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La communauté de communes de la région lézignanaise Corbières-Minervois a fait le tour des caves coopératives, ce mardi matin, pour apporter son soutien financier de plusieurs façons : sur le volet irrigation en soutenant le projet de la cave de Montbrun ; en attribuant un chèque aux coopératives de Fabrezan, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse et Talairan après l’incendie de cet été.
Certains, amateurs d’expressions modernes, appellent ça « résilience ». Pour d’autres, il s’agit plutôt de courage et d’abnégation. Deux valeurs que les vignerons des Corbières ont chevillées au corps, refusant de courber l’échine et de baisser les bras face aux aléas. Et des aléas, ces dernières années, ils en ont vécu.
À l’image des viticulteurs de Montbrun-des-Corbières qui, comme nombre de leurs confrères, ont subi le gel, la grêle, la canicule et son corollaire : la sécheresse : « Il n’y a eu qu’en 2022 où l’on a eu une récolte normale, et encore », soulignait ce mardi matin Robert Broto, président de la cave coopérative accueillant André Hernandez, président de la Communauté de communes de la région lézignanaise Corbières-Minervois (CCRLCM). Un président qui était venu lui remettre, à la suite du dernier conseil communautaire, un chèque de 4 000 € pour aider à la constitution d’une Association syndicale autorisée dédiée à l’irrigation des parcelles de la commune. Car de la ressource, ici, il n’y en a guère : « Votre projet de constituer une ASA s’est monté très vite et l’on a senti qu’il y avait une volonté farouche de le faire aboutir ; nous souhaitions encourager tout cela », a souligné André Hernandez.
Des projets énergétiques bien engagés
Concrètement, l’idée est d’aller chercher de la ressource à l’aide d’un pompage du côté d’Argens : « Techniquement, c’est faisable mais très lourd et ça prendra du temps », notait Robert Broto. En attendant, les viticulteurs ont souhaité gérer les court et moyen termes en achetant des terres en dehors de Montbrun, sur des localités voisines irrigables : ici 70 ha, là 20, ailleurs 25… « Faire du 25 hectolitres à l’hectare, ce n’est plus possible, martèlent les vignerons. Nous étions la plus petite cave coopérative du canton, avec ces achats de parcelles, nous allons atteindre les 40 à 45 000 hl, ce qui est quand même pas mal », avançait encore Robert Broto. Un président de cave persuadé que de nombreuses portes peuvent s’ouvrir, notamment grâce à des projets énergétiques déjà engagés : sur 25 hectares avec des panneaux photovoltaïques (le permis de construire vient d’être signé) ou bien grâce aux éoliennes dont « les retombées bénéficieront aussi à la cave ». Deux mannes financières qui seront fléchées vers le financement de l’ASA.
C’était l’enfer ici !
Autres structures que la communauté de communes a souhaité aider : les caves coopératives de Fabrezan, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse et de Talairan, fortement touchées par l’incendie, pour lesquelles des aides de 6000, 36 900 et 39 000 € ont été octroyées. « L’État, grâce aux interventions de Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants, et de Ludovic Roux, président de la chambre d’agriculture, qui ont fait venir la ministre, nous a bien aidés. Mais il nous a un peu oubliés sur les exonérations de charges (salaires, amortissements…) : cette aide de la communauté de communes n’est pas que symbolique, elle va réellement aider nos caves », notait Marc Véra, président des Vignerons coopérateurs audois. « Après l’incendie, j’ai reçu plusieurs courriers de présidents de caves qui exprimaient leur désarroi. Car sur ce territoire, 80 % des parcelles n’ont pas été vendangées. Et si la récolte ne rentre pas, les charges, elles, continuent à être ponctionnées. Les caves coopératives sont un pilier essentiel de notre économie. C’est la raison pour laquelle nous avons attribué une aide à raison de 150 € par hectare non récolté. Nous verrons comment aider également les caves particulières car nous sommes tous unis dans un même but », a insisté André Hernandez.
Des propos repris par Xavier de Volontat, maire de Saint-Laurent et viticulteur : « Nous avons subi de nombreuses catastrophes mais nous sommes là et nous sommes comme le roseau, on plie mais on ne rompt pas ». Une maxime que Baptiste Cabal, président de la cave coopérative, aurait pu faire sienne : « C’était l’enfer ici cet été. Fondée en 1913, la cave aurait pu disparaître dans les flammes : mais elle en va vu d’autres. Aussi, cette aide nous conforte dans notre stratégie ». Résilience, courage, abnégation…

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