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30 juin 2026Analyse : Notre rédaction a examiné les faits et propose un résumé rapide.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « La Hongrie peut-elle passer à l’euro d’ici à 2030 ? ».
Points clés à retenir
L’occasion était idéale. Vendredi 26 juin, lors de la visite du président de l’Eurogroupe à Budapest, Peter Magyar déclarait que la Hongrie souhaitait “remplir les conditions d’adhésion à la zone euro vers 2030”, relate Hirado.hu. Cet objectif peut “contribuer à la stabilité et au développement du pays” et “renforcer la confiance des entreprises, des investisseurs et de la population”, considère le Premier ministre hongrois, repris par le site de l’audiovisuel public.
L’exécutif “présentera cette année le plan budgétaire à moyen terme qui trace la voie pour satisfaire aux critères d’adoption de l’euro”, affirmait le même jour le ministre des Finances, Andras Karman, cité par le portail Origo. Peter Magyar certifie que la Hongrie “n’a pas besoin d’austérité” pour le passage à l’euro qu’il prônait pendant sa campagne, entend “consulter” la population et assure que les “Hongrois veulent” la monnaie unique, rapporte le site 24.hu.
Large soutien de la population
“Les trois-quarts de la population [73 %] souhaitent que la Hongrie adopte l’euro” et “92 % des partisans de Tisza”, le parti de Peter Magyar, appuie un sondage de l’institut Median relayé par HVG. “La seule divergence porte sur la date”, poursuit le titre, car “22 % des interrogés estiment que nous devrions introduire l’euro au plus vite” tandis que “51 % souhaitent une préparation plus longue et minutieuse” avant d’abandonner le forint, ajoute l’hebdomadaire.
La Hongrie “ne remplit aucune des conditions requises pour l’adhésion à l’euro d’après le dernier rapport sur la convergence” publié par la Banque centrale européenne, indique Telex. En avril dans le même média, l’économiste Sandor Jobbagy défendait la “mise en place d’une politique économique durablement viable” qui permettrait ensuite une adhésion “facile et utile” à l’euro “dans un délai réaliste de cinq voire six ans, sous réserve que tout se déroule idéalement”.
“L’euro est encore très loin”, parce que “nous ne remplissons pas les critères d’inflation, de taux d’intérêt à long terme, de budget et de législation financière”, insiste Portfolio. La Hongrie “n’a jamais été aussi proche politiquement de l’adhésion à l’euro depuis les années qui ont précédé la crise financière de 2008-2009”, mais “le soutien populaire et la volonté politique ne servent à rien si les critères économiques ne sont pas respectés”, assène le portail spécialisé.
Budapest “devra cravacher”
La Hongrie “s’est éloignée de la zone euro faute de véritable politique économique ces quinze dernières années”, mais “il existe désormais une chance réelle”, juge Peter Akos Bod, ancien gouverneur de la Banque nationale, repris par Szeretlek Magyarorszag. “Nous ne serons ni plus fortunés ni plus pauvres d’un coup, mais l’économie deviendra plus prévisible”, ajoute l’expert, qualifiant le forint de “fardeau pour l’économie” et de “casse-tête pour les ménages”.
La promesse de Magyar “n’est pas impossible à tenir” et “l’objectif 2030 est réalisable selon les experts avec une politique prévisible et rigoureuse”, entre “réformes globales”, “politique budgétaire crédible” et “réduction significative de la dette publique”, remarque Index. Parmi les pistes envisageables, “une réforme des retraites pourrait être nécessaire”, parce que “le système deviendra insoutenable à l’avenir en raison des tendances démographiques défavorables”, fait observer le site.
La Hongrie “devra cravacher” et “il ne sera pas simple de remédier aux conséquences de la politique économique hasardeuse” du pouvoir précédent, commente Nepszava. “Bruxelles se méfie de la moindre fluctuation du forint” et “ni le déficit ni la dette publique ne sont acceptables en raison des dépenses irresponsables du gouvernement Orban”, avertit le journal, jugeant qu’il faudra “justement une mandature pour entrer dans le vestibule de la zone euro”.
Source : www.courrierinternational.com
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