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30 juin 2026Analyse : Quelques éléments à retenir de cette information pour nos lecteurs.
Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « En Centre-Bretagne, le groupe Imerys pollue l’eau et les élus font grise mine ».
Faits marquants
Fin avril, Emmanuel Macron s’est rendu sur le chantier de la future mine de lithium du groupe Imerys à Échassières (Allier) pour soutenir le projet phare de la relance minière européenne. Coiffé d’un casque de chantier et vêtu d’un gilet orange, le président de la République semblait avoir rejoint les rangs du groupe minier, auquel il a promis un « choc de simplification environnementale ». En février, l’État s’est associé au projet à hauteur de 50 millions d’euros par l’intermédiaire de la Banque des territoires.
Mais alors qu’Imerys a promis en Auvergne une mine « responsable » et un faible impact sur l’eau, la multinationale fait face à une colère grandissante en Bretagne, depuis les révélations de Splann ! sur le déversement de 3 000 litres de produits chimiques en amont de la réserve naturelle régionale de Glomel (Côtes-d’Armor) et de deux captages d’eau potable.
La municipalité de Glomel, jusque-là très favorable à l’entreprise, a délibéré à l’unanimité le 5 avril pour dénoncer, si l’enquête du parquet confirme les faits, une « atteinte grave à l’environnement et à la santé publique, justifiant une déclaration ferme de la collectivité ». Les élu·es protestent aussi contre la délocalisation brutale de sept emplois d’attachées commerciales d’Imerys.
À quelques kilomètres de là, une délibération de la mairie de Mellionnec (400 habitant·es) constate « le mode d’exploitation manifestement défaillant de la mine d’andalousite de Glomel », tandis que le conseil municipal du Faouët (2 800 habitant·es) exige « une surveillance renforcée des captages d’eau » et des « inspections régulières et inopinées » de l’entreprise par les services de l’État.
Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional de Bretagne, a demandé à l’État d’agir. Début juin, la députée insoumise des Côtes-d’Armor, Murielle Lepvraud, a quant à elle interpellé le ministère de l’économie à l’Assemblée nationale : « Entre l’andalousite et l’eau, que choisit-on ? »
15 millions de litres d’effluents acides déversés
C’est dans ce contexte qu’Imerys a présenté son bilan annuel, le 23 juin, face aux élu·es, aux représentant·es des syndicats des eaux, des deux commissions locales de l’eau et des associations.
Selon des élu·es présent·es dans la petite salle municipale de Paule (Côtes-d’Armor), les cadres de la mine ont décrit des incidents liés aux pluies d’hiver. Les bassins d’effluents miniers étaient pleins, les pompes étaient en panne. Au terme d’un échange houleux, le nouveau directeur, Gilles Benveniste, a fini par admettre un « rejet d’eau non conforme » d’une tout autre ampleur fin février 2026. Au total : 15 millions de litres.
De quoi s’agit-il ? Dans le jargon de l’entreprise, cette « eau non conforme » correspond en fait à des effluents acides et corrosifs lourdement contaminés. En ruisselant sur les montagnes de déchets miniers du site, qui s’étendent sur 265 hectares, l’eau de pluie oxyde les sulfures qu’ils contiennent et se transforme en acide sulfurique. Cet acide draine les contaminants métalliques, présents dans les roches, et vient ensuite s’accumuler au pied des verses et au fond des fosses.
Ces 15 millions de litres d’effluents ont été déversés dans le Crazius, un affluent de l’Ellé situé à 1,6 kilomètre en amont de la réserve naturelle régionale de Magoar-Pen Vern et à 6 kilomètres du premier captage d’eau potable. Le second est à 15 kilomètres à vol d’oiseau.
Les cadres d’Imerys ont assuré aux personnes présentes à la réunion que la pollution « s’était diluée très rapidement », raison pour laquelle « seule la Dreal [direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement – ndlr] a été prévenue ». Interrogée par Splann !, l’entreprise reconnaît « ces épisodes de rejet non conforme », qui ont été suivis de « mesures de gestion et de surveillance renforcée ».
