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11 mars 2026Municipales 2026 : Christophe Barthès, le candidat RN, veut faire basculer la mairie de Carcassonne
Alors que le premier tour des élections municipales aura lieu dans quelques jours, le dimanche 15 mars prochain, L’Indépendant donne la parole aux candidats. Une série de rencontres pour mieux connaître celle et ceux qui briguent la mairie de Carcassonne. Quatrième épisode avec Christophe Barthès, député du Rassemblement national de l’Aude et conseiller régional, qui compte diriger la mairie en cas de victoire au soir du second tour. Ce dernier n’a pas souhaité s’exprimer dans nos colonnes.
Christophe Barthès, le candidat du Rassemblement national (RN) à la mairie de Carcassonne, ne parle pas – plus ? – à L’Indépendant. Pas plus qu’à France 3 Occitanie dont il a aussi refusé l’invitation à débattre face aux autres candidats à l’Hôtel de Rolland. Et tous les acteurs politiques sollicités ont d’ailleurs refusé de parler de lui pour un délicat exercice du portrait à effectuer sans le principal intéressé.
Une percée législative qui change la donne ?
Mais les médias, eux, parlent, et beaucoup, du député. Un homme élu à 55 ans sur la 1re circonscription de l’Aude en 2022, en ‘‘tombant’’ avec près de 54 % la candidate socialiste de la Nupes. Puis reconduit à l’Assemblée après la dissolution, en 2024. Après avoir amassé plus de 42 % des suffrages au 1er tour, il triomphe au 2nd tour d’un autre phénomène médiatique, Philippe Poutou, parachuté dans l’Aude.
Depuis son arrivée dans l’hémicycle, l’ancien responsable départemental du parti lepéniste est devenu un ‘‘bon client’’ pour les médias nationaux. Lorsque Le Monde se livre à l’exercice du trombinoscope des nouveaux élus, le journal du soir a vite fait de trouver son titre : Christophe Barthès sera « le viticulteur « grande gueule » du RN ». On n’est pas certain que le qualificatif ait d’ailleurs déplu au viticulteur trébéen, 5e génération d’une famille d’agriculteurs, qui se revendique à son élection « des petits, de ceux qui se lèvent tôt pour travailler, payent des impôts ».
De Chirac au Front national : un itinéraire à droite
S’il sacrifie à l’entreprise de respectabilité du RN et participe à la ‘‘stratégie de la cravate’’ à l’Assemblée, Christophe Barthès continue d’afficher son attachement à la ruralité. Et sa prédilection pour le ‘‘cap a cap’’ et le ‘‘toco maneto’’ sur les marchés, dans les cafés ou lors des manifestations d’agriculteurs. Autant de marques de fabrique d’un ancien maire du chef-lieu de l’Aude dont il revendique l’héritage, ou tout du moins la faconde et la proximité avec les Carcassonnais : Raymond Chesa.
Un vrai modèle pour Christophe Barthès. Qui a d’ailleurs d’abord été encarté au Rassemblement pour la République (RPR) de Jacques Chirac. En 2023, avec Edouard Jordan, transfuge de la majorité municipale de Gérard Larrat, il ne cache d’ailleurs pas son plaisir en lançant l’antenne audoise du nouveau RPR, une ‘‘marque’’ rachetée par le frontiste Franck Alisio. Une madeleine de Proust pour celui qui avait aussi émargé au Rassemblement pour la France (RPF) de Charles Pasqua. Avant d’adhérer en 2007 au Front national. Une étiquette sous laquelle il sera élu conseiller régional en 2010, 2015 (sur la liste de Louis Aliot) et 2021.
Carcassonne, nouveau terrain de conquête pour Barthès
Ses seuls succès politiques avant de participer à la spectaculaire percée des législatives de 2022, parmi les 89 députés RN. Car en 2011, 2015 et 2021, Christophe Barthès ne parvient pas à troubler l’hégémonie socialiste aux élections départementales. Pas plus qu’il ne s’impose dans ‘‘sa’’ ville : en 2014, il est 3e de la triangulaire du second tour des municipales à Trèbes. Avant d’être ‘‘éparpillé’’ dès le 1er tour en 2020 par le sortant socialiste Eric Menassi (59,97 %).
S’il ne peut être prophète en son pays, Christophe Barthès tente donc de l’être à Carcassonne, sans doute inspiré par les scores réalisés aux législatives dans les bureaux du chef-lieu en 2022 (plus de 40 %). L’homme a attiré cinq figures de l’équipe municipale de Gérard Larrat sur sa liste « Demain Carcassonne » — un nom qui fait d’ailleurs écho à « Carcassonne demain », la liste que Raymond Chesa avait présentée aux municipales de 1977.
Des tendances climatosceptiques
Cité par Sébastien Chenu lors d’une interview sur France Inter pour parler des municipales, visité par Jordan Bardella, Christophe Barthès symbolise les espoirs de conquêtes locales du RN. Et conduit sa campagne, forcément, autour de l’insécurité. Son cheval de bataille pour convaincre les électeurs : se refusant à créer une délégation à la sécurité, estimant qu’il doit se réserver, en tant que maire, la compétence pour davantage d’efficacité.
Dans son programme, il prévoit aussi de planter un arbre pour chaque naissance carcassonnaise et d’instaurer l’éco-pâturage sur les flancs de la Cité médiévale, tout en renforçant la prévention des risques de canicule et d’inondation. Voilà pour l’environnement. Un sujet qui a aussi valu à Christophe Barthès les ‘‘faveurs’’ de la presse nationale, du Monde à Vert en passant par C à vous. Car le député d’extrême droite l’assure, au sujet du changement climatique, dont il peine à reconnaître l’origine humaine : « Moi je pense que c’est dans le temps. C’est peut-être des cycles. Dans les années à venir peut-être qu’il pleuvra et qu’il fera froid. »

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