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12 mars 2026Depuis des décennies, les traités de géopolitique parlent du détroit d’Ormuz comme l’un des points stratégiques de la planète, où un arrêt du trafic maritime aurait des répercussions dans une bonne partie du monde.
Le détroit d’Ormuz : un levier de pression stratégique et économique
Un article de la revue « Politique étrangère », en 2021, évoque même une doctrine énoncée en 2006 par le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, évoquant un blocus total du détroit dans le cas où l’Iran ne serait pas l’initiateur de la guerre, mais répondrait à une « agression » des États-Unis ou de l’un de ses alliés. Dans ce cas, prévenait l’ayatollah, assassiné au premier jour de la guerre, « les flux énergétiques provenant de la région seraient sérieusement compromis ». Nous y sommes.
Et de fait, il n’a pas été très difficile à l’Iran de bloquer cette étroite voie maritime empruntée par près du quart des besoins pétroliers du monde. Hier, trois cargos ont été touchés par des tirs iraniens, soit 14 au total depuis le début de la guerre. Il suffit d’incidents de temps en temps, et de la rumeur non confirmée de mines déposées sur la voie d’eau, pour que les prix des assurances flambent, et que les armateurs immobilisent leurs navires. Quelque 400 cargos et tankers sont ainsi à l’arrêt de part et d’autre du détroit, en attendant que la sécurité revienne.
Une riposte internationale entravée par les risques d’escalade et l’impréparation
Mais cela prendra du temps : à ce stade, c’est impossible. Même les Américains, avec leur armada maritime dans la région, ont décliné hier les invitations à escorter les bateaux commerciaux.
Même chose du côté d’Emmanuel Macron, qui a annoncé une initiative européenne pour sécuriser la voie maritime, sur le modèle de ce qui se fait déjà en mer rouge face à la menace des Houthis du Yémen – mais pas avant plusieurs semaines.
« Les conditions ne sont pas remplies », a déclaré hier le président, signifiant qu’il est exclu de démarrer alors que la guerre fait rage. La crainte est que si un navire de la marine nationale est pris pour cible, la France soit entraînée de fait dans la guerre, ce qu’elle ne veut absolument pas.
C’est bien parce qu’ils s’attendent à ce que cette crise dure qu’a été décidé hier le recours aux stocks stratégiques des principaux pays de l’Agence internationale de l’énergie, dans des proportions inédites, l’équivalent de vingt jours de trafic dans le détroit d’Ormuz.
Le plus étonnant dans cette affaire, c’est que les États-Unis se soient laissé surprendre. Toute la littérature stratégique sur la zone évoque l’hypothèse d’un blocus du détroit d’Ormuz, et on aurait pu imaginer que leur priorité aurait été de sécuriser la voie maritime. D’autant qu’une « guerre des tankers » a déjà eu lieu dans les années 80 dans cette zone, au temps de la guerre Iran-Irak.
Mais les Américains ont visiblement sous-estimé les capacités de nuisance des Gardiens de la Révolution, et le fait qu’ils se préparent à ce scénario depuis des années. C’est un signe de plus de ce qu’un sénateur démocrate, Chris Murphy, qui a eu accès aux briefings confidentiels réservés aux élus américains, a qualifié de plans de guerre « incohérents » et « incomplets ».
L’Iran espère donc que les répercussions mondiales de la crise énergétique provoquée par le blocus pousseront Donald Trump à limiter la casse. Le détroit d’Ormuz mérite bien sa réputation explosive.

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