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10 mars 2026REPORTAGE. « Ce n’est pas l’Amérique d’abord » : le piège d’une guerre en Iran impopulaire pour Donald Trump
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Dans l’est du Tennessee, l’un des bastions de Donald Trump, les habitants continuent majoritairement à soutenir leur président, malgré la guerre et l’impact sur leur quotidien. Certains, dont des vétérans, espèrent néanmoins que cette dernière ne s’éternise pas, et qu’aucune troupe au sol ne soit déployée en Iran.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Aux portes des Appalaches, bienvenue dans l’Amérique qui a voté à 80 % pour Donald Trump. Dans cette partie du Tennessee (Etats-Unis), il existe une concentration unique de boutiques à l’effigie du président. Nous avons rendez-vous dans l’une d’elles, où ses admirateurs viennent se fournir. Cody Forrester, le patron, nous accueille. Un indéfectible partisan du président. « On a un drapeau qui est en rupture de stock. Celui avec Trump en sauveur de l’Amérique », nous montre-t-il. Pour lui, la guerre, le régime iranien l’a bien cherchée : « Ils auraient dû écouter ce que Trump leur demandait. Il leur disait : ‘Ne faites pas ci ou ne faites pas ça, suivez nos règles’. S’ils avaient fait ça, ils n’auraient pas eu de problème ».
Dans l’arrière-boutique, sa femme Mindy travaille sur les nouveaux modèles de t-shirts, à l’effigie de l’opération militaire en cours. Elle est plus mal à l’aise vis-à-vis de cette guerre, mais elle ne retire pas pour autant sa confiance au président : « Ça me dérange. Je comprends pourquoi il le fait, mais je n’aime pas la guerre. Je pense qu’il fait ce qu’il faut pour faire passer l’Amérique en premier et nous garder en sécurité ».
Donald Trump a pourtant fait campagne sur le fait qu’il ne déclencherait pas de nouvelles guerres. Alors a-t-il renié sa parole ? Ces terres républicaines accueillent l’une des plus grandes bases militaires du pays, Fort Campbell. 30 000 soldats, dont certains sont déployés au Moyen-Orient. Un couple a son fils et son petit-fils dans l’armée et ils sont venus leur rendre visite, non sans inquiétude. « Mon petit-fils s’est entraîné pour ce type d’opération et il a deux enfants et sa femme aussi est soldate », explique la femme. « Je crains que nous n’ayons pas de plan de sortie, voire pas de plan du tout. On est restés vingt ans en Afghanistan et on ne veut plus ça », assure l’homme.
Autour de la base, c’est toute une ville qui vit de la présence militaire, avec ses bureaux de recrutement et ses magasins d’équipement spécialisés. Mike Raleigh nous accueille dans le sien. « Parfois, ils ont juste besoin d’une gamelle pour leur repas, d’une paire de genouillères en plus ou tout simplement d’une gourde », indique-t-il. Lui, comprend le revirement de Donald Trump et son choix d’engager le pays sur le chemin de la guerre : « J’aime le fait que malgré ses réticences, il ait jugé qu’il fallait le faire. Il a eu le courage de changer d’avis. D’autres présidents ne l’auraient pas fait et auraient laissé un autre pays nous gifler ».
Mais qu’en pensent ceux qui ont servi sous les drapeaux ? Nous avons rendez-vous avec un groupe de passionnés de Jeep. Ici, on affiche son patriotisme jusque sur le châssis de la voiture. « Mon père est un vétéran et j’en ai quatre autres dans ma famille. C’est important pour moi », confie un homme. Ce soir-là, c’est un ancien de la Navy qu’ils viennent voir chanter. La guerre se déroule à près de 11 000 kilomètres, mais elle est malgré tout présente dans les esprits. « Le président fait un boulot incroyable et je ne demande pas mieux que de le voir continuer à nous protéger et à protéger nos intérêts », assure Tim Scott, vétéran de la Marine américaine.
John Shockley, ancien combattant du Vietnam, se dit favorable aux frappes contre le régime iranien, mais il s’interroge sur la suite, notamment sur l’envoi de troupes au sol. « Je faisais partie des troupes au sol au Vietnam. Ça serait terrible. On a déjà perdu plusieurs soldats. Au Vietnam, on en a perdu 58 000 et 2 millions de Vietnamiens », rappelle-t-il. Mais d’autres voient surtout l’impact économique de cette guerre dont la durée est incertaine. « Les prix au supermarché atteignent des sommets. Et dans cette ville, le prix de l’essence a augmenté de 20 centimes le litre en l’espace d’à peine quelques jours. Alors non, ce n’est pas l’Amérique d’abord, c’est Trump d’abord », déplore Roger Tison, vétéran des Marines.
L’Amérique a élu Donald Trump sur les promesses de pouvoir d’achat revigoré. De ses détracteurs à ses partisans les plus fervents, elle sera attentive à l’évolution de la guerre et à son impact sur les prix du quotidien.

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