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La France n’interviendra donc pas, comme le demande Donald Trump, pour débloquer le détroit d’Ormuz, Emmanuel Macron l’a confirmé mardi 17 mars. Le prix du pétrole risque de rester élevé, celui du gaz aussi, du coup le marché des engrais panique. Pour fabriquer des engrais azotés, très utilisés par l’agriculture, il faut énormément de gaz naturel. Quelque 20% du gaz naturel liquéfié mondial passe par le détroit d’Ormuz. Au total, un tiers des engrais mondiaux transitent par Ormuz, car plusieurs intrants, comme l’urée, l’ammoniac, l’azote ou le phosphate, utilisés par l’agriculture, sont directement produits dans le Golfe. On ne le sait pas toujours, mais les pays de la zone sont des mastodontes de l’engrais. Chaque année, l’Arabie saoudite et Oman en exportent des millions de tonnes.
Forcément, avec le blocage du détroit d’Ormuz, ils ne peuvent plus approvisionner leurs clients brésiliens, chinois ou indiens en fertilisants, ce qui fait s’envoler les prix. En quelques semaines, le cours de l’urée, l’engrais le plus vendu au monde, a bondi de 40%. C’est dire l’ampleur du choc. Des engrais hors de prix, ou qui viennent à manquer, entraînent mécaniquement des récoltes de blé, de maïs ou de colza en moins, ou bien des récoltes beaucoup plus chères.
**Des stocks inégaux face à un marché sous tension
Heureusement, pour l’instant, la plupart des agriculteurs français ont des stocks d’engrais, mais ce n’est pas le cas de l’Allemagne ou de la Roumanie. La Chine, par exemple, vient de décider de libérer ses stocks d’engrais plus tôt cette année pour ses semis de printemps. Plus le temps passe, plus le marché des engrais est déstabilisé. Si ce blocage du détroit s’éternise, il faut s’attendre à voir ces surcoûts se répercuter sur les produits alimentaires.
Si la crise s’enlise, des pénuries sont aussi imaginables. La sécurité alimentaire mondiale serait alors affectée, et les pays les plus pauvres seraient frappés en premier. En Europe, la question se pose surtout pour les récoltes de 2027, car c’est habituellement à cette période que l’on constitue les réserves d’engrais pour la saison suivante. Or, aujourd’hui, nous sommes en difficulté pour reconstituer ces stocks, ce qui signifie moins d’engrais pour semer en 2027. Une véritable course contre la montre est engagée.
Source : www.radiofrance.fr

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