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Les années 1980 sont marquées par la montée de l’extrême droite en France ainsi qu’au Royaume-Uni. En France, le Front national de Jean-Marie Le Pen réalise pour la première fois une percée électorale. Au Royaume-Uni, le National Front, principal représentant de l’extrême droite britannique, fait des scores de plus en plus élevés dans certaines élections. Les deux partis, ouvertement racistes et xénophobes, se consolident par la violence. Au Royaume-Uni, les jeunes du National Front n’hésitent pas à agresser des militants de gauche ainsi que des minorités afro-caribéennes dans certaines villes. En France, les étudiants du Groupe union défense (GUD) tentent d’empêcher, souvent par la violence, les tractages des camps adverses. En réaction, de nombreuses organisations politiques mènent une lutte antifasciste dans les années 1980 : c’est le cas de la Ligue communiste révolutionnaire ou de la Section carrément anti-Le Pen (SCALP), créées en 1984 en France ; ou de l’Anti-Nazi League (ANL), créée en 1977 au Royaume-Uni.
Des chansons politiques
En France et au Royaume-Uni, la lutte antifasciste trouve rapidement un écho dans les scènes musicales alternatives punks et skins. Dès la fin des années 1970, le groupe de punk rock The Clash utilise la chanson comme outil de lutte contre l’extrême droite. Les membres du groupe participent à des concerts dans le cadre de la campagne Rock Against Racism. En France, le mouvement punk antifasciste est représenté par Bérurier noir. En 1985, les Bérus chantent « Porcherie », un an après le succès électoral du FN. Le slogan « La jeunesse emmerde le Front national » est repris dans de nombreuses manifestations. La lutte antifasciste des punks et redskins prend diverses formes : organisation de concerts, collage d’affiches devant les salles de concerts, organisation de fanzines, services d’ordre et de sécurité avant et après les événements. En dehors de la scène musicale, les punks et redskins sont également présents dans les manifestations et rassemblements antifascistes et antiracistes.
La musique est-elle l’apanage de l’antifascisme ?
L’extrême droite cherche également à se servir de la musique à des fins politiques. En 1978, Rock Against Communism (RAC) est fondé par des jeunes militants du National Front anglais. Les militants de RAC utilisent le même mode opératoire que leurs adversaires politiques : organisation de concerts, publication de fanzines, réseaux de distribution de disques. Le groupe le plus connu dans cette mouvance est Skrewdriver. En septembre 1992, des fans de Skrewdriver venus de toute l’Europe se retrouvent à la gare de Waterloo à Londres.
Loin d’être un simple lieu d’amusement et de loisir, les concerts punks et redskins sont au cœur des luttes et tensions des années 1980-1990.
Pour en savoir plus
Raphaël Beaufils est docteur en sociologie, auteur d’une thèse sur la contre-culture punk et skinhead française intitulée « La scène et la lutte : Transmission, conflictualité et engagement dans un collectif antifasciste contre-culturel », sous la direction de Gabriel Segré à l’Université Paris Nanterre, soutenue en 2025.
Jeremy Tranmer est maître de conférences en études anglophones à l’Université de Lorraine. Il est membre de l’unité de recherche IDEA (Interdisciplinarité Dans les Études Anglophones).

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