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18 mars 2026« La science n’est pas une opinion » : le président de la réserve naturelle de la Massane, Gilles Bœuf, au chevet de la biodiversité
Professeur à la Sorbonne, le biologiste Gille Bœuf, qui préside la réserve de la Massane et a également été à la tête du Muséum national d’histoire naturelle, animera ce vendredi 20 mars 2026 à Perpignan une conférence autour de l’impact des activités humaines sur la biodiversité dans le cadre de la Semaine des alternatives aux pesticides. Entretien.
Quel message voulez-vous faire passer à travers la conférence que vous animerez ce vendredi à Perpignan ?
Gilles Bœuf : Il y a eu une prise de conscience sur le climat. On comprend ce qu’est l’impact carbone, on voit les inondations, la sécheresse… Par contre, on a plus de mal à prendre conscience de ce qui se passe concernant le vivant. Le Muséum d’histoire naturelle, dont j’ai été président, fait des inventaires partout dans le monde. Ceux-ci montrent bien que la biodiversité s’effondre. On ne peut pas continuer comme ça.
La science n’est pas une opinion. De même que le changement climatique abîme le vivant, lorsque le vivant s’en va, ça affecte en retour le climat. Ça marche dans les deux sens. Il y a des interactions entre le climat qui change, la biodiversité qui s’en va et la santé humaine.
Comment se traduit l’effondrement de la biodiversité en pays catalan ?
Dans les Pyrénées-Orientales, il n’y a plus d’anguilles à cause de la surpêche des civelles. J’ai aussi retrouvé un carnet de pêche de 1960 qui évoque la présence d’esturgeons à Collioure. Aujourd’hui, il n’y en a plus un seul. En ce qui concerne les oiseaux, le traquet rieur a également disparu. Cependant, de manière globale, on assiste plus à un effondrement du nombre d’individus qu’à des disparitions d’espèces et la situation n’est pas pire qu’ailleurs.
Si chacun contribue, le vivant peut se reconstruire très vite
Y a-t-il des problématiques spécifiques au territoire ?
Notre problème, c’est le surtourisme. Notamment en raison de la consommation d’eau qu’il engendre et de la surfréquentation des plages qui provoque une augmentation du nombre de bactéries dans la mer.
Je ne jette l’anathème sur personne, mais dans les zones à haut niveau de pesticides, les sols sont massacrés. Lorsqu’il y a un usage trop intensif des produits chimiques, les vers de terre, les bactéries qui sont dans les sols et les abeilles souffrent. Par ailleurs, les pesticides ne font pas que tuer la biodiversité, les études montrent qu’ils ont également un impact sur la santé humaine.
Quelles solutions préconisez-vous pour améliorer la situation ?
Il faut faire du bio, c’est évident. Quand on réduit les pesticides, les résultats sont spectaculaires. Si les sols n’ont pas été trop épuisés, en deux ans, on rétablit le système.
Je ne suis pas catastrophiste. Ce que je dis, c’est qu’il faut absolument qu’on change. Si on ne pêche pas trop, si on ne déforeste pas trop, si on garde les sols en bonne santé, le vivant peut se reconstruire très vite.
Il y a 25 ans, à Banyuls, il n’y avait plus de mérous. On en a réintroduit en interdisant de les pêcher et aujourd’hui, il y en a de nouveau. En 2007, sur le même secteur, le thon s’est effondré. On a fait des contrôles pour faire respecter des quotas et il est revenu. Dans la forêt de la Massane, où on n’a rien coupé depuis 200 ans, j’ai autant d’espèces que dans toute la Bretagne !
Serge Zaka, jardin du peuple de l’arbre, troc de graines… : les autres temps forts de la Semaine
« Montrer que les pesticides de synthèse ne sont pas une fatalité et qu’il est possible de s’en passer. » Tel est l’objectif de la Semaine des alternatives aux pesticides qui se tiendra du 20 au 30 mars, dans les Pyrénées-Orientales.
Parmi les principaux temps forts de l’événement organisé par le collectif Alternatives aux pesticides, en plus de la conférence inaugurale de Gilles Bœuf, il y aura aussi celle de l’ingénieur agronome Serge Zaka, qui évoquera l’impact du changement climatique sur la production agricole le vendredi 27 mars, à partir de 19 heures, à Perpignan (hôtel du Département). Tandis que le mardi 24, à 18 heures, la diététicienne nutritionniste Amandine Espoullier détaillera l’impact de l’alimentation sur la santé à la médiathèque de Saint-Hippolyte.
Des visites seront également au menu. Celle qui se déroulera le samedi 21 mars, à 14 heures, au jardin du peuple de l’arbre, à Montner, emmènera par exemple les participants à la découverte de la régénération naturelle assistée (RNA), qui permet de reboiser des zones arides ou semi-arides. Sans oublier l’exposition Art et environnement #2 qui sera inaugurée le lundi 23 mars à 18 heures à la station d’Agit’hé (avenue Torcatis à Perpignan), ni le traditionnel troc de graines qui se tiendra le dimanche 29 mars, de 10 heures à 12 h 30 à Paulilles.
Source : www.lindependant.fr

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