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7 mars 2026Le commerce nucléaire français « alimente la machine de guerre » de la Russie, dénonce Greenpeace
PASCAL GEORGE via Getty Images
Greenpeace dénonce, dans un rapport publié le 28 janvier 2026, la poursuite d’un commerce nucléaire « insupportable » entre France et Russie. (Photo d’illustration de la centrale nucléaire du Bugey prise en 2003.)
L’ONG documente un « trafic radioactif » entre EDF et Rosatom. Près de quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, Greenpeace dénonce dans un nouveau rapport, publié ce mercredi 28 janvier, la poursuite du commerce nucléaire entre la France et la Russie, un domaine épargné par les sanctions internationales.
Ni la France ni l’UE n’ont « mis fin à leurs relations commerciales avec Rosatom », le géant nucléaire public russe, déplore Greenpeace dans un communiqué.
La France importe des quantités importantes d’uranium enrichi, le combustible des centrales nucléaires, en Russie ainsi que d’uranium naturel provenant du Kazakhstan et d’Ouzbékistan et transitant par ce pays, rappelle l’ONG antinucléaire.
« Notre pays alimente l’économie russe »
« La France continue à importer de l’uranium enrichi russe, que ce soit sous forme d’uranium naturel enrichi ou d’uranium de retraitement (uranium recyclé, ndlr) réenrichi (URE) », à hauteur de 18 % du total de ces importations, selon cette étude basée sur l’analyse des chiffres des Douanes françaises, à fin septembre 2025.
En 2025, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, deux ex-républiques soviétiques, ont fourni la moitié (49,9 %) de l’uranium naturel importé en France.
Or selon Greenpeace, « une grande partie » de ces importations « transite toujours par le territoire russe entre les mains de Rosatom avant d’être livrée aux ports de Dunkerque ou de Rotterdam et acheminée notamment vers les usines Orano », le géant français du cycle de l’uranium. « L’État russe continue à maintenir un contrôle fort sur le secteur minier kazakhstanais », souligne encore l’ONG.
Pour Pauline Boyer, chargée de campagne pour Greenpeace France, citée dans le communiqué, « notre pays alimente (…) l’économie russe et, par extension, sa machine de guerre ».
Greenpeace appelle le gouvernement à sanctionner Rosatom
« Le gouvernement français et l’Europe doivent sanctionner Rosatom pour envoyer un signal fort et mettre fin à l’impunité dont jouit la première entreprise au monde à avoir pris les commandes d’une centrale nucléaire étrangère par la force (la centrale ukrainienne de Zaporijjia). Dans ce contexte, le commerce nucléaire avec Rosatom est insupportable », souligne-t-elle.
À ce stade, la Commission européenne n’a pas donné de calendrier pour l’interdiction des importations de produits nucléaires russes dans l’UE, un sujet au cœur d’intenses tractations entre les 27.
L’étude de Greenpeace actualise les données d’un rapport publié en mars 2023, dans lequel l’ONG dénonçait déjà la « dépendance » française envers l’atome civil russe.
Interrogé par le journal Le Monde, le cabinet du ministre de l’Économie Roland Lescure a réagi, assurant que le gouvernement est « déterminé à réduire la dépendance à la Russie dans tous les domaines, y compris le nucléaire ».

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