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18 mars 2026REPORTAGE. « La guerre, c’était la seule solution » : à bord d’un bus vers Téhéran, les confidences de ces Iraniens qui rentrent chez eux malgré les frappes
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Chaque jour, plusieurs bus relient Istanbul à Téhéran : un périple de 2 500 kilomètres pour permettre à ces Iraniens de retrouver leurs proches, dont ils sont souvent sans nouvelle depuis des semaines.
La guerre ne décourage pas les Iraniens de rentrer dans leur pays. Mais faute d’avion, certains se retrouvent à Istanbul, en Turquie, d’où partent chaque jour, plusieurs bus vers Téhéran. Ils embarquent alors pour un périple de plus de 2 500 kilomètres et au moins 30 heures de route. franceinfo a pu monter dans l’un de ces bus entre la capitale turque et jusqu’à la frontière iranienne.
Ils ont pris place au fond du bus, un couple et leur fillette de 8 ans. Cet imprimeur de Mashhad est allé à Istanbul récupérer sa femme et leur enfant qui étaient à Dubaï et dont le vol retour vers Téhéran a été annulé. Revenir au pays malgré les bombes, la question ne se posait pas pour lui : « C’est mon pays. Ma maison est là-bas, mon travail aussi. Je dois rentrer. Bien sûr que c’est dangereux, mais je n’ai pas le choix. Et puis on ne sait pas combien de temps cette guerre va durer… », explique-t-il en anglais.
Une trentaine d’Iraniens se retrouvent dans ce bus pour un périple de plus de 30 heures vers Téhéran. Autant de parcours perturbés par la guerre. Lui vit en Allemagne et rentre fêter Norouz, le nouvel an perse, avec sa famille, le 20 mars. « La seule chose que je veux, c’est voir un changement de régime en Iran. Et la guerre, c’était la seule solution. Il n’y a pas de manière rationnelle de mettre un terme à ce régime. Ce sont des radicaux qui n’écoutent pas notre voix. Alors, Donald Trump pour le peuple iranien, c’est un héros« , sourit-il.
De l’autre côté du couloir une jeune fille s’emmitoufle dans sa doudoune en regardant défiler le paysage. Elle revient des Etats-Unis. « Comment se réjouir de la guerre ?« , demande-t-elle, d’autant qu’elle ne croit pas à la chute prochaine du régime.
« Ils sont puissants. Ils sont au pouvoir depuis 47 ans et je suis sûre qu’ils vont rester avec toute leur puissance. En tous cas, ils vont essayer. Ils ne partiront pas facilement ».
Une Iranienneà franceinfo
Tous sont songeurs alors que la radio crachote des chansons iraniennes. Beaucoup avouent redouter le passage de la frontière, comme cette jeune femme qui arrive du Canada, avec des sentiments mêlés. « C’est un peu compliqué : je n’aime pas la guerre, mais je n’aime pas notre régime non plus. Nous sommes les mains nues nous ne pouvons lutter contre le régime. Donc j’imagine qu’il nous fallait de l’aide. Bien sûr, je n’aime pas être sous les bombes, mais cela fait un an que je n’ai pas vu ma famille. Je n’ai pas de nouvelles depuis plus de deux semaines, je ne sais pas ce qui leur est arrivé. Je veux juste aller les voir, les serrer dans mes bras« , se justifie-t-elle.
Le jour se lève : le mont Ararat apparaît dans toute sa splendeur. La frontière approche. « Passeports ! Passeports ! », lance un homme dans le bus. Les femmes mettent un voile discret.
Avant de descendre, l’une d’elles insiste : « La guerre est terrible. Les bombes sont tombées à côté de ma maison, mais je ne suis pas inquiète de rentrer dans mon pays car je sais que Etats Unis et Israël savent où frapper précisément. Ce n’est pas contre nous mais contre la République islamique. Nous n’avons pas peur de l’Amérique ou d’Israël, mais nous avons peur de la République islamique. On a peur que cette guerre se termine et qu’ils soient encore là. Ce serait terrible. Ce serait le pire. On peut accepter de perdre des gens pour avoir la paix, mais on ne peut imaginer notre pays avec eux », souligne-t-elle.
Il est temps de se quitter. Les grilles de la douane se referment derrière leur bus.
Source : www.franceinfo.fr

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