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Avec la guerre contre l’Iran, menée conjointement avec les États-Unis, Israël a de nouveau restreint l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza, vitale pour la population, et suspendu les évacuations médicales, tout en maintenant ses frappes aériennes. Une situation qui fait craindre qu’Israël ne profite du conflit avec Téhéran pour renforcer encore sa mainmise sur l’enclave palestinienne.
La bande de Gaza coupée du monde. Depuis dix jours et le début de l’opération américano-israélienne contre Téhéran, les regards sont tournés vers l’Iran, le Liban et Israël, ainsi que vers les pays du Golfe, où la guerre fait rage.
L’attention se détourne mécaniquement de l’enclave palestinienne, faisant craindre pour les Gazaouis: que la communauté internationale « relâche les pressions exercées » sur Israël pour permettre, entre autres, l’entrée de l’aide humanitaire. Une alerte formulée par Adnan Abou Hasna, de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), auprès de l’AFP.
Malgré le cessez-le-feu d’octobre 2025 entre l’État hébreu et le mouvement islamiste palestinien du Hamas – allié de l’Iran -, la situation humanitaire demeure extrêmement tendue à Gaza, ravagée par deux ans de guerre. « Le début de l’offensive israélo-américaine en Iran n’a fait qu’aggraver la situation », déplore l’ONU dans un communiqué publié le 6 mars dernier.
« Les gens craignaient que la famine ne revienne » Hamed Sbeata, un journaliste gazaoui.
À peine un mois après leur ouverture partielle et après des mois de blocage, les passages frontaliers vers l’enclave palestinienne ont de nouveau été fermés par Israël le jour du lancement de son opération « Lion rugissant », le 28 février. Y compris celui de Rafah, la seule porte d’accès pour les Gazaouis au monde extérieur ne passant pas par Israël. L’Etat hébreu a expliqué cette nouvelle fermeture par des impératifs de sécurité.
Les camions d’aides humanitaires, dont Gaza dépend pour la quasi-totalité de ses médicaments et de ses produits de première nécessité, ont été bloqués. « Les passages frontaliers ont été fermés en raison de la perte de sécurité, il y avait un certain chaos ici », nous explique Hamed Sbeata, journaliste gazaoui. « Les gens ont acheté beaucoup de nourriture pour faire des réserves, car ils craignaient que la famine ne revienne ».
Après la fermeture des postes frontaliers, « les produits de première nécessité, comme la nourriture, le savon (…) ont vu leurs prix augmenter de 200 ou 300% », a indiqué le porte-parole de l’Unicef Palestine, Jonathan Crickx à l’AFP. Le prix du carburant, nécessaire au fonctionnement des générateurs dans les hôpitaux, a lui aussi grimpé.
Quatre jours après le début de l’opération américano-israélienne, le mardi 3 mars, le passage de Kerem Shalom, situé entre Israël et la bande de Gaza, a toutefois été réouvert, permettant une « entrée limitée de camions d’aide humanitaire », nous indique la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFCR).
Moins de 500.000 litres de carburant ont pu transiter d’après le chef des opérations humanitaires de l’ONU (Ocha), Tom Fletcher. « Bien en dessous » des plus de deux millions considérés comme « le strict minimum pour faire tourner les services » des hôpitaux.
Le journaliste Hamed Sbeata, contacté par BFM lundi 9 mars, constate que « le calme est revenu ces deux derniers jours » et que « les prix sont revenus à la normale ». « Mais la situation reste tendue », assure-t-il.
La capacité de stockage à Gaza étant faible, une interruption dans l’approvisionnement en marchandises entraîne rapidement des pénuries. Et aggrave un système de santé toujours « extrêmement fragile », comme l’a qualifié vendredi 6 mars, la directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Hanan Balkhy, lors d’une conférence de presse à Genève. La moitié des établissements hospitaliers de l’enclave palestinienne, touchés par des frappes, ne fonctionne plus.
L’acheminement des soins, est, de plus, assombri par les menaces de suspension pesant sur 37 organisations d’aide humanitaire, comme Médecins sans frontières, dont l’agrément n’a pas été renouvelé.
« Les stocks de médicaments essentiels, de matériel de traumatologie et de fournitures chirurgicales sont désormais à des niveaux critiques, tandis que les pénuries de carburant continuent d’entraver le fonctionnement des hôpitaux », alerte l’ONU. De quoi exacerber les souffrances des Gazaouies éprouvés par les déplacements de masse dans un paysage apocalyptique et le manque de nourriture.
