
pas encore de réaction de la Maison Blanche suite à la nomination du nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei
9 mars 2026
Municipales 2026 à Narbonne : dans les quartiers nord de Crabit et des Amarats, les habitants mènent une existence paisible entre ville et campagne
9 mars 2026Pourquoi ce décret présidentiel de Trump sur ce puissant désherbant concerne aussi une arme de guerre
PHILIPPE HUGUEN / AFP
Le décret de Donald Trump sur le Roundup vise aussi à garantir la production américaine de phosphore blanc, utilisé dans certaines munitions militaires.
À première vue, la décision semble concerner uniquement l’agriculture. Mais derrière ce décret présidentiel récemment signé par Donald Trump pour protéger la production du célèbre herbicide Roundup se cache en réalité un enjeu bien plus stratégique : l’approvisionnement de l’armée américaine en phosphore blanc, une substance utilisée dans certaines munitions.
Le texte du décret mentionne en effet la production de phosphore élémentaire, présenté comme essentiel pour la « préparation militaire et la défense nationale » des États-Unis. Ce matériau chimique sert notamment à fabriquer certaines munitions utilisées pour produire des écrans de fumée, marquer des cibles ou déclencher des incendies. Mais ce phosphore blanc est aussi au cœur d’une autre industrie bien plus connue : celle du Roundup.
Aux États-Unis, une seule entreprise en produit : le groupe allemand Bayer. Depuis le rachat de Monsanto en 2018, le géant de l’agrochimie fabrique le glyphosate (l’ingrédient actif du célèbre herbicide) et exploite également la seule installation américaine capable de produire du phosphore blanc, située dans l’État de l’Idaho.
Autrement dit, cette même chaîne industrielle alimente à la fois l’agriculture américaine et certaines capacités militaires.
Et c’est précisément ce lien qui explique l’intervention de l’administration Trump selon le New York Times. Ainsi si la production de glyphosate venait à s’arrêter aux États-Unis, le pays pourrait perdre à la fois un herbicide largement utilisé par les agriculteurs mais aussi sa principale source nationale de phosphore blanc pour l’armée. Or la production de Roundup est aujourd’hui fragilisée.
Depuis plusieurs années, Bayer fait face à des milliers de poursuites judiciaires liées au glyphosate. Le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé, a d’ailleurs classé cette substance comme « probablement cancérogène pour l’homme ».
Le groupe allemand a déjà versé des milliards de dollars d’indemnités pour régler certains litiges. Si ces pressions juridiques continuaient de s’intensifier, l’entreprise pourrait décider de réduire ou d’abandonner la production de Roundup dans le pays. Un scénario qui inquiète Washington, car il pourrait aussi entraîner la disparition de la seule source « locale » de phosphore blanc.
Le phosphore blanc est lui-même très controversé. Cette substance s’enflamme spontanément au contact de l’air et peut provoquer de graves brûlures, les particules continuant à brûler tant qu’elles restent exposées à l’oxygène.
Si son utilisation n’est pas interdite par le droit international, celle-ci devient illégale lorsqu’elle vise directement des civils ou qu’elle est utilisée dans des zones habitées.

9999999
