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30 juin 2026Analyse : Une analyse rapide pour comprendre cette actualité.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « Guerre des nerfs entre la Chine et le Japon autour du sort de Taiwan ».
Ce qu’il est utile de savoir
Il ne faut pas chercher très loin pour voir resurgir l’animosité entre la Chine et le Japon : le souvenir de l’occupation japonaise de la Mandchourie puis de la guerre sino-japonaise dans les années 1930 n’a jamais été totalement surmonté. Alors lorsque Pékin prend des sanctions contre le Japon à cause de ce qu’il qualifie de « résurgence du militarisme japonais », c’est une référence explicite à l’empire nippon de la première moitié du XX° siècle.
Le contexte est pourtant bien différent : la Chine de 2026 est une superpuissance, pas la République faible et divisée d’il y a 100 ans, tandis que le Japon n’a pas grand-chose à voir avec l’empire expansionniste de l’époque. Ce qui n’a pas changé, c’est la rivalité entre les deux puissances d’Asie de l’Est.
Pékin a imposé hier de nouvelles sanctions à l’encontre de 20 sociétés japonaises, la deuxième salve de restrictions, en plus d’un embargo qui ne dit pas son nom sur les livraisons de terres rares au Japon. Cette guerre économique a pour cause une déclaration de la première ministre japonaise, Mme Sanae Takaichi, l’an dernier, qualifiant toute attaque contre Taiwan de menace à la sécurité du Japon, qui forcerait le pays à intervenir.
Toute la stratégie chinoise vis-à-vis de Taiwan, l’île revendiquée par Pékin, est de persuader les 23 millions de Taiwanais qu’ils n’ont aucune chance face aux 1,4 milliards de chinois, et que personne ne viendra à leur secours. Pékin travaille dur auprès de Donald Trump pour affaiblir l’engagement américain en faveur de Taiwan, et le président américain est devenu plus ambigu.
La sortie de Mme Takaichi, véritable Dame de fer japonaise, vient contrecarrer la stratégie chinoise en offrant une alternative en cas de défection américaine. Surtout à un moment où le Japon fait comme tout le monde : il relance ses dépenses militaires face à deux puissances nucléaires dans son voisinage, la Chine et la Corée du nord.
Avec ces sanctions, la Chine veut montrer au Japon, où la prise de position de la première ministre ne fait pas l’unanimité, qu’il y aura un prix fort à payer pour son hostilité à Pékin – surtout sur le sort de Taiwan qui est considéré comme une affaire intérieure chinoise.
Y a-t-il un risque d’escalade entre la Chine et le Japon ? Le risque n’est pas nul, mais il est faible. A ce stade, on en est à l’intimidation politique. L’embargo sur les terres rares est la mesure la plus sérieuse, mais le Japon avait déjà subi une telle mesure en 2010 et s’est employé depuis à diversifier ses approvisionnements, même si le poids de la Chine reste déterminant dans ces minerais précieux. Donald Trump est intervenu auprès de Pékin pour faire lever ces restrictions sur le Japon, mais les nouvelles sanctions montrent que l’heure n’est pas encore à la détente.
La suite dépendra donc de la stratégie chinoise vis-à-vis de Taiwan. La priorité n’est pas l’action militaire, Pékin privilégie le travail de sape auprès de la population de l’île, dans l’espoir de la voir voter, en 2028, contre le parti souverainiste au pouvoir.
L’option militaire n’est toutefois jamais loin. Les navires chinois sont de plus en plus intrusifs autour de Taiwan, et le Japon a protesté hier contre le comportement de la marine chinoise autour de l’île nippone de Yonaguni, la plus proche de Taiwan. La guerre des nerfs bat donc son plein.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Nous continuerons à partager nos observations sur cette actualité.

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