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16 mars 2026Prix du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, statuette du meilleur acteur pour Michael B. Jordan dans Sinners… Les journalistes Florence Colombani, critique de cinéma au Point et intervenante régulière du Masque et la Plume, et Jordan Mintzer, critique pour The Hollywood Reporter, analysent la cérémonie et le palmarès des Oscars 2026.
Timothée Chalamet : trop de « swagger », pas assez de votes
Marty Supreme, nommé dans neuf catégories, repart bredouille, malgré une campagne promotionnelle massive. Pour Florence Colombani, l’explication tient beaucoup à la personnalité de son acteur principal, Timothée Chalamet : « Je pense qu’il s’est auto-saboté. Il faut se faire aimer, et il n’a pas été populaire auprès de ses pairs à cause de son attitude très arrogante. » La critique cite notamment une sortie malencontreuse de Chalamet sur CNN, où il affirmait que le cinéma était une forme d’art moderne « contrairement au ballet et à l’opéra », provoquant une levée de boucliers dans le monde des arts vivants.
Jordan Mintzer nuance : selon lui, l’acteur cherchait surtout à alerter sur le déclin du cinéma comme art populaire aux États-Unis depuis le Covid. Même s’il reconnaît qu’« il y avait peut-être un peu trop de swagger (forfanterie) de la part de Chalamet ». L’association publique avec sa compagne Kylie Jenner, membre de la famille Kardashian, affichée sur tous les tapis rouges de la saison, aurait également pesé dans les votes des professionnels.
Michael B. Jordan et Paul Thomas Anderson : des films qui font sens
Élu meilleur acteur, Michael B. Jordan incarne, selon Florence Colombani, « l’anti-Chalamet » : un comédien au long parcours humble, construit film après film aux côtés du réalisateur Ryan Coogler (Creed, Black Panther, Fruitvale Station). Son Oscar pour Sinners — thriller ancré dans l’identité afro-américaine et la culture blues du Sud — est salué par les deux critiques comme le couronnement logique d’un parcours. Le film, note Florence Colombani, a été moins bien reçu en France, faute de clés culturelles suffisantes pour en saisir toute la profondeur.
Quant à Paul Thomas Anderson, Jordan Mintzer et Florence Colombani s’accordent à le considérer comme un « très grand cinéaste », voire « l’un des plus grands cinéastes américains aujourd’hui » et estiment son succès amplement mérité, même s’il lui a fallu attendre son dixième long-métrage pour être récompensé.
Hollywood sous Trump : le silence comme stratégie de survie
La question politique plane sur toute la soirée, sans jamais être nommée sur scène. Jordan Mintzer déplore un certain manque de « courage politique » d’Hollywood tout en rappelant que « l’industrie a toujours eu cette crainte de parler trop de politique », à part « peut-être pendant la guerre du Vietnam ». Mais le contexte de 2026 ajoute une pression inédite : rachats en cours (Warner par Paramount), studios proches de Donald Trump, crainte de ne plus trouver de travail.
Florence Colombani souligne l’ironie de la situation : le film de Paul Thomas Anderson Une bataille après l’autre est « extrêmement précis sur le trumpisme » — une police qui traque des migrants, un système de résistance qui s’organise — mais lors de la campagne promotionnelle, Paul Thomas Anderson et Leonardo DiCaprio ont soigneusement évité le sujet, ne parlant que de transmission, de la jeunesse et des relations père-fille. Ce sont finalement des personnalités étrangères, comme l’acteur Javier Bardem ou le réalisateur norvégien Joachim Trier, Oscar du meilleur film étranger, qui ont osé quelques mots politiques.
Source : www.radiofrance.fr

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