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17 mars 2026Près de 400 morts à Kaboul après une frappe pakistanaise sur un hôpital, Islamabad dit avoir visé « des cibles militaires et terroristes »
Ce bombardement s’est déroulé dans un contexte de conflit extrêmement violent qui oppose les deux pays depuis des mois. Le rapporteur spécial des Nations unies pour l’Afghanistan se dit « consterné » et appelle à « la désescalade ».
Un drame humain d’une ampleur inimaginable. Environ 400 personnes ont été tuées lundi dans une frappe pakistanaise qui a touché un hôpital pour toxicomanes à Kaboul, en Afghanistan, a déclaré le porte-parole du ministère de la Santé, ce mardi.
« Le bilan n’est pas définitif, les opérations de recherches continuent mais nous avons environ 400 morts et plus de 200 blessés », a déclaré Sharafat Zaman lors d’une conférence de presse dans le centre médical ravagé.
Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Abdul Mateen Qani, a donné lors du même point presse le chiffre de 408 morts et 265 blessés, ajoutant qu' »il est impossible d’identifier certains corps ». Ce bilan n’a pas pu être vérifié immmédiatement de source indépendante, mais des journalistes de l’AFP ont vu dans la nuit au moins 30 cadavres, et des sources médicales ont évoqué un bilan très lourd.
« Le toît m’est tombé sur la tête »
Massées mardi matin devant cet hôpital qui accueillait entre 2.000 et 3.000 toxicomanes, selon des sources médicales à l’AFP, plus d’une centaine de personnes tentent désespérément d’obtenir des nouvelles de leurs proches.
« Je suis ici depuis hier soir. Je cherche mon frère mais je ne peux pas le trouver. Que faire, je n’ai pas de mots », confie Habibullah Kabulbai, 55 ans, en pleurant. Son jeune frère, Nawroz, avait été admis il y a cinq jours. « Nous sommes démunis, cela n’arrive pas qu’à moi mais à tout l’Afghanistan », ajoute-t-il entouré d’autres familles en quête de réponses.
« J’avais fait le contrôle des patients et j’étais parti faire mes ablutions (avant la prière), quand l’explosion a retenti », raconte quant à lui Azmat Ali Momand, 30 ans, médecin au « camp Omid », nom du centre, depuis deux ans. « Le toit m’est tombé sur la tête. J’ai deux points de suture à la tête et j’ai été blessé à la jambe », poursuit-il. Resté un temps inconscient, il s’est ensuite rendu dans la salle des urgences « où d’autres blessés arrivaient ».
Les autorités afghanes ont appelé les familles à accepter que leurs proches tués soient enterrés dans une tombe commune pour rappeler « qu’ils ont été tués lors du mois de ramadan », Mohammed Omari, ministre-adjoint de l’Intérieur.
Plus de 115.000 déplacés en quelques semaines
Le Pakistan a bombardé la capitale afghane lundi soir, aux alentours de 17H30 (heure française), affirmant avoir frappé « des cibles militaires et terroristes », dans un nouvel épisode, particulièrement meurtrier, du conflit qui oppose les deux pays voisins depuis des mois. Islamabad a affirmé que ses forces s’assurent « qu’il n’y a pas de dommage collatéral ».
L’Afghanistan et le Pakistan sont en conflit depuis des mois, Islamabad accusant son voisin d’accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières sur le sol pakistanais, ce que les autorités afghanes démentent. Après un apaisement de courte durée, les affrontements ont repris avec intensité le 26 février après des frappes pakistanaises, Islamabad parlant de « guerre ouverte » le 27 février et frappant Kaboul dans la foulée.
Selon la mission des Nations unies en Afghanistan (UNAMA), 75 civils afghans ont été tués entre le 26 février et le 13 mars. Plus de 115.000 familles ont été déplacées dans des provinces de l’Est et du Sud. Le Pakistan a aussi fait état de morts de civils.
« Consterné par les informations sur des frappes pakistanaises en Afghanistan. Mes condoléances », a écrit sur X le rapporteur spécial des Nations unies pour l’Afghanistan Richard Bennett en appelant les parties « à la désescalade et à protéger les civils et les sites comme les hôpitaux ».
Source : www.bfmtv.com

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