
Un homme condamné pour espionnage en faveur d’Israël exécuté en Iran
18 mars 2026
« Les rayons et les ombres », ce blockbuster à la française avec Dujardin vaut-il 30 millions et 3h15 de votre temps ?
18 mars 2026L’intérêt des États-Unis pour les ports grecs s’est intensifié ces derniers mois. Depuis plusieurs années déjà, ils essayent de créer des contrepoids à l’influence de la Chine en Méditerranée. Mais avec le retour de Donald Trump au pouvoir et la recrudescence du bras de fer commercial avec la Chine, le Pirée est devenu une petite obsession pour Washington. Rappelons que la Chine avait acquis 67% du Pirée en 2016 à la faveur de la crise grecque, et depuis lors, le grand port d’Athènes s’est considérablement développé et ses revenus annuels ont doublé. Le Pirée est aujourd’hui devenu le premier port de la Méditerranée en trafic de conteneurs, quatrième port européen, juste après les trois géants du Nord, et puis c’est surtout désormais un carrefour logistique entre l’Asie et l’Europe. On comprend pourquoi Xi Jinping a qualifié le Pirée de tête de dragon en Méditerranée. Évidemment, cela contrarie beaucoup Donald Trump qui prépare sa riposte. Washington investit actuellement dans tout un réseau de ports grecs pour bâtir une alternative au Pirée, mais aussi pour assurer la sécurité des routes énergétiques, un enjeu qui revêt une nouvelle importance à l’heure actuelle.
L’intérêt des États-Unis pour ces ports ne peut que se renforcer pour sécuriser des routes maritimes
Ces ports occupent pour Washington des positions stratégiques. Avec d’abord le port d’Éleusis, dans le sud de la Grèce, juste à côté d’Athènes, ce qui en fait une alternative évidente au Pirée. Là, c’est une entreprise américaine qui va agrandir et moderniser le chantier naval d’Éleusis avec des fonds publics américains. Ce chantier naval sera stratégique pour la réparation et l’entretien des navires de l’OTAN. Les États-Unis s’intéressent aussi au port de Volos, sur la côte est de la Grèce. Et ils ont fait pression sur le gouvernement pour suspendre sa privatisation et éviter ainsi d’autres investissements étrangers. Ensuite, il y a Alexandroúpoli, tout au nord du pays. Ce port, suivant les accords entre la Grèce et les États-Unis, va servir de porte d’entrée du gaz américain en Europe. À partir de 2030, le terminal d’Alexandroúpoli va recevoir des millions de mètres cubes de gaz naturel liquéfié à transporter vers le Nord. C’est ce que l’on a dénommé le corridor vertical. Le gaz américain sera acheminé via la Grèce à travers les Balkans, vers plusieurs pays de l’Union européenne et jusqu’en Ukraine. Notons qu’Alexandroúpoli a une position stratégique, à l’entrée de la mer Noire, dans le contexte de l’escalade militaire au Moyen-Orient. L’intérêt des États-Unis pour les ports grecs ne peut que se renforcer pour sécuriser des routes maritimes et s’assurer des plateformes logistiques en Méditerranée.
Bruxelles applaudit
La Grèce qui se situant sur le territoire de l’Union européenne, on peut se demander si Bruxelles a son mot à dire dans cette guerre Chine-États-Unis. La question se pose forcément, mais les critiques viennent plutôt de l’opposition au gouvernement conservateur en Grèce, la presse parle de bataille navale entre la Chine et les États-Unis pour les ports grecs, et les détracteurs du gouvernement se demandent où est passée la souveraineté de la Grèce dans ces marchandages portuaires. Et pourquoi vouloir troquer une domination, celle de la Chine, contre une autre, celle de Washington ? Mais l’attitude de l’Union européenne est fortement conditionnée par sa volonté de se libérer de sa dépendance au gaz russe, donc en important du gaz américain. Cette nouvelle diplomatie portuaire des Grecs semble plutôt collée aux objectifs de l’Union européenne : moderniser les infrastructures portuaires, contrecarrer l’influence économique de la Chine, fusse au prix de quelques tractations avec Trump, et bien que la dépendance aux États-Unis en sorte encore grandie, Bruxelles applaudit.
Source : www.radiofrance.fr

9999999
