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18 mars 2026
Un homme condamné pour espionnage en faveur d’Israël exécuté en Iran
18 mars 2026C’est le premier craquement sérieux au sein de l’administration Trump depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, il y a près de trois semaines. Il n’est pas venu d’un militant MAGA -Make America Great Again- isolationniste, mais d’un héros de guerre comme l’armée américaine sait les produire. Joseph Kent, directeur du Contre Terrrorisme, a démissionné hier de son poste en se disant en désaccord avec la guerre en Iran.
Cet homme déployé 11 fois sur des théâtres d’opérations, et dont la femme, membre des forces spéciales, est morte en Syrie en 2019 dans un attentat de Daech, porte une accusation grave : il affirme que le président a démarré cette guerre « sous pression d’Israël et de son puissant lobby américain ». Il ajoute que l’Iran ne représentait pas une menace imminente pour les États-Unis.
Cette démission et surtout ses motivations ne pouvaient pas plus mal tomber. Donald Trump est empêtré dans cette guerre qui n’a pas tourné comme prévu. L’argument qu’il s’est laissé entraîner par le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou tourne en boucle depuis le début du conflit, et les démentis de la Maison Blanche n’y font rien. Joseph Kent leur donne la crédibilité d’un insider.
Cela ne serait pas trop grave si tout se passait comme prévu. Mais le blocus du détroit d’Ormuz pose un double défi à Donald Trump. Celui des prix de l’énergie qui jouent avec les nerfs des électeurs américains ; et celui de l’affront que lui ont infligé les États européens en refusant son appel à l’aide pour sécuriser la voie d’eau menacée par l’Iran. Hier, il a fulminé contre les pays de l’OTAN et agité la menace de quitter l’Alliance atlantique.
Le contraste ne peut pas être plus grand avec son allié dans cette guerre, Benyamin Netanyahou, qui annonçait hier un nouveau succès du renseignement israélien, avec l’assassinat à Téhéran d’Ali Larejani, le chef de la sécurité iranienne, l’homme fort du régime.
Netanyahou s’appuie sur un large consensus en Israël sur le caractère existentiel de la lutte contre l’Iran, ou contre le Hezbollah au Liban, là où Donald Trump est confronté à l’hostilité d’une majorité d’Américains.
On constate depuis le début que Trump et Netanyahou n’ont pas le même agenda, pas les mêmes buts de guerre. Trump doit regretter aujourd’hui de ne pas avoir arrêté cette guerre aussitôt après la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei, qui lui aurait permis de crier victoire.
Mais aujourd’hui, avec le détroit d’Ormuz bloqué et les missiles qui continuent de pleuvoir sur les alliés des États-Unis dans le Golfe, il lui serait difficile de se proclamer vainqueur, surtout si le régime des mollahs reste en place, même dans un Iran dévasté.
Trump est pris à sa propre ignorance. Lundi, il a fait ce stupéfiant aveu en disant qu’il ne s’attendait pas à ce que l’Iran s’en prenne aux pays arabes du Golfe, alors que Téhéran a menacé depuis longtemps les pays qui abritent des bases américaines.
Entre Netanyahou qui gère sa guerre méthodiquement, et Trump qui improvise chaque jour, il y a un fossé difficilement tenable. Les accusations de Joseph Kent dans sa lettre de démission rendent ce contraste plus éloquent encore.
Source : www.radiofrance.fr

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