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Quelques points clés à retenir concernant « Montredon 1976 : Bernard Revel, la mémoire vive d’un monde qui souffre encore ».
Ce qu’il est utile de savoir
Le 4 mars 1976, à Montredon-des-Corbières, la confrontation entre viticulteurs et forces de l’ordre tournait au drame, avec deux morts : Emile Pouytes et Joël Le Goff. Cinquante ans plus tard, l’ancien journaliste de L’Indépendant Bernard Revel a mis en mots ce que beaucoup ont vécu dans leur chair. Son livre, « Montredon, souviens-toi vigneron », sera dédicacé le 1er juillet sur les lieux mêmes du drame. Entretien avec un témoin devenu historien.
Pourquoi un nouveau livre sur Montredon ?
Pour moi c’était important de le publier pour le 50e anniversaire, car les pouvoirs publics et la presse parisienne ont oublié. Pour eux, c’est un non-événement. Je pense être le seul qui raconte dans le détail l’histoire de ces femmes et de ces hommes qui se sont levés tous les jours contre les importations massives de vin, pour en relever le prix, voulant vivre dignement de leur travail et non pas recevoir l’aumône. Pendant deux ans, ils ont manifesté ou participé à des actions quasi quotidiennement.
Peut-on dire que le gouvernement a créé les conditions de la fusillade ?
Oui, je le pense. On l’explique par le poids réel des figures du mouvement. Des gens comme André Cases, Emmanuel Maffre Baugé, Michel Romain avaient un pouvoir énorme qui faisait trembler le gouvernement.
A-t-on tout dit sur Montredon ?
Non, tout n’a pas été dit, notamment le comportement du gouvernement.
Tout le monde était solidaire de la lutte des viticulteurs, ce qui ne s’était jamais vu encore : les élus, mais aussi les syndicats ouvriers commerçants, artisans et enseignants. Une grande manifestation régionale était prévue, en avril 1976 à Montpellier, rassemblant les forces vives de la région, dont les Occitanistes avec Claude Marty. Il y avait une réelle menace contre le pouvoir parisien qui a voulu casser le mouvement en faisant passer les viticulteurs pour des gens très violents, incontrôlables. Les CRS ont eu pour consigne de durcir leur action. À Thézan, quelques mois avant Montredon, des jeunes vignerons ont été passés à tabac par les CRS. Le lendemain, les viticulteurs ont barré la nationale, à Montredon. Et pendant qu’ils faisaient ce barrage la nuit, les CRS ont cassé les voitures des viticulteurs garées du côté de la Caille qui Chante.
Ce crescendo ne pouvait que créer des conditions de la fusillade ?
Oui, les jeunes disaient : « Si ça continue, on va prendre les fusils ». C’est une phrase qu’on entendait souvent. Au début, on ne prenait pas ça au sérieux, mais effectivement, il y avait des hommes qui allaient manifester avec un fusil dans le coffre de la voiture.
Si vous deviez retenir une leçon de Montredon ?
De ne plus s’en tenir à des solutions à court terme, ce qui a toujours été le cas. On distillait la surproduction. Les politiques ont accordé l’arrachage, donnant un élan de trésorerie, mais au détriment de l’outil de travail. On leur faisait des promesses, qui n’étaient jamais tenues. La seule proposition du gouvernement, c’était la distillation. Mais l’une des figures et pionnier de la qualité du vin, Jean Vialade l’avait bien exprimé, lui qui avait distillé une médaille d’or de Paris, les vignerons qui ont arraché pour planter des cépages améliorateurs ne s’y sont pas retrouvés dans cette disposition.
Quel regard portez-vous sur le syndicalisme aujourd’hui ?
Il n’est pas mort, il est toujours actif mais il n’a pas la force d’autrefois. Les viticulteurs étaient nombreux dans les années 70 : les manif, c’était 30 000 personnes ! Un poids énorme. L’adversaire n’est plus le même, c’était l’Europe.
Comment voyez-vous l’évolution de la viticulture ?
Moi qui suis d’un naturel optimiste, je me demande si dans 20 ans il y aura encore des vignes dans le Midi à cause du réchauffement climatique et du manque d’anticipation.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : La rédaction continuera à observer cette actualité pour informer ses lecteurs.

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