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17 mars 2026L’armée israélienne a annoncé hier le début de son offensive terrestre tant redoutée au Liban. Le ministre israélien de la défense, Israël Katz, est sans ambiguïtés : il a donné instruction à l’armée de détruire « les infrastructures de la terreur dans les villages près de la frontière, comme nous l’avons fait avec le Hamas à Gaza ». On sait ce que cela a représenté à Gaza. Il n’est pas le premier membre du gouvernement israélien à établir ce parallèle.
Cette action terrestre a été précédée d’ordres donnés à la population de quitter leurs logements et de partir vers le nord. Plus de 900 000 personnes sont ainsi déplacées au Liban, un pays de moins de 5 millions d’habitants. Des bombardements ont visé les positions du Hezbollah, mais aussi des civils : selon les autorités libanaises, il y a déjà eu plus de 700 morts, dont une centaine d’enfants. Et ça ne fait que commencer.
Ces chiffres ne disent pas tout : ils ne disent pas un pays polarisé face au Hezbollah pro-iranien, et face aux Israéliens ; un pays qui n’en finit pas de passer d’une tragédie à l’autre, celles de son propre fait, et celles qui lui sont imposées par ses voisins. Cette complexité fait que la tragédie ne ressemble ici à aucun des autres « fronts » de ce Moyen Orient en crise : elle est propre au Liban.
Le Hezbollah est né lors de l’invasion israélienne de 1982, au sein des populations chiites de la région. Il est devenu le fer de lance de l’Iran et de ses Gardiens de la Révolution, qui l’ont transformé en une armée plus puissante que celle du pays, un État dans l’État libanais.
Plusieurs guerres avec Israël plus tard, le Hezbollah a été considérablement affaibli lors de la confrontation de 2024, avec la mort de son chef, Hassan Nasrallah, et la destruction d’une partie de son arsenal. Mais l’armée nationale, qui devait désarmer le Hezbollah comme prévu par l’accord de cessez-le-feu, ne l’a fait que partiellement, redoutant de déclencher une nouvelle guerre civile.
C’est ce dilemme qui est au cœur de la crise actuelle. Israël veut en finir avec cette menace au nord, tout comme il cherche à détruire l’Iran à l’Est. Le gouvernement libanais a beau avoir interdit les activités militaires du Hezbollah, Israël n’y croit pas et veut s’en occuper lui-même, avec la méthode forte. La porte de la diplomatie reste néanmoins entrouverte, avec les efforts français.
Paris a proposé d’accueillir des négociations directes israélo-libanaises, qui auraient dû se tenir ce weekend mais ont été repoussées. Un communiqué commun des principaux pays européens plus le Canada a appelé hier à la désescalade. Selon le site bien informé Axios, un plan français sur la table prévoit la reconnaissance d’Israël par le Liban, ce que Beyrouth n’acceptera que contraint et forcé. Mais a-t-il le choix ?
L’actuel pouvoir libanais, plus crédible que tous ceux qui l’ont précédé, n’a pas réussi à empêcher le Hezbollah de s’en prendre à Israël. Une partie des Libanais, y compris parmi les chiites, refuse de laisser au Hezbollah le droit de paix et de guerre sur tout le pays ; elle accepterait tout ce qui pourrait avancer vers une « normalité » à laquelle le Liban aspire.
Mais Israël entend négocier à sa manière. « Nous négocierons sous le feu des armes », a lancé Benny Gantz, un ancien chef d’état-major et homme politique en Israël. Cela signifie sans doute l’occupation de la zone vidée de ses habitants jusqu’au fleuve Litani, situé à 30 km au nord de la frontière israélo-libanaise. C’est comme un vieux film qui repasse, la région a déjà été occupée entre 1978 et 2000. On connait le début du film, mais a-t-il seulement une fin ?…
Source : www.radiofrance.fr

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