
Au Japon, un homme coincé depuis plus de 24 heures dans un affaissement de chaussée
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« Ceux qui font des alliances avec LFI, ce n’est pas technique, c’est politique, et ils perdent leur âme en le faisant », fustige Gérald Darmanin
18 mars 2026
À Arcis-sur-Aube, la situation prête autant à sourire qu’à faire grincer des dents. Dimanche 22 mars, le second tour des municipales opposera deux candidats aux noms pour le moins remarqués: Charles Hittler et Antoine Renault-Zielenski. Auprès de BFM, les deux hommes bien décidés à décrocher la mairie de ce petit village de l’Aube réagissent.
« Je n’avais même pas fait le rapprochement! » Les deux candidats n’avaient pas perçu l’ironie de la situation avant que les internautes ne la soulignent, dimanche 15 mars, au soir de la publication des résultats du premier tour des municipales.
Les noms de famille des deux têtes de liste arrivées en tête à Arcis-sur-Aube, Charles Hittler et Antoine Renault-Zielenski, ne sont pourtant pas passés inaperçus en ligne, à cause de leurs proximités phonétiques avec Adolf Hitler, dictateur nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, et avec l’actuel président à la tête de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky.
Un candidat centriste face à un souverainiste
Une curiosité qui n’a pas empêché les électeurs de se mobiliser dimanche. Dans la commune de 2.800 habitants, Charles Hittler, le maire sortant âgé de 75 ans, est donc arrivé en tête avec 37.81% des voix. Sa liste, intitulée « Agissons ensemble pour Arcis », n’a pas d’étiquette, mais elle se positionne politiquement au centre-droit, proche du parti Horizons d’Edouard Philippe, selon l’intéressé.
Face à lui, la liste « Arcis-sur-Aube passionnément » d’Antoine Renault-Zielenski est arrivée en troisième position avec 29.99% des suffrages derrière la liste d’Annie Sourcat baptisée « Construisons l’avenir pour Arcis », qui a récolté 32.20% des voix. La liste portée par le jeune homme de 28 ans, également sans étiquette, est décrite comme souverainiste, il est d’ailleurs soutenu par le parti Patriotes de Florian Philippot.
Les deux hommes, contactés par BFM, ne cachent pas leur étonnement devant l’attention inattendue qu’attirent leurs patronymes dans cette campagne locale. Toute sa vie, Charles Hittler a été victime de plaisanteries au sujet de son nom d’origine alsacienne. À tel point qu’aujourd’hui, cet homme de 75 ans ne se scandalise pas face à ces moqueries et autres commentaires humoristiques partagés en masse depuis dimanche sur les réseaux sociaux, en particulier X (anciennement Twitter).
« Je le vis bien, je suis habitué », assure l’élu septuagénaire, qui explique avoir toujours essayé de porter fièrement le nom de son père. Et ce malgré les amalgames et les railleries à propos d’Adolf Hitler qui l’ont suivi toute son enfance et parfois encore à l’âge adulte. « Si j’ai gardé mon nom, c’est pour montrer qu’avec ce nom-là, il n’y a pas que des cons! Tout dépend de ce qu’on en fait ».
« J’ai toujours assumé, mais je ne l’impose pas »
Pourtant, l’édile sortant ne cache pas que porter ce nom n’a pas été un long fleuve tranquille. « Dans ma jeunesse j’ai été bizuté vis-à-vis de ça, oui, on m’en a fait des petites moustaches… Aujourd’hui encore je me fais parfois réveiller en pleine nuit par des canulars anonymes qui me disent au téléphone ‘alors ça fait fureur?' » (Jeu de mot sur le titre de Führer porté par le dictateur allemand, NDLR). Il reconnaît que son nom de famille a été un coup dur pour les habitants de la petite ville allemande de Gomaringen, avec laquelle Arcis-sur-Aube est jumelée depuis 1976, lorsqu’en 2020 ils ont vu arriver un nouvel élu nommé Hittler à la tête de la commune.
« Ça a été dur pour les Allemands au début, mais maintenant tout va bien on est très proches, on va d’ailleurs les recevoir début mai ».
