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13 mars 2026Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky à Paris… Emmanuel Macron veut « éviter absolument un effet d’éclipse » provoqué par la guerre au Moyen-Orient
La guerre en Ukraine reste au cœur des priorités françaises. En recevant Volodymyr Zelensky, Emmanuel Macron veut affirmer un soutien intact malgré la crise au Moyen-Orient et le blocage européen sur l’aide de 90 milliards d’euros.
Emmanuel Macron reçoit vendredi Volodymyr Zelensky à Paris pour « démontrer » que la guerre au Moyen-Orient « ne détournera » pas l’attention de l’Ukraine et que la Russie « se trompe » si elle pense profiter de ce contexte géopolitique. Cette douzième visite du président ukrainien en France depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, au lendemain d’une étape en Roumanie, vise à « éviter absolument » un « effet d’éclipse » lié au conflit déclenché par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui écrase l’actualité et monopolise l’attention des dirigeants mondiaux, a expliqué l’Élysée à des journalistes. « Le message-clé », c’est « de démontrer qu’aucune crise, aucun développement ne détournera notre attention de l’Ukraine », pour laquelle le soutien de la France, « un partenaire fiable », « ne faiblira pas », a dit un conseiller du président français. Ceux qui, notamment « au Kremlin », « pensent que la guerre en Iran ouvre une fenêtre d’opportunité pour eux », « se trompent et c’est la démonstration qu’on doit collectivement apporter », a-t-il insisté.
Nouvelles négociations
La présidence russe a estimé jeudi que cette visite parisienne illustrait la volonté ukrainienne « d’entraver » un règlement pacifique du conflit, alors que les États-Unis ont proposé de nouvelles négociations entre Kyiv et Moscou sous médiation américaine pour la semaine prochaine. « La seule entrave à la paix, aujourd’hui, c’est la Russie », a répondu la présidence française.
Volodymyr Zelensky est attendu à la mi-journée au palais présidentiel de l’Élysée pour un tête-à-tête suivi d’une conférence de presse avec son homologue, puis un déjeuner de travail. Il doit aussi participer dans l’après-midi à un échange avec des étudiants à Sciences Po. Les deux dirigeants devraient mettre en avant « l’expertise à nulle autre pareille » développée par Kyiv face aux drones iraniens utilisés par l’armée russe, « qui prend un nouveau relief » à l’aune des représailles de Téhéran contre de nombreuses cibles au Moyen-Orient, a fait valoir la présidence française.
Jeudi à Bucarest, le président ukrainien a signé avec son homologue roumain Nicusor Dan une déclaration d’intention pour la « production conjointe de drones en Roumanie ». Paris et Kyiv avaient déjà lancé une alliance franco-ukrainienne sur les drones fin 2023. Des spécialistes militaires ukrainiens se sont rendus dans plusieurs pays du Golfe dernièrement pour partager leur expérience en matière d’interception des drones de conception iranienne, et Volodymyr Zelensky a proposé « de développer tout cela en collaboration avec les pays européens ». C’est « un mouvement qu’on salue et qu’on encourage », a assuré l’Élysée.
Blocage
Sur l’aide à l’Ukraine, le principal sujet de discussion devrait être le prêt de 90 milliards d’euros promis par les dirigeants de l’Union européenne à Kyiv en décembre. Les premiers décaissements sont aujourd’hui bloqués par la Hongrie, qui réclame que l’Ukraine rouvre rapidement l’acheminement vers le sol hongrois de pétrole russe par l’oléoduc Droujba, endommagé, selon les autorités ukrainiennes, par une frappe de Moscou. Volodymyr Zelensky a demandé, dans un entretien à Politico, que l’Europe mette au point « un plan B » en cas de blocage persistant du Premier ministre hongrois Viktor Orban, proche de la Russie. La question sera de nouveau sur la table des Vingt-Sept lors d’un sommet de l’UE la semaine prochaine à Bruxelles. « On préfère toujours les plans A aux plans B ou C », a nuancé jeudi le conseiller d’Emmanuel Macron. L’accord de décembre « était gravé dans le marbre » et il faut le « mettre en œuvre » afin de permettre « les premiers décaissements dans les prochaines semaines », a-t-il martelé.
Le président français va aussi présenter à son homologue ukrainien les résultats de la visioconférence du G7, au cours de laquelle, selon lui, un « consensus » s’est dégagé mercredi, incluant Donald Trump, pour ne pas lever les sanctions sur le pétrole russe malgré le choc lié à la guerre au Moyen-Orient. Pour « maintenir la pression » sur Moscou, Emmanuel Macron va par ailleurs souligner le « rôle leader » de la France dans la traque aux navires de sa « flotte fantôme » utilisés pour contourner les sanctions occidentales.

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