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REPORTAGE RMC. Des Libanais partis leur région natale pour vivre à Beyrouth racontent sur RMC leur cauchemar alors que le pays est touché par des frappes venant d’Israël. Ils tentent de contacter leurs familles, restées dans le sud du pays, sous les bombardements.
Son bureau est impersonnel, temporaire. Le docteur Hussein est gynécologue dans un village au sud du Liban près de la frontière, en pleine guerre au Moyen-Orient. Il a fui et suivi ses patientes jusqu’à Beyrouth, la capitale du pays frappé par des bombardements israéliens.
« Honnêtement, mon coeur n’est pas ici avec vous. J’ai peur ! J’ai ma maison au village, ma clinique est là-bas, mes parents sont là-bas… Je veux rentrer sur ma terre. Croyez-moi, la majorité d’entre nous est sous antidépresseurs », confie, sur RMC, le gynécologue, pudique et réservé.
« On ne dort pas, on est collés à la télévision, on passe d’une info à une autre. C’est comme ça qu’on vit », témoigne le docteur Hussein.
Assis dans son bureau, il appelle un confrère, qui se trouve dans ce qui était encore son hôpital il y a une semaine. « Tout va bien ? Quelle est la situation à l’hôpital ? », lui demande-t-il. « Ça va, écoute, à Tebnine ça va encore mais dès qu’on sort, c’est dangereux », lui rapporte son confrère.
Après ce coup de téléphone, l’inquiétude grandit. « Peut-être qu’ils auront besoin de nourriture s’il se passe quelque chose. L’entrée et la sortie des villages est difficile ces temps-ci. Depuis que la guerre a repris, les routes sont un danger », se désole le docteur Hussein, « sur les nerfs » à cause de cette guerre qui doit « s’arrêter ».
Des familles séparées
Farès, lui aussi à Beyrouth, tente de joindre des membres de sa famille, restés dans le sud du pays. Ce biologiste les contacte « chaque jour » pour savoir si tout va bien, « s’ils ont du fioul et de quoi manger ». « Inquiet » d’être loin d’eux, Farès est rassuré par leurs appels réguliers.
Un cousin répond enfin. « Le réseau est incertain et faible », lui annonce-t-il d’entrée. « Pourquoi t’as décidé de rester ? », le questionne Farès. Son cousin lui répond qu’il ne veut pas partir « pour que quelqu’un vienne s’installer ou qu’Isräel détruise nos maisons ».
Puis, Farès appelle sa mère pour entendre sa voix frêle au bout du fil: « Comment ça va maman ? » Au bout du fil, la femme âgée de 85 ans le rassure: « Bien, mon chéri. »
-« Vous entendez beaucoup de bombardements ? », renchérit Farès.
-« Oui, jour et nuit », décrit-elle.
Le biologiste demande à sa mère de lui passer sa soeur.
Cette dernière s’empare du téléphone: « On entend le son de chaque bombardement. On entend les drones, les avions, on entend les tanks, tout autour de nous. »
-« Pourquoi rester ? », la questionne Farès.
-« Parce que c’est notre terre ! Où veux-tu qu’on aille ? », lui répond-elle directement.
La guerre, « une part de mon quotidien »
Ils préfèrent rester malgré les risques. Mais Farès perçoit un changement. « C’est la première fois qu’ils sont très inquiets, plus que les autres fois. Tous les villages autour évacuent. Ils ont peur que les Israéliens les obligent à quitter le village. Avec Netanyahu on ne sait pas », explique le biologiste.
Ses mains nerveuses sur ses genoux, il retrace l’histoire de son pays:
« On a vécu pas mal de guerres, cinq, six, sept fois. La guerre, c’est une part de mon quotidien. »
Il s’excuse et s’essuie les yeux, doucement. « Je suis inquiet pour mon pays. Je trouve que cette guerre est différente de toutes les autres », estime Farès. Elle divise les Libanais, selon lui, inquiet du sort des déplacés, dont la plupart sont des chiites. « Ces gens là s’ils n’arrivent pas à revenir dans leur maison, qu’est-ce qu’ils vont faire pour vivre ? Qu’est-ce que les autres confessions vont faire ? », s’interroge le biologiste.
Ce dernier craint désormais une « guerre civile ». Devant sa fenêtre, son regard semble perdu face à la capitale libanaise qui s’étend devant ses yeux. Plus de 100.000 personnes ont été déplacées au Liban ces dernières 24 heures, selon le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés. Au total, ce chiffre grimpe à 667.000 depuis le début de la guerre.

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