Esport : peut-on devenir joueur professionnel en France ?
30 juin 2026
À partir du 1er juillet, les étudiants extra-européens et non boursiers ne toucheront plus les APL
30 juin 2026Le RN à la tête de Carcassonne : « Christophe Barthès ne s’est pas mis dans la peau de maire, il joue encore au candidat », les confessions de François Mourad conseiller municipal d’opposition
Analyse : Notre équipe vous propose une synthèse de cette information.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « Le RN à la tête de Carcassonne : « Christophe Barthès ne s’est pas mis dans la peau de maire, il joue encore au candidat », les confessions de François Mourad conseiller municipal d’opposition ».
Résumé rapide
Quel bilan fait-il des trois premiers mois de l’accession à la mairie de Carcassonne de l’extrême droite ? Quel regard porte-t-il sur l’ampleur médiatique prise par les nombreuses polémiques orchestrées par Christophe Barthès ? Quelle ambition a-t-il pour les échéances électorales à venir alors qu’il est depuis longtemps le premier soutien localement à Édouard Philippe ? Le conseiller municipal d’opposition et chef de file d’Horizons dans l’Aude, François Mourad, se confie à la rédaction de L’Indépendant.
Quel bilan tirez-vous de ces trois premiers mois de Christophe Barthès à la tête de la mairie de Carcassonne ?
Il y a clairement une nouvelle méthode. Christophe Barthès essaie de casser avec le passé, d’instaurer une sorte de rupture. Et il y en avait besoin, comme en témoigne le score réalisé au premier tour des municipales par le maire sortant Gérard Larrat. Je ne serai pas de ceux qui critiquent bêtement juste parce que ça change. La rupture, je l’évoquais déjà dans mon propre programme. Qu’il mise davantage sur l’entretien de la commune, ça me paraît légitime. Ce sont des bases nécessaires. Maintenant, dans la méthode de Christophe Barthès, il y a beaucoup de brutalité. Il y a beaucoup de démagogie. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux et de l’ambition que l’on doit avoir pour Carcassonne. On le savait qu’il fallait prendre des décisions difficiles étant donné la situation financière de la Ville. Les impôts sont déjà parmi les plus élevés de France pour les propriétaires, alors personne ne pouvait imaginer les augmenter encore. La seule vraie marge de manœuvre, c’est de réduire la masse salariale. Nous, on l’avait dit, là, ce n’est pas fait. Donc, je comprends la difficulté.
La politique spectacle de Christophe Barthès ne sert qu’à flatter son électorat RN
Le maire de Carcassonne prétend faire ce qu’il a annoncé pendant sa campagne ? On ne peut pas dire qu’il ait un moment parlé de grands projets.
Le problème, c’est qu’en brutalisant à tel point, il ne prend pas de la hauteur. Au lieu de rassembler et d’élever la ville, il se contente de flatter son électorat RN. Être maire, pour moi, c’est incarner et rassembler, même ceux qui n’ont pas voté pour vous. Là, Christophe Barthès, je le vois encore jouer au candidat. Il ne s’est pas mis dans la peau du maire. Il reste en campagne permanente, il fait du buzz. Il se comporte comme quelqu’un qui n’en revient pas d’avoir été élu. Être maire, c’est aussi présider les oppositions, chercher les points d’accord pour la ville. Moi, je sais reconnaître ce qui est positif, M. Alcaraz aussi. Mais Barthès, non : il ne joue que pour son camp, il continue à faire de la politique spectacle.
À sa décharge, on peut dire qu’on n’a jamais autant parlé de Carcassonne ?
Oui, il se vante qu’on parle enfin de Carcassonne… Mais pour moi, franchement, ce genre de buzz, c’est la honte. Je suis Carcassonnais, je ne peux pas être fier qu’on parle de notre ville uniquement pour ses polémiques et les sorties de route du maire. Lui, il n’est pas Carcassonnais, ça explique pourquoi il ne ressent pas cette honte. Qu’est-ce qu’il compte faire sur le tourisme ? Rien n’a été annoncé, c’était absent de son programme, alors que c’est la première économie du territoire. Même sur la question de la ligne aérienne ou de l’agglo, il n’y a aucune clarté. Il est allé jusqu’à reprendre notre idée de centre de santé avec des médecins retraités, mais c’était un copié-collé sans substance. Et je ne vois pas ce dossier avancer du côté de la mairie. Pourtant, c’est primordial, et je vous le dis : ce projet, nous, on y travaille et il avance.
Est-il facile de se faire entendre dans ce contexte de vacarme médiatique et conflictuel ?
Clairement, ce n’est pas simple de s’imposer dans ce vacarme. Le pire serait pour nous de tomber dans la critique systématique. Il faut savoir laisser sa chance, en tout cas au début. Mais encore faut-il que la nouvelle majorité municipale travaille pour Carcassonne plutôt que de préparer la campagne politique du Rassemblement national pour les présidentielles de 2027. Je suis à jeun de savoir si Christophe Barthès a de l’ambition pour Carcassonne.
Le PS allié à l’extrême gauche et le RN associé à une droite opportuniste m’auront sur leur chemin
Là aussi, ça semble clair, ce ne sera pas le mandat des grands changements ?
Oui, et alors on va faire du buzz et de la provocation en pensant à la prochaine élection ? C’est grave, non ? Le Rassemblement national est vraiment devenu un parti de pantouflards qui se distribue des investitures, qui s’attribue des indemnités. Ce n’est pas Robin des Bois, c’est Robin des Bois en pâte à mâcher. Comment on sort Carcassonne de la pauvreté ? Comment on améliore l’accès des jeunes à l’emploi ? Comment on réintègre des populations nouvelles dans le centre-ville ? Comment on développe l’économie touristique ? La communication et le buzz, ça ne fera pas évoluer la configuration de la commune et la vie des Carcassonnais.
Dans un an, il y aura une élection présidentielle et certainement des élections législatives. Vous êtes proche d’Édouard Philippe depuis plusieurs années. Quel sera votre rôle dans les prochains mois ?
Je vais m’engager entièrement à ses côtés, car on voit aujourd’hui à Carcassonne ce qui pourrait se passer en France. On comprend la colère et l’envie de bouleverser le système. Mais la brutalisation et cette manière de scinder le pays de toutes parts, que l’on vit ici, sont dangereuses. À l’opposé, la gauche a son candidat. Jean-Luc Mélenchon est un candidat sérieux et un tribun redoutable. Mais au final, ce sont les mêmes. Ils disent aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre. Si nous n’avons que ces deux choix, on se réveillera assurément avec la gueule de bois.
Je ne suis pas là pour sauter d’une élection à une autre élection comme le situation le RN. J’ai donné cinq ans de ma vie pour cette campagne des municipales. Pour 2027, je ne ferme aucune porte, mais il faudra que les conditions soient réunies. J’ai 45 ans, je représente en toute modestie la droite et le centre à Carcassonne. Ce qui est certain : je ne laisserai plus une seule élection où il n’y aura que comme choix le Parti socialiste, allié alimentairement à l’extrême gauche, et le Rassemblement national, associé à une droite opportuniste. Ça, c’est terminé, ils me trouveront sur leur chemin.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Notre équipe continuera à suivre l'évolution de cette actualité.

9999999
