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19 mars 2026Aux municipales 2026, ces deux villes où la gauche ne fait pas le front républicain face au RN
VALERY HACHE / AFP
Christian Estrosi et Eric Ciotti, ici en avril 2024 (photo d’illustration)
Législatives, municipales ou présidentielle, la gauche, aussi éparpillée soit-elle, se fixe sur le papier toujours un objectif commun : faire barrage à l’extrême droite. L’entre-deux-tours de cette campagne municipale a donc vu son lot d’alliances et de désistements pour poursuivre cette logique. À deux exceptions près.
L’exemple le plus flagrant n’est autre que Nice. La préfecture des Alpes-Maritimes est le théâtre de l’affrontement entre le maire sortant Christian Estrosi (Horizons) et son meilleur ennemi Éric Ciotti, désormais allié au RN. À l’issue du premier tour, c’est le second, député UDR, qui est arrivé en tête avec une avance confortable de 13 points sur son rival. Troisième qualifiée, la candidate écologiste de l’union de la gauche Juliette Chesnel-Le Roux a obtenu 11,93 % des voix.
À 500 kilomètres de là, la cité de Carcassonne connaît une configuration à peu près semblable. Le député RN Christophe Barthès est arrivé premier dimanche soir avec 34,52 % des voix. Il est suivi du candidat Horizons François Mourad (25,36 %) et de la liste gauche unie menée par le socialiste Alix Soler-Alcarz (23,27 %). Le maire sortant, Gérard Larrat, étiqueté divers droite, a recueilli 13,47 %.
Dans ces deux villes, le Rassemblement national semble donc en bonne voie pour récupérer la mairie. Et à rebours de la logique du front républicain né dans les années 1950, les partis de droite et de gauche en face ont échoué à s’unir. Voire n’ont même pas essayé.
Main tendue de la gauche à Carcassonne, refus catégorique à Nice
Dans les Alpes-Maritimes, un Christian Estrosi en ballottage très défavorable a appelé dès lundi 16 mars à « faire barrage au Rassemblement national ». « La ville de Nice est en danger. C’est une réalité », a-t-il plaidé, appelant Juliette Chesnel-Le Roux à « la responsabilité ». Mais il s’est heurté à un refus catégorique. Lundi matin, l’intéressée a coupé son portable – alors que même l’Élysée et Matignon tentaient de la joindre – et annoncé l’après-midi avoir déposé sa liste pour le second tour. Auprès de Libération, le communiste Julien Picot, deuxième sur la liste, se défend en expliquant qu’« Estrosi a tracé le sillon de l’extrême droite » et que le barrage à Éric Ciotti « ne peut pas être » incarné par le maire sortant.
À Carcassonne, la situation est encore plus alambiquée. Alix Soler-Alcarz, premier secrétaire fédéral du PS dans l’Aude, a proposé au candidat Horizons et au maire sortant divers droite de s’unir dans une « coalition républicaine ». Ce dernier, Gérard Larrat, a accepté un accord dans lequel des membres de sa liste rejoindront la gauche, même si lui n’en fera pas partie, et constitueront un « groupe autonome » au sein du futur conseil municipal. Les colistiers ont défendu un choix fait avec « lucidité et sens des responsabilités », estimant que le candidat de gauche était « le seul en capacité de fédérer largement pour empêcher l’extrême droite de prendre la tête de Carcassonne. »
Problème : cette main tendue n’a pas été acceptée de la même manière par François Mourad, arrivé en seconde position au premier tour. Des discussions et une rencontre ont bien été organisées pour « entendre leur avis sur la poussée importante du Rassemblement national » et regarder une éventuelle concomitance des programmes, détaille François Mourad auprès de L’Indépendant. Mais ces échanges n’ont pas permis d’avancer, les candidats Horizons étant opposés par principe à une fusion « des écologistes à la droite la plus conservatrice, c’est-à-dire sans aucun sens politique, aucune colonne vertébrale, aucun idéal commun ». « Si l’objectif est de battre Barthès (le candidat RN, ndlr), il suffisait simplement à M. Soler-Alcaraz de se retirer », ajoute le candidat Horizons. Une proposition balayée par le socialiste, qui a déposé sa liste en préfecture.
« Un maintien pour garantir une présence républicaine »
Ces maintiens à gauche sont intervenus alors même qu’à Marseille et à Paris, les états-majors socialiste et écologiste appelaient plus ou moins ouvertement les candidats insoumis à se retirer respectivement face au RN (à Marseille) et à la droite (à Paris).
Le front républicain serait-il à géométrie variable ? Face à la presse, un cadre socialiste reconnaît que « le choix de la tête de liste à Nice puisse interroger ». Mais pas question de la lâcher pour autant. Les roses évoquent en guise d’arguments « les accords techniques conclus avec Estrosi qui ne les a jamais respectés » par le passé. Le maintien de Juliette Chesnel-Le Roux se comprend en outre dans une logique de « résistance politique » au sein du Conseil municipal, afin d’incarner une autre forme d’opposition, glisse-t-on. La cheffe du parti Écologistes Marine Tondelier, interrogée sur BFMTV, abonde : « L’électeur écologiste ne votera ni pour Ciotti ni pour Estrosi. C’est pour ça qu’il vaut mieux un maintien pour garantir une présence républicaine dans l’opposition », estimait-elle le 16 mars sur BFMTV.
Car tous s’accordent à dire que la partie est déjà gagnée pour le RN dans la ville côtière, avec ou sans maintien de la candidate Chesnel-Le Roux. L’enjeu est désormais de construire un contre-récit à ceux qui, à droite ou en macronie, accuseraient la gauche d’avoir contribué à la victoire de l’extrême droite et qui seraient tenté de ressortir l’argument aux prochaines échéances électorales. « Je suis très croyante et pratiquante dans le front républicain », assure Marine Tondelier. Mais, ajoute-t-elle, « faire de Nice l’emblème du barrage face à deux personnes qui font un concours d’affaires entre eux deux ce n’est pas le bon symbole. Et ce ne sont pas les écologistes ni la gauche qui en sont responsable. » Un discours qu’il lui faudra sans doute ressortir au soir du second tour, si à Carcassonne comme à Nice, le RN rajoute deux trophées à son arbre (survendu) de victoires.
Source : www.huffingtonpost.fr

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