« L’ouverture du passage est devenue une question de vie ou de mort pour nous »Mohammed Chamiya, un Palestinien
La nouvelle fermeture du point de passage de Rafah a également réduit à néant l’espoir des malades, en situation critique, de quitter l’enclave pour se faire soigner. Début février, ce point de passage occupé par Tsahal depuis mai 2024 n’avait pas été réouvert pour l’acheminement de l’aide humanitaire mais seulement, pour les évacuations médicales et les personnes retournant à Gaza, avec des conditions drastiques.
« Il est désormais fermé pour ces activités également », affirme l’IFCR. « Seules les rotations du personnel international ont été autorisées, avec un nombre limité d’employés (50), et elles se poursuivront apparemment sur une base hebdomadaire », nous précisent-ils.
« Je vivais dans l’angoisse, attendant l’ouverture de Rafah pour pouvoir me rendre en Egypte afin d’y être soigné », a raconté à l’AFP Mohammed Chamiya, un Palestinien de 33 ans disant souffrir d’une maladie rénale nécessitant une dialyse. « Chaque jour qui passe m’enlève un peu de ma vie, et ma maladie s’aggrave, d’autant plus que les services médicaux disponibles pour les patients dialysés ici à Gaza sont limités », a-t-il ajouté. « L’ouverture du passage est devenue une question de vie ou de mort pour nous. »
Ali Al-Chanti, un homme de 40 ans déplacé avec sa famille près de Khan Younès, partage un sentiment de fatigue collective. « Nous avons pensé que les choses pourraient s’améliorer progressivement. Mais ensuite, la guerre avec l’Iran a éclaté et a tout détruit, ramenant la situation à la case départ », a-t-il déploré.
La guerre avec l’Iran permet à Israël « d’écraser plus facilement la question palestinienne »
Depuis la guerre contre l’Iran, et le retour d’un intense conflit avec le Hezbollah au Liban, Israël a réduit ses frappes sur Gaza, comme le rapportent plusieurs Gazaouis. « Je pense que la situation va se stabiliser ici à Gaza, car ils sont occupés par la guerre en Iran. J’espère vraiment que le calme va perdurer ici et que le changement que nous attendons depuis longtemps va enfin se produire », déclare le journaliste palestinien Hamed Sbeata, qui à la mi-février faisait encore état « de bruits d’explosions tous les jours » malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre.
Depuis cette trêve, les massifs bombardements qui faisaient des dizaines de victimes par jour se sont atténués mais les frappes aériennes et les tirs sporadiques perdurent. Les opérations militaires se poursuivent. Le ministère de la Santé de Gaza a recensé 630 morts supplémentaires, dont 202 enfants et 89 femmes, entre cet accord et fin février 2026. Ce bilan « s’ajoute aux plus de 72.000 personnes tuées depuis le 7 octobre 2023« , et aux plus de 172.000 blessés. Des chiffres jugés fiables par l’ONU.
Selon un communiqué publié lundi 9 mars par le ministère de la Santé de Gaza, relayé par l’agence de presse turque Anadolu, trois corps de Palestiniens et quatre blessés avaient été transportés vers les hôpitaux de l’enclave au cours des dernières 24 heures, en pleine guerre entre Israël et l’Iran. Selon la défense civile, une femme a également été tuée mercredi 4 mars près de Rafah et plusieurs Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens dans le centre de l’enclave.
Si les « frappes aériennes sont devenues moins fréquentes », « les avions de guerre et de reconnaissance ne quittent pas le ciel », constate Abou Mohsen, un Palestinien de 33 ans, qui fait, lui, toujours état d’explosions chaque jour à Gaza « souvent dues à la destruction de maisons ou à des bombardements d’artillerie ».
L’armée israélienne a revendiqué sur X ce mardi 10 mars « l’élimination de trois terroristes retranchés dans des infrastructures souterraines à l’est de Rafah ».
Pour Jean-Paul Chagnollaud, président d’honneur de l’Institut de Recherche et d’Études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), la guerre avec l’Iran permet à Israël « d’écraser plus facilement la question palestinienne, à la fois parce qu’on en parle moins mais aussi parce qu’ils ont les mains libres à tout égard aujourd’hui ».
« Frapper à n’importe quel moment, contrôler les flux d’arrivées de l’aide humanitaire et tuer des gens qui s’approchent de la ligne jaune (après le cessez-le-feu, les troupes israéliennes se sont repliées dans une zone, délimitée par une ligne jaune, qu’ils ne cessent d’étendre et qui recouvrent désormais près de 60% de l’enclave, NDLR) est une façon pour Israël de précariser de manière systémique la société gazaouie », relève le spécialiste, qui précise que le Hamas, « très largement affaibli » « n’est plus un sujet majeur ».
« Israël, qui n’a jamais voulu de la deuxième phase du plan de paix, fait en sorte que la situation en place depuis octobre dernier perdure », estime-t-il. « La guerre contre l’Iran lui facilite la tâche ».

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