propos face à la première maire transgenre de France dans l’émission « Quelle Époque ! » diffusée sur France 2 en octobre 2022.
Des propos « outrageants » qui peuvent susciter du « rejet »
Le tribunal de Paris, lui, voit clairement où se trouve l’injure et s’en explique, comme l’ont rapporté sur leurs sites les associations Mousse et STOP homophobie, qui s’étaient constituées parties civiles. « En désignant [les personnes trans] comme des “personnes à pénis” dont “les femmes” sont “obligées de se méfier”, la prévenue assigne d’abord les femmes transgenres à leur pénis, soit à leur attribut sexuel masculin de naissance », a estimé le tribunal.
Ces propos nient « leur identité de genre féminine puisqu’elles sont opposées aux “femmes” », poursuivent les magistrats, pour qui « la prévenue consid[ère] ainsi implicitement que les femmes transgenres n’en sont pas ». Pour le tribunal, même si Dora Moutot « se défen[d] de soutenir que toutes les personnes transgenres se livreraient à des agressions sexuelles sur les femmes cisgenres », elle affirme que « même si elles ne passent pas toutes à l’acte, les femmes transgenres, en tant qu’elles ont un pénis, représenteraient un […] risque d’agression sexuelle pour les femmes cisgenres ».
En niant leur identité de genre « de façon généralisante et essentialisante » et en les « assignant à un attribut sexuel masculin » associé à « un état de dangerosité », Dora Moutot a tenu un propos « outrageant à l’égard des femmes transgenres », résume le tribunal. Ce dernier n’a en revanche pas retenu le délit de provocation à la haine, considérant qu’il n’y avait pas d’appel « implicite ou explicite à la violence », même si les mots de l’activiste peuvent « susciter […] un sentiment d’hostilité ou de rejet » envers les personnes trans.
Une « défaite judiciaire pour les TERF »
La condamnation de Dora Moutot en première instance a été saluée par les associations. « Cette décision confirme que le débat d’idées ne saurait servir de paravent à des propos qui, par leur caractère outrageant, portent atteint à la dignité des personnes transgenres », a souligné leur avocat, Me Étienne Deshoulières. Le jugement « rappelle que la liberté d’expression trouve sa limite dans le respect dû à chaque personne, quelle que soit son identité de genre ».
Dans un communiqué sur son site, Mousse qualifie la condamnation de Dora Moutot en première instance de « défaite judiciaire pour les TERF » – ces militantes qui se revendiquent « féministes » mais dont l’essentiel des prises de position se résume à des propos antitrans. « Cette condamnation représente une reconnaissance judiciaire des préjudices subis par les personnes transgenres face aux discours des TERF qui, sous couvert d’opinion, alimentent l’hostilité à leur égard », poursuit l’association sur son site.
De son côté, STOP homophobie « salue un jugement qui établit clairement que des propos visant les personnes trans peuvent être sanctionnés par la loi, même sans appel explicite à la haine ». L’organisation se réjouit par ailleurs que le tribunal ait « jugé recevables les constitutions de partie civile des associations », considérant que « la lutte contre l’homophobie inclut les actions contre les discriminations liées à l’identité de genre ».
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Cette information sera mise à jour dès que de nouveaux éléments apparaîtront.

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