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10 mars 2026La guerre de Trump contre l’Iran prendra fin lorsqu’il déclarera la victoire, la seule question est : quand ?
ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
Donald Trump, ici le 4 mars, a estimé que la guerre en Iran est « bientôt terminée ».
Quand Donald Trump déclarera-t-il la victoire en Iran ? De la réponse à cette question dépendra si les militaires américains resteront exposés au danger pendant quelques jours, quelques semaines, quelques mois, voire plus longtemps et si le prix de l’essence aux États-Unis s’approchera des 5 dollars le gallon comme en 2002 (il est aujourd’hui à 3,25).
Trump est connu pour s’être déjà rétracté après certaines déclarations lorsque des catastrophes économiques menaçaient un comportement qui lui a même valu le surnom de TACO pour Trump Always Chickens Out (Trump finit toujours par se dégonfler). Mais des économistes et des experts en sécurité nationale avertissent que même s’il finit par faire volte-face, beaucoup de dégâts ont déjà été causés et ne seront pas faciles à réparer.
« Même si cela se terminait aujourd’hui, et rien n’indique que ce soit le cas, d’énormes ressources ont déjà été dépensées pour la guerre. La période de prix élevés du pétrole aura un coût, et je m’attends à ce que l’incertitude continue de maintenir les prix du pétrole à un niveau élevé à l’avenir, a déclaré Jason Furman, ancien économiste principal à la Maison-Blanche sous Barack Obama et aujourd’hui professeur d’économie à Harvard. Quoi qu’il arrive, nous avons déjà payé et nous continuerons de payer pour cela. »
Peut-on vraiment prédire les décisions de Trump ?
Lundi, Donald Trump a déclaré qu’il pensait que la guerre avançait plus vite que prévu. « Je pense que la guerre est pratiquement terminée, a-t-il déclaré à CBS News. Ils n’ont plus de marine, plus de communications, ils n’ont plus d’armée de l’air. » Mais il n’a donné aucune indication concrète sur la durée pendant laquelle il continuera d’attaquer l’Iran. Il avait auparavant affirmé qu’il faudrait des semaines pour atteindre ses objectifs, mais il a aussi déclaré qu’il ne permettrait pas au régime iranien de remplacer son guide suprême Ali Khamenei par son fils. Pourtant, durant le week-end, l’Iran a fait exactement cela, en nommant Mojtaba Khamenei.
Les traders de Wall Street, à qui l’on attribue la création du surnom TACO, semblent penser qu’un recul pourrait arriver bientôt. Les marchés boursiers ont clôturé en hausse lundi après que le prix du baril de pétrole est tombé sous les 90 dollars, après avoir dépassé les 120 dollars plus tôt.
Mais tenter de prévoir la prochaine décision de Trump reste une science incertaine. Alors que la plupart des observateurs pensaient que le président n’enverrait jamais de troupes au sol en raison du coût politique évident, le scénario est bien d’actualité. « Il avait toute la semaine dernière pour déclarer la victoire. Maintenant, cela ressemble plutôt à une défaite. Nous avons fait tout cela pour remplacer Khamenei par son fils ? Pourquoi parle-t-il constamment d’envoyer des troupes au sol ? Rien que d’en parler est une catastrophe pour les marchés. Donc j’imagine qu’à ce stade c’est ce qu’il compte faire », a déclaré Robert Kagan, ancien responsable du département d’État sous Ronald Reagan et aujourd’hui analyste à la Brookings Institution. « Une semaine avec un pétrole à 100 dollars pourrait-elle lui faire changer d’avis ? Bien sûr. »
La menace iranienne sur Ormuz va peser
Même si la situation ne s’aggrave pas davantage et que le pétrole brut recommence à sortir du golfe Persique dans les prochains jours, les conséquences négatives pour les entreprises et les consommateurs américains — ainsi que pour la réputation internationale du pays — pourraient durer des mois, des années, voire indéfiniment, avertissent les experts.
Moins de deux heures après le début de la vaste campagne de bombardements et de tirs de missiles, un missile américain a tué environ 175 personnes, pour la plupart des enfants, dans une école près d’une base militaire iranienne, selon plusieurs analyses. Sept militaires américains ont été tués ou mortellement blessés dans ces premières heures. Peu après est venue la fermeture de facto du détroit d’Ormuz, limitant une grande partie du flux pétrolier mondial, suivie d’attaques contre les infrastructures pétrolières et gazières dans toute la région par les États-Unis, Israël et l’Iran.
« Je pense qu’il y aura un “nouveau normal” au Moyen-Orient, qui ne dépendra plus des États-Unis pour sa défense, avec un Iran furieux et boudeur, encore plus dur et désireux de se venger. Les États du Golfe vont s’armer jusqu’aux dents », a déclaré Jim Townsend, ancien responsable au Pentagone et à l’Otan, aujourd’hui analyste au Center for a New American Security. « Le commerce du pétrole reprendra, mais pas rapidement. Il y a trop d’incertitudes quant au fait que l’Iran puisse tirer sur des pétroliers ou poser des mines. »
Les droits de douane de Trump avaient déjà ralenti une économie qui croissait régulièrement. L’inflation avait recommencé à augmenter depuis avril 2025 et la croissance de l’emploi avait également commencé à ralentir. En février, ce sont 92 000 emplois qui ont été supprimés, selon les chiffres du gouvernement fédéral. La guerre avec l’Iran a ajouté la flambée des coûts pétroliers à cette situation, poussant les prix de l’essence aux États-Unis vers 4 dollars le gallon, un seuil qui pourrait être franchi prochainement.
Les investisseurs vont intégrer le risque Trump
Au-delà de ce que l’Iran pourrait ou non faire (et son ministre des Affaires étrangères a promis de « nombreuses surprise »), les actions de Trump ont déjà introduit des incertitudes dans le climat économique mondial. « Les retombées économiques ne disparaîtront pas rapidement, surtout si le régime iranien reste au pouvoir », a déclaré Mark Zandi, économiste en chef chez Moody’s Analytics. « Une prime de risque permanente sera intégrée aux prix mondiaux du pétrole et du gaz naturel. Le conflit renforce aussi l’idée que le président Trump pourrait prendre d’autres mesures dans le monde qui augmenteront l’incertitude pour les entreprises et les coûts. »
Mettre fin à la guerre, et le faire rapidement, reste néanmoins préférable pour le pays et pour le monde. « Annuler une décision imprudente est toujours mieux que de ne pas l’annuler », a déclaré Justine Wolfers, économiste à l’Université du Michigan. Mais oui, les dégâts persisteront car les investisseurs doivent désormais intégrer une nouvelle question dans leurs plans : “Et si Trump lançait une nouvelle aventure risquée ?”. Beaucoup d’entreprises ont déjà fait des investissements qu’elles pensaient rentables, mais qui ne le sont plus dans le contexte d’une guerre au Moyen-Orient. Ces acteurs regrettent d’avoir investi ou de ne pas avoir attendu. La prochaine fois, ils ne feront pas la même erreur. »

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