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« Où veux-tu que j’aille ? Imagine à 67 ans, dormir dans la rue. Même les chiens on les met dans les maisons », s’émeut Fawzi, 67 ans, au micro de RMC. Le reportage de nos envoyées spéciales au coeur de la banlieue sud de Beyrouth, pilonnée par Israël.
Les frappes israéliennes ont fait plus de 300 morts dans le sud du Liban, dans la plaine de la Bekaa (à l’est) et dans la banlieue sud de Beyrouth. Jeudi soir, un ordre d’évacuation inédit a été lancé : l’armée israélienne a appelé les habitants à quitter quatre quartiers entiers de la capitale libanaise. Un appel renouvelé samedi soir. Nos envoyées spéciales, Inès Zeghloul et Marion Gauthier, sont sur place.
Devant un immeuble pulvérisé par un missile israélien vendredi soir, la poussière flottait encore au-dessus des ruines vingt-quatre heures après l’explosion, preuve de sa violence. D’un côté, la zone évacuée : des bâtiments détruits, des magasins fermés aux rideaux de fer baissés, un scooter qui traverse une rue presque vide. Dix mètres plus loin à peine, la circulation reprend et des commerces restent ouverts.
« Il y a beaucoup trop de mecs armés »
Les Libanais appellent cette banlieue sud la « Dahye », c’est le fief du Hezbollah. On est en voiture avec Nada, notre fixeuse. « On arrive à l’endroit de la frappe, l’immeuble là-bas et un autre par terre, tu vois ? Tu as vu, il y avait un mec à moto armé… il faut juste faire attention. Quand on finit ce tour-là j’aimerais qu’on sorte d’ici, il y a beaucoup trop de mecs armés autour », dit-elle.
Ces hommes armés sont soit des partisans du Hezbollah, soit des habitants qui protègent leur immeuble, notamment contre d’éventuels pillages. La tension est forte dans ce quartier presque interdit aux journalistes. Le Hezbollah surveille les entrées et sorties. Et la menace vient aussi du ciel : l’armée israélienne bombarde régulièrement la zone, accusant le mouvement chiite, proche de l’Iran, d’y installer ses centres de commandement et d’y cacher des armes.
Malgré l’ordre d’évacuation, les quartiers ne sont pas vides. Certains habitants refusent de partir ou sont revenus après avoir passé des nuits difficiles sur le bord des routes ou sur des parkings de Beyrouth. Beaucoup font des allers-retours, entre deux bombardements.
« J’ai des palpitations, on n’a plus de nerfs »
Dans une rue, Fawzi, 67 ans, tient un sac en plastique dans une main et un chapelet musulman dans l’autre. Il parle vite, les yeux écarquillés, visiblement choqué. « Je viens de sortir de chez moi, il y a eu beaucoup de tirs en l’air, ça veut dire qu’il va y avoir une frappe israélienne. C’est terrifiant… imagine : tout un immeuble qui disparaît d’un coup, d’un coup ! Je vois la mort seconde par seconde », dit-il au micro de RMC.
Il poursuit: « J’ai des palpitations, on n’a plus les nerfs. Moi maintenant j’espère qu’un missile me tombe dessus et que je ne sente rien. J’ai peur mais je rentre quand même dormir chez moi. Où veux-tu que j’aille ? Imagine à 67 ans, dormir dans la rue. Même les chiens on les met dans les maisons. Qu’Israël ait pitié de nous. Pauvre de nous… »
La pluie est tombée samedi matin et les températures peuvent descendre sous les 10 degrés. Fawzi montre des tentes installées sur les trottoirs : quelques matelas, des tapis de prière, des enfants. Quatre femmes sont assises sur des chaises en plastique.
« Nous voulons que notre frontière soit respectée, que notre peuple soit en sécurité »
Solan est là depuis trois jours. Elle est arrivée après le premier ordre d’évacuation envoyé par Israël. « Oui, il y a beaucoup de gens à Dahye. On va toujours voir nos maisons et on revient ici. L’immeuble voisin du mien s’est effondré mais ma maison est toujours debout… je crois. Je n’y suis pas encore allée aujourd’hui. Nous voulons que notre frontière soit respectée, que notre peuple soit en sécurité… Depuis ma naissance, il y a des guerres. Nous voulons vivre en paix. »
Quand elle parle de frontière, Solan évoque l’avancée de l’armée israélienne dans le sud du pays. Les combats directs y ont repris avec le Hezbollah. Israël affirme vouloir « empêcher les tirs (partant du Liban) sur les communautés » israéliennes vivant près de la frontière. Cette semaine, plus de 80 villages libanais ont reçu l’ordre d’évacuer. La zone concernée représente environ 8 % du territoire libanais.

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