De son côté, la Dreal n’a répondu à aucune demande concernant cet accident, ce qui a conduit l’association Eau et rivières de Bretagne à saisir la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada), le 24 juin, pour obtenir « toute information environnementale contenue dans tout échange entre Imerys et la Dreal depuis le 1er janvier 2026 ».
La réserve naturelle non informée
D’après la dernière enquête publique, les eaux minières non traitées du site de Glomel sont particulièrement acides. Elles présentent un pH de 3,6 quand l’eau potable est à 7.
On y trouve 340 fois plus d’aluminium, 960 fois plus de fer, 600 fois plus de manganèse et 6 fois plus de sulfates que les limites de qualité pour les eaux destinées à la consommation (avant potabilisation). Elles pourraient aussi contenir des substances toxiques, comme du nickel, de l’arsenic et du cadmium.
Selon la procédure normale, avant d’être rejetées, elles auraient dû être décantées, traitées à la chaux puis par ozonation pour éliminer l’acidité et réduire les taux de contaminants.
« Nous sommes atterrés, réagit Aline Bifolchi, conservatrice de la réserve naturelle régionale, présente à la réunion. Il est inacceptable d’avoir l’information des mois plus tard. Il aurait fallu faire des mesures en direct. Où sont partis tous ces contaminants ? Dans le fond de la rivière ? Dans les prairies humides autour ? Nous exigeons une transparence totale sur les dysfonctionnements de cette mine. »
L’Association de mise en valeur des sites naturels de Glomel (AMV), qui gère la réserve, bénéficiait depuis dix ans du mécénat d’Imerys et réalisait des études naturalistes pour le compte de l’entreprise. Une proximité qu’Imerys a volontiers mise en avant pour faire passer son projet de creuser une quatrième fosse minière, dont les premiers dynamitages ont eu lieu en 2025.
Depuis les révélations de Splann ! sur les pratiques de l’entreprise, l’association a mis fin à tous ses partenariats avec Imerys. « On ne peut pas protéger la réserve et toucher de l’argent de l’entreprise accusée de la polluer », explique Aline Bifolchi.
Fin 2024, lorsque les analyses de Splann ! ont montré que les cours d’eau de la réserve étaient pollués aux métaux toxiques, la région, autorité de classement de la réserve, a écrit à la préfecture pour exiger une étude indépendante sur l’impact de la mine, avec des analyses complémentaires : aucune réponse. En avril, à la suite de l’affaire du déversement de produits chimiques, la région et l’AMV ont réitéré leur demande. Toujours pas de réaction.
L’intercommunalité veut lancer une étude environnementale et sanitaire indépendante
Contactée, la préfecture des Côtes-d’Armor affirme avoir mené chez Imerys Glomel « une inspection le 30 avril dernier suite aux dénonciations de Splann ! ». Deux mois plus tard, le examen reste « en cours de finalisation ». Qu’en est-il de l’étude environnementale et sanitaire indépendante que demandent la réserve, les communes et les associations Refrac’terres et Douar Bev ? « Le législateur a prévu que les exploitants d’ICPE [installations classées pour la protection de l’environnement – ndlr], et notamment de carrières, réalisent, à leurs frais, les contrôles d’autosurveillance qui leur sont imposés », a répondu la préfecture.
« On ne peut pas se fier à des mesures payées par l’entreprise », a tranché Sandra Le Nouvel, présidente de la communauté de communes du Kreiz Breizh (18 563 habitant·es), à l’issue de la rencontre avec Imerys, qui aura duré trois heures.
Actant l’absence des services de l’État à ce rendez-vous pourtant très attendu, elle a annoncé que la communauté de communes allait diligenter « une étude indépendante sur l’impact des activités extractives du territoire ».
Source : www.mediapart.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

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