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11 mars 2026C’est “un coup de massue sur la tête des producteurs ivoiriens”, affirme Le Pays. Le 5 mars, les autorités ivoiriennes ont opéré une diminution de 57 % du prix d’achat du cacao aux planteurs – celui-ci est ainsi passé de 2 800 francs CFA (4,27 euros) le kilogramme à 1 200 francs CFA (1,83 euro).
La majeure partie du cacao mondial est produite au Ghana et en Côte d’Ivoire, dont les autorités nationales en fixent le prix deux fois par an, rappelle BBC Africa. Cette décision de baisser le prix du produit a été prise afin de stimuler les ventes, alors que les cours mondiaux s’effondrent, indique CNBC Africa.
En octobre, les autorités ivoiriennes avaient pourtant procédé à une “revalorisation significative des tarifs”, accueillie “dans l’enthousiasme et l’allégresse par les producteurs”, souligne encore Le Pays.
Comme l’explique le site installé à Bruxelles EU Observer, en 2024, les prix du cacao avaient augmenté de 177 % – atteignant jusqu’à 12 000 dollars (11 300 euros) la tonne en avril 2024 – en raison de mauvaises récoltes et de conditions météorologiques défavorables. Une baisse s’était déjà amorcée en 2025, mais le produit a dévissé cette année. Désormais, la tonne d’“or brun” se négocie environ 3 400 dollars, soit une chute de plus de 70 %. Les autorités des pays producteurs ont dû agir en conséquence pour combler ce décalage entre le prix d’achat aux producteurs et les cours mondiaux.
Le quotidien nigérian The Nation craint que cette chute vertigineuse ne se répercute sur l’ensemble de la filière cacao à l’échelle mondiale et n’étrangle encore plus les producteurs.
Une filière à repenser
Pour BBC Africa, cette baisse des prix mondiaux s’explique notamment par une bonne récolte mondiale survenue dans un contexte de faible demande. Au moment de l’envolée du cours du cacao, les industriels du chocolat ont cherché des produits de substitution, remplaçant par exemple le beurre de cacao par d’autres matières grasses.
À cela s’ajoute désormais une crise du surstockage. Les négociants estiment l’excédent mondial à 365 000 tonnes pour 2025-2026. C’est en Côte d’Ivoire et au Ghana que se trouvent les stocks les plus importants, lesquels vont croissant. Ces derniers mois, les sacs de fèves invendues à l’intérieur du pays et dans les ports se sont accumulés, avertit CNBC Africa. Si la situation perdure, souligne de son côté BBC Africa, la Côte d’Ivoire devrait se retrouver avec près de 200 000 tonnes de cacao invendues d’ici à la fin mars.
C’est un coup dur pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial. Le cacao génère 40 % des recettes d’exportation du pays. C’est aussi une catastrophe pour les producteurs ivoiriens, estiment Le Pays et BBC Africa : ces derniers sont déjà criblés de dettes contractées pour les achats d’engrais et autres insecticides nécessaires à la production, et pâtissent des retards de paiement de leurs productions.
Plus largement, déplore Le Pays, ces cours fluctuants, qui ne garantissent pas un revenu fixe aux producteurs, traduisent une trop grande dépendance des pays producteurs au marché extérieur, alors même que la filière se heurte à des difficultés supplémentaires comme les aléas climatiques et la déforestation, qui a entraîné la disparition d’une grande partie des forêts ivoiriennes. “C’est toute la filière qui a besoin d’être repensée, dans un contexte d’instabilité continue du marché mondial”, tranche le titre burkinabè.

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