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9 mars 2026La photo à la une de l’hebdomadaire marocain TelQuel est en noir et blanc, comme pour souligner la gravité du moment. Dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche se trouvent le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le président américain Donald Trump, qui semblent concentrés. Un couple occupé aux affaires du monde. Et le titre marocain de poser la question : “Guerre au Moyen-Orient. Leur monde à eux… Et nous dans tout ça ?”
Tel Quel consacre un dossier complet à la guerre déclenchée ce 28 février et aux incertitudes économiques et géopolitiques qui l’entourent. Dans ce fatras géopolitique, le Maroc a condamné les tirs de missiles iraniens contre les pays du Golfe, sans toutefois “commenter” l’opération militaire lancée contre l’Iran par Washington et Tel-Aviv. Déjà, en juin 2025, lors de la “guerre des douze jours”, Rabat n’avait publié aucune déclaration officielle.
“Loin d’être anodin”
Ce nouveau “silence sélectif”, comme le qualifie le titre marocain, est “loin d’être anodin”, car il “reflète un positionnement géopolitique calculé, au croisement de l’hostilité historique [du Maroc] envers Téhéran, de la coopération stratégique avec Washington, et des négociations en cours sur le Sahara”.
Le Maroc avait unilatéralement rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran en 2018, sur fond d’accusations portant sur des livraisons d’armes au mouvement indépendantiste sahraoui, le Front Polisario. Rabat accusait également Téhéran d’avoir dépêché des experts militaires du Hezbollah, le mouvement chiite libanais, dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, en Algérie, pour former des combattants à la guérilla urbaine.
Mais, complète Tel Quel, ce silence marocain s’explique aussi par la “dépendance stratégique” du pays envers les États-Unis, dont l’ampleur n’a cessé de croître depuis les accords d’Abraham de décembre 2020. En outre, cette guerre intervient en pleines négociations sur le Sahara occidental, menées sous l’égide américaine, au cours desquelles le Maroc espère voir son plan d’autonomie sous souveraineté marocaine enfin avalisé. Rabat n’entend donc pas fâcher Donald Trump.
Mais dans un autre article du dossier consacré à cette guerre, la question économique est également abordée. TelQuel en est certain : la guerre contre l’Iran touche et touchera le monde, en raison de la hausse inévitable du prix du pétrole. Déjà, quelques chiffres, dont la hausse de 12 % du prix du baril entre le 27 février au soir et le 2 mars au matin, inquiètent les consommateurs marocains, souligne l’hebdomadaire.

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