Charles Hittler, que beaucoup localement préfèrent appeler Charles ou M. Charles -« notamment les anciens qui ont connu la guerre » – ne se plaint pas. « J’ai toujours assumé, je le mets sur mes affiches de campagne. C’est mon nom après tout, mais je ne l’impose pas non plus aux gens, surtout quand ils le prononcent ‘Hitlé’. Après, c’est plus dur pour ma famille: mon épouse, mes enfants et petits-enfants dont certains ont préféré changer de nom ou en choisir un autre ».
Le seul avantage avec un nom comme Hittler, reconnaît-il, c’est que « les gens s’en rappellent tout de suite ». « J’ai fait plein de choses au niveau local, je me suis toujours occupé des autres », précise cet homme, comme s’il devait se justifier: « je suis président d’une association d’insertion économique, j’ai longtemps été représentant syndical, donc vous savez une fois qu’on est connu le nom passe au second plan… On ne peut pas décemment s’arrêter à ça ».
« Je n’aime pas quand les gens m’associent à lui ou me décrivent comme un dictateur sans me connaître. Qu’est-ce qu’il y a derrière un nom, finalement? », s’interroge-t-il encore. « C’est rien qu’un nom! Qu’ils viennent me rencontrer, voir quel homme je suis et ce que je fais », avant d’ajouter avec humour qu’il n’a jamais envisagé de rejoindre un parti comme le Front national, ce qui, selon lui, « aurait fait désordre ». Une pique du candidat qui fait référence aux origines du parti de Jean-Marie Le Pen, cofondé en 1972 notamment par un ancien Waffen-SS, des collaborationnistes et miliciens d’extrême droite.
« Tant que ça reste bon enfant! »
À Arcis-sur-Aube, le patronyme d’Antoine Renault-Zielenski ne manque pas, lui aussi, de faire réagir, puisqu’il ressemble à s’y méprendre à celui de Volodymyr Zelensky. « Je n’utilise pas toujours les deux noms d’habitude », explique le candidat de 28 ans à BFM. « Renault, c’est le nom de mon père, Zielenski celui de ma mère d’origine polonaise à qui j’ai voulu rendre hommage ».
Tout comme son adversaire, le jeune homme est très surpris par l’ampleur qu’a pris « cette simple blague », cette proximité phonétique entre les quatre noms. « J’ai commencé à voir des messages circuler dimanche soir sur des comptes humoristiques sur X (anciennement Twitter). Au début j’ai cru que ça resterait sur le réseau social, et petit à petit j’ai vu que tout le monde en parlait ».
Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, le jeune homme – contrôleur des douanes de profession – est habitué à recevoir des commentaires à ce propos. « Les gens sont souvent curieux, on me lance des ‘ton cousin Zelensky’, on me demande si on ne serait pas de la même famille ou des cousins très éloignés. Ce à quoi je réponds toujours que non, car la terminaison de Zielenski avec un i est polonaise, contrairement au y de Zelensky qui est bien ukrainienne ».
Jusqu’alors, les deux têtes de liste d’Arcis disent avoir reçu de nombreux messages à visée humoristiques sur leur duel insolite, mais pas de messages de haine en ligne. « Il y a des blagues un peu limites, mais tant que ça reste bon enfant… Ça permet de mettre un coup de projecteur sur Arcis-sur-Aube, et si ça peut permettre à certains de découvrir notre ville, il faut prendre! », se réjouit même Antoine Renault-Zielenski.
Le candidat souverainiste, proche de Florian Philippot, reconnaît que le duel qui s’annonce face à Charles Hittler est tout de même » assez cocace », même si « ça ne le fait pas spécialement rire ».
« Je comprends que les gens s’en amusent. Personnellement ça ne me fait pas rigoler, mais ça ne m’offusque pas non plus », résume-t-il. « Je préférerais qu’on parle de la ville pour autre chose, mais au moins des milliers de personnes entendent parler de la commune. À Arcis-sur-Aube on a eu la bataille de Napoléon en 1814, on a aujourd’hui le duel Charles Hittler-Antoine Renault-Zielenski », plaisante-t-il.
Source : www.bfmtv.com

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