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10 mars 2026C’est sur le site de Zan Times, un média en ligne de résistance, que je découvre le témoignage de Sana Atef. Bien sûr, il s’agit d’un pseudo. Et bien sûr, vous ne verrez pas son visage caché sous une burqa. D’ailleurs, à part sa famille (qui la soutient), personne ne doit connaître son métier. « Ma vie et celle de mes proches seraient en danger« , dit-elle.
Récemment, Sana Atef a reçu le « prix du courage journalistique » décerné par la Fondation internationale des femmes dans les médias. C’est à cette occasion qu’elle prend la parole, derrière son clavier d’ordinateur.
Une peur permanente
La vie d’une femme journaliste en Afghanistan, c’est une peur permanente. Peur de prendre une photo dans la rue, peur d’être contrôlée et qu’on fouille son téléphone, peur quand elle se planque dans le coffre d’une voiture.
Sana Atef ne cherche pas à jouer les héroïnes. Mais elle refuse de se soumettre. « C’est ma responsabilité, dit-elle, de porter la voix des autres femmes privées de leurs droits les plus fondamentaux ».
Parce que le simple fait de pouvoir se confier, d’être entendue, est souvent leur seule et unique source de réconfort. Et quand leurs histoires traversent les frontières, quand Sana Atef réussit à les faire publier dans la presse étrangère (The Guardian, par exemple), alors, la journaliste a le sentiment de remplir pleinement sa mission.
Avoir 9 ans au pays des talibans
L’un de ses reportages, publié par Zan Times et relayé par Courrier International l’été dernier, raconte le quotidien d’une fillette de neuf ans au pays des talibans. Une gamine qui parle de ses livres d’école comme d’un « trésor » qu’elle garde précieusement. Le soir, elle lit en cachette avec une petite lampe torche. Dans ces moments-là, dit-elle « mon esprit s’envole ».
Pour le reste, elle n’a plus le droit d’aller en classe, se lève à 5 h du matin et travaille pour gagner un peu d’argent, aider sa mère malade. Même si, ça aussi, c’est interdit.
Il y a quelques jours, les Nations Unies ont rappelé « l’apartheid de genre » qui règne en Afghanistan et les « rêves brisés d’une génération d’Afghanes ». Près de 30 millions de femmes réduites au silence. Sauf dans les articles signés Sana Atef.

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