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Pour son édition 2026, le Pop Women Festival de Reims met à l’honneur le « test de Bechdel », qui permet de montrer le manque de représentations féminines dans le cinéma.
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C’est le rendez-vous des combats féministes dans la culture. La cinquième édition du Pop Women Festival se tient du 5 au 7 mars à Reims. Cette année, le festival a décidé de consacrer une exposition au travail d’Alison Bechdel. L’Américaine est notamment à l’origine du « test de Bechdel« , qui s’est imposé dans le milieu du cinéma pour jauger le sexisme des scénarios de film.
Inventé dans les années 1980, ce test met en évidence le manque de représentation féminine à l’écran. La méthode est simple : il s’agit d’analyser dans un film s’il existe au moins une scène avec deux personnages féminins nommés, qui parlent ensemble et d’autre chose que d’un homme. Si ces trois critères sont respectés, alors le film passe le test de Bechdel.
Pour une majorité d’œuvres, c’est raté. De Rain Man à Gladiator, plus de la moitié des films ayant remporté l’Oscar du meilleur film échouent au test. Dans un Disney comme Aladdin, Jasmine est toute seule. Pour Alison Bechdel, il s’agit là de règles de « féminisme hyperbasique« . « Je trouve ce test pertinent mais je n’ai jamais voulu l’ériger en règle, c’était juste une blague imaginée il y a des décennies« , dévoile Alison Bechdel.
Pour l’essayiste Iris Brey, ce test reste « un petit outil extrêmement facile à manier« . Elle, qui vient de publier « La Véritable Histoire du test de Bechdel » chez Denoël, développe : « Toutes ces questions-là utilisent souvent le ton de l’humour pour que les personnes ne se braquent pas, mais se rendent compte de l’invisibilisation ».
« On peut rire de tout ça, mais il faut quand même prendre conscience du sexisme généralisé de l’industrie du cinéma ».
Iris Brey, essayisteà franceinfo
Le test est apparu dans une série de BD, dans les années 1980, intitulée « Gouines à suivre« . À l’époque, ce tirage confidentiel n’a eu aucun impact. « Pendant 20 ans, on n’en entend pas parler, relate Iris Brey. Et en 2005, ça commence à émerger sur des blogs et le test de Bechdel va vraiment ressurgir en Europe en 2013, quand certains cinémas suédois vont appliquer le test à des sorties de films. Ça devient dans le milieu culturel un test qui va beaucoup plus circuler.«
Des détracteurs lui reprochent son côté binaire. Gravity d’Alfonso Cuarón, par exemple, échoue au test puisque le personnage de Sandra Bullock est seul dans l’espace. Mais l’idée générale fait son chemin. « C’est très gratifiant de voir comment ça a pu changer les choses, se réjouit Alison Bechdel. Tout n’est pas encore parfait, mais beaucoup plus de films essayent au moins de présenter leurs personnages féminins comme des êtres humains à part entière. »
Leur présence à l’écran est aussi liée à la présence des femmes à l’écriture. Sur 4 000 films analysés par le média américain Polygraph, tous ceux scénarisés par des femmes réussissaient le test de Bechdel